Deux formations en 2016

Pour ceux qui ont envie de se former à la conception et à l’animation d’un jardin thérapeutique ou jardin de soin, il existe peu d’options en France. Voici les deux formations principales, ouvertes à tous, car il existe aussi des formations intra-établissement comme celles proposées par Sébastien Guéret de Formavert. Sous oublier la formation « Découverte de l’horticulture thérapeutique » de Sébastien et al. qui se déroulera du 7 au 10 mars.

En attendant un potentiel Diplôme d’Université en hortithérapie qui serait en projet à l’Université de Toulouse, mais au sujet duquel je n’ai pas pu obtenir de détails.

Initiation à l’hortithérapie – Université de Toulouse

Cette formation de 7 jours s’adresse surtout aux soignants : psychologues, psychothérapeutes, médecins (toutes spécialités), paramédicaux, travailleurs sociaux, éducateurs, animateurs. Elle existe depuis plusieurs années et a été initiée par le psychologue Jean-Luc Sudres. Voici la définition qui sert de base à cette formation : « L’Hortithérapie est la réhabilitation pratique et globale de la personne par l’utilisation des plantes et la relation avec les différents éléments de la nature dans un cadre aménagé, inclus dans un programme spécifique s’adressant à divers publics et troubles. Largement utilisée en Grande-Bretagne, au Québec et aux USA cette pratique s’étaye sur des preuves et bénéfices allant du bien-être à la thérapeutique. » Pour le programme et les intervenants, consultez le site ou ce pdf Initiation à l’hortithérapie.

La prochaine session a lieu du lundi 14 mars au jeudi 17 mars 2016 et du lundi 2 mai au mercredi 4 mai 2016. Aux dernières nouvelles, il restait quelques places.

Contacter l’Université de Toulouse Jean Jaurès, Aude Font, gestionnaire Formations, aude.font@univ-tlse2.fr, 05 61 50 42 29

Plusieurs formations courtes au Centre de Formation de Chaumont-sur-Loire

Depuis 2012, Anne et Jean-Paul Ribes, actuellement entourés de Paule Lebay et de Dominique Marboeuf, mènent deux fois par an une formation sur les jardins de soin et de santé dans le cadre exceptionnel du domaine de Chaumont-sur-Loire. L’année dernière, l’offre s’est étoffée avec une formation à l’animation des jardins de soin. Voici toutes les sessions proposées cette année. Attention, deux sessions sont déjà complètes : « Jardin de soin et de santé » du 10 au 12 mai et « Atelier d’animation autour des plantes » du 7 au 9 juin. La description des différentes formations est disponible en ligne ou en cliquant sur le titre de chaque thème.

Jardin de soin et de santé

– Session 1 : du 10 au 12 mai 2016

– Session 2 : du 4 au 6 octobre 2016

Conception et réalisation d’un jardin de soin et de santé

– Session 1 : les 24 et 25 mai 2016

– Session 2 : les 8 et 9 septembre 2016

Atelier d’animation autour de l’osier

– Session 1 : les 1 et 2 juin 2016

– Session 2 : les 6 et 7 octobre 2016

Atelier d’animation autour des plantes : de la théorie à la pratique

– Session 1 : du 7 au 9 juin 2016

– Session 2 : du 21 au 23 septembre 2016

Contacter Chaumont, Informations auprès d’Hervé Bertrix, responsable de la formation, herve.bertrix@domaine-chaumont.fr, 02 54 20 99 07

Troubles alimentaires et hortithérapie

Mise à jour le 3 septembre 2019. Faryn-Beth Hart vient d’obtenir le titre très convoité de HTR (Horticultural Therapist-Registered). Elle travaille toujours dans le programme qu’elle nous décrivait en 2016 et au jardin de la prison de San Quentin. Elle travaille aussi pour le Homeless Prenatal Program.

 

Faryn-Beth Hart

Faryn-Beth Hart

J’ai « rencontré » Faryn-Beth Hart sur le groupe Facebook des étudiants du Horticultural Therapy Institute (HTI). Hortithérapeute dans une résidence de traitement des troubles alimentaires en Californie, elle était confrontée à un problème qui est familier pour certains d’entre vous (le mot « client » vous sera peut-être plus étranger). « Plantés, choyés, récoltés par les clients. Mais nous ne sommes pas autorisés à utiliser nos légumes dans la maison, sauf pour le personnel. Est-ce que quelqu’un a rencontré ce problème et a pu trouver une solution ? Merci. » Malheureusement, l’histoire n’a pas de fin heureuse à part une suggestion de se renseigner sur une certification (GAP comme Good Agricultural Practices) et une autre d’organiser des « dégustations » sous le radar.

En tout cas, sa question a été l’occasion d’engager la conversation avec cette récente diplômée du HTI qui travaille dorénavant sur l’étape suivante, la certification professionnelle délivrée par l’AHTA. Sur son site Harticulture, elle raconte son parcours déjà riche. Londonienne d’origine, Faryn-Beth a grandi en Afrique du Sud et déménagé aux Etats-Unis où elle a travaillé dans un centre d’éducation à l’écologie (construire des maisons dans les arbres, jardiner, cuisiner des repas communautaires, enseigner des pratiques de justice sociale et environnementale). Elle a également étudié avec Vandana Shiva en Inde.

Troubles alimentaires et jardin

Les mains dans la terre

Les mains dans la terre

« Quand je suis arrivée dans la région de San Francisco, je me suis rendue compte qu’il y avait ici beaucoup d’éducateurs spécialisés dans l’environnement. Je me posais des questions sur la nature, la guérison et la nourriture. Je n’avais jamais entendu parler de l’hortithérapie, mais j’ai trouvé le HTI et je me suis lancée dans ce nouveau monde. » Alors qu’elle suit encore les cours dispensés en modules par le HTI, elle développe un projet qu’elle présente au Center for Discovery, un centre résidentiel qui accueille des jeunes et des adultes qui souffrent de troubles alimentaires. En septembre 2015, elle lance un projet pilote qui convainc la direction. « J’ai une heure par semaine dans trois sites autour de San Francisco. Ces résidences sont des petites unités avec une demi-douzaine de personnes pour créer l’atmosphère d’une maison. » Seule ou avec le soutien d’un membre de l’équipe, Faryn-Beth jardine avec les résidentes et résidents qui plantent aussi une plante en pot pour la ramener chez eux.

« Je pense que l’hortithérapie renforce leur guérison. Les résidents voudraient en faire plus et l’activité leur manque quand je ne suis pas là comme pendant les fêtes. Cette activité a du sens pour eux. Elle les encourage à sortir, à se servir d’outils. Ils deviennent des tenders (ils s’occupent de la plante) », explique la jeune hortithérapeute. « Il y a des idées plus vastes sur leur guérison. Par exemple, transplanter une plante dans un container plus grand est une métaphore pour changer de taille de pantalon. Qu’est-ce que cela signifie ? Nous trouvons des fils communs avec des choses sur lesquelles ils travaillent comme la dépression, l’anxiété ou l’image corporelle. » Pour revenir à la question de manger la récolte, Faryn-Beth a peu d’espoir. « Les résidences ont une certification qui interdit de consommer de la nourriture produite sur place. C’est dommage car on pourrait cultiver une relation avec la nourriture dans leur assiette. En tout cas, nous récoltons pour le personnel et nous leur offrons cette nourriture en cadeau. »

Des enfants et des prisonniers

Bouquets

Bouquets

En plus de son engagement auprès des résidences du Center for Discovery, Faryn-Beth travaille en direct avec quelques familles et surtout des enfants de 5-7 ans. « Beaucoup d’enfants dans cette région ont un diagnostic (Trouble de déficit de l’attention / hyperactivité, NDLR). Au lieu de médicaments, des parents préfèrent donner une activité aux enfants, canaliser leur énergie. Je travaille aussi avec des enfants qui vont avoir un petit frère ou dont la maman reprend le travail. C’est de la nature therapy. On apprend à connaître le monde naturel dans la vie urbaine et à le respecter. » Elle s’intéresse aussi au monde carcéral, avec l’exemple local du Insight Garden Program à la prison de San Quentin qui a maintenant essaimé dans d’autres prisons de Californie.

Pour son stage, obligatoire dans le cadre de la certification de l’AHTA, Faryn-Beth pense rester dans le monde des troubles alimentaires. Deux programmes existants, l’un à San Antonio dans le Texas et l’autre au Homewood Health Center en Ontario au Canada, l’intéressent particulièrement. Elle s’est rendue à la dernière conférence de l’AHTA à Portland, Oregon et sera certainement présente en 2016 à Saint Louis. « On a l’impression d’appartenir à une communauté, à quelque chose qui grandit. Ca grandit grâce aux études qui montrent les effets positifs », explique-t-elle. « Dans les cours du HTI, la population a changé. Alors qu’il y avait beaucoup de femmes à la retraite, il y a maintenant plus de gens qui ont la vingtaine ou la trentaine. On peut en faire une carrière. J’espère que les assurances couvriront l’hortithérapie bientôt. » Un message optimiste bienvenu.

Une horticultrice française au Québec

MelanieToute petite, Mélanie Massonnet apprenait le nom des arbres avec sa grand-mère. Plus tard, elle apprendra à travers l’expérience de sa mère touchée par un cancer du sein que les hôpitaux sont des endroits tristes et que les jardins peuvent faire du bien. Après un BEP et un Bac Pro en horticulture, la jeune Nantaise loupe son BTS de quelques points. Plutôt que de le repasser en France, elle part au Québec pour réaliser un rêve d’enfant. C’était il y a une dizaine d’années. « En France, je demandais à mes profs comment on pouvait utiliser les plantes pour faire du bien. Ils me disaient que ça n’existait pas. Mais au Québec, où je me suis inscrite dans une école pour faire l’équivalent d’un BTS en aménagement paysager, un prof m’a parlé de l’hortithérapie. »

Quel progrès ! Autre différence en passant, l’enseignement est moins théorique qu’en France et fait la part belle à la pratique. Et en prime, Mélanie sent que les enseignants traitent les étudiants sur un pied d’égalité. « Mon prof connaissait quelqu’un qui faisait de l’hortithérapie à Montréal à l’hôpital Douglas. Je suis allée la voir. » Cette pionnière s’appelle Marielle Contant et travaille dans le milieu de la santé mentale depuis maintenant une trentaine d’années. Fait marquant au Canada, Marielle Contant dispose de serres qui lui permettent de poursuivre son activité toute l’année, y compris pendant les durs hivers canadiens.

Le jardin collectif de Saint-Jérôme

Le jardin collectif de Saint-Jérôme

Le jardin collectif de Saint-Jérôme

Inspirée par cet exemple, Mélanie, qui raconte son parcours sur son blog, trouve un travail dans le jardin collectif de Saint-Jérôme, 3 000 mètres carrés où des employés, des bénévoles, des associations et des familles jardinent côte à côte tous les jours de la semaine. La production est distribuée à des organisations. Pour les membres d’une association de santé mentale, Mélanie proposait des ateliers d’hortithérapie (malheureusement, Mélanie a dû arrêter l’an dernier, faute de subventions). « Au départ, on leur pose quelques questions. Aimes-tu jardiner ? Veux-tu faire des efforts physiques ? Aimes-tu la chaleur ? Nous devons aussi savoir s’il y a des contre-indications avec leurs médicaments. Mais nous ne voulons pas savoir de quelle maladie ils souffrent », décrit Mélanie rétrospectivement. « On leur demande quel est leur objectif : apprendre le nom des plantes, explorer le temps et les saisons, regarder les gens dans les yeux,… ». Mélanie ne force personne. « Si quelqu’un n’a pas envie de jardiner un jour, on va voir les fleurs ou les grenouilles. Parfois plus tard, il racontera ce qui l’énervait… ».

Des îlots comestibles pour revitaliser un quartier

Jardiner avec les enfants Place Benoît

Jardiner avec les enfants de Place Benoît à Montréal

Dans le quartier défavorisé de Place Benoît à Montréal, la ville a lancé il y a quelques années un projet de revitalisation baptisée RUI (Revitalisation Urbaine Intégrée) qui passe, en particulier, par le jardin. « Il n’y avait que du gazon. L’idée était d’avoir des jardins communautaires, des forêts nourricières qui sont des regroupements de plantes comestibles qui reproduisent la forêt, des plantes pérennes. » Des noisetiers, cerisiers, pruniers et pêchers, groseilles à maquereaux et gadelles (ou guadelles, de petites groseilles locales, plus acides), des framboisiers et des plantes indigènes comme les ronces odorantes, de la menthe, du thym et de l’origan…Chacun des huit îlots, en pied d’immeuble, comprend deux arbres fruitiers, quelques arbustes et des vivaces. « L’objectif est que les gens viennent. Les plantes ne sont pas choisies au hasard, mais aussi pour attirer les immigrants qui viennent du Maroc et d’Algérie, du Sénégal ou du Vietnam », explique Mélanie qui s’est mise à accueillir les enfants en camps de jour.

« Je les avais une fois par semaine. J’avais l’impression que ce que je disais sur les plantes rentrait par une oreille et sortait par l’autre. Mais en fait je me suis rendue compte qu’ils répétaient tout cela à leurs parents. » Une autre réussite dont Mélanie est fière sont ces ateliers intergénérationnels qu’elle a bâtis avec des ados et des personnes âgées. « Comme ils avaient des apriori les uns sur les autres, j’ai dit aux personnes âgées que j’avais besoin de leur aide parce que les ados n’y connaissaient rien et aux ados que les personnes âgées avaient besoin de leur aide pour les travaux lourds. Ca a été une belle réussite. »

En parallèle, Mélanie suit le cours à distance de Mitchell Hewson. D’après ce qu’elle constate, la Canada Horticultural Therapy Association est plus présente dans le Canada anglophone qu’au Québec avec des cours en anglais. « Au Québec, il n’y a pas de formation. L’hortithérapie montait dans les années 80, mais on voit aujourd’hui plutôt une montée de la zoothérapie. Pour la formation, je ne pense pas qu’il faudrait un BTS spécifique par exemple, mais plutôt des modules. Je pense que le plus important est d’avoir une connaissance des plantes parce que si la plante dépérit et que ça ne marche pas, c’est difficile pour les malades. Par contre, je pense qu’on a besoin d’en connaître le minimum sur les maladies et la thérapie. » Pour l’instant, Mélanie est concentrée sur un autre projet, le petit garçon qu’elle vient de mettre au monde.

Forêt nourricière dans le quartier Place Benoît

Forêt nourricière dans le quartier Place Benoît

Deux jardiniers à Saint-Jérôme

Deux jardiniers à Saint-Jérôme

Les jardinières thérapeutiques se multiplient

 

Une jardinière Verdurable à la MAS Saint Jean de Malte à Paris

Une jardinière Verdurable à la MAS Saint Jean de Malte à Paris

Je vous ai déjà parlé des jardinières de Terraform (au fil du temps, ce billet reste l’un des plus consultés depuis sa mise en ligne en octobre 2012!) ainsi que des jardinières et des outils adaptés de Verdurable. L’opportunité de vous parler des jardinières de la société Guyon me donne envie, en passant, de vous donner de leurs nouvelles.

Commençons par Verdurable. Dans une page très riche, les fondateurs de Verdurable, Qi Wu et Luchun Chen, tiennent une chronique des établissements qui ont installé l’une ou l’autre de leurs jardinières : la MAS Saint Jean de Malte à Paris, l’hôpital Charles Foix (APHP Ivry-sur-Seine), Korian Périer de Marseille, l’hôpital Georges Clémenceau (APHP Champcueil) ou encore l’EHPAD Bastide Médicis de Lapège. Nouveauté, un « jardin aquatique », une fontaine prête à accueillir des poissons. Verdurable porte aussi la bonne parole dans des manifestations comme le 8e Colloque des Approches non médicamenteuses, organisé par Agevillage et les Instituts Gineste Marescotti, ou l’événement « La Silver Economie et la Cnav au service du bien-vieillir en Île-de-France », organisé par la Cnav en Ile-de-France.

J’ai moins de nouvelles à partager sur Terraform. En 2015, ils ont installé six « coques » au Portugal, à Coimbra dans les jardins de l’association Terra Fresca qui encourage la production et la consommation locale responsable et l’augmentation de la biodiversité dans les zones urbaines et le bien-être social.

Une jardinière Guyon/Euroform dans une école à Alençon.

Une jardinière Guyon/Euroform dans une école à Alençon.

Ce qui nous amène à Guyon, spécialiste du mobilier urbain qui est implanté à Thiers en Auvergne où il fabrique ses propres gammes et distribue les produits d’autres marques. Comme ces jardinières thérapeutiques créées par Euroform, un fabricant italien. « Ces gammes pour les seniors ont été précurseurs dans les années 2000. L’idée est de gommer les contraintes physiques pour rendre le jardinage accessible. Nous les commercialisons en France, mais sans faire de communication, depuis 2006. Un nouveau modèle est sorti en 2015 », résume Marie Bunel-Armellin chez Guyon. « On peut jardiner assis, debout, depuis un fauteuil (produit accessible PMR) et des accessoires pour tout garder à porter de main sont proposés en option. Une barre d’appui est disponible pour se tenir ou s’appuyer à la jardinière », décrit-elle. Le nouveau modèle a été livré dans deux EPHAD du Nord-est de la France et dans une école d’Alençon dans le cadre d’un programme « Passeport Développement Durable » qui amène les enfants à jardiner.

Un deuxième modèle de jardinière thérapeutique commercialisé par Guyon

Un deuxième modèle de jardinière thérapeutique commercialisé par Guyon

« Nous répondons à une demande existante, ce n’est pas un effet de mode. C’est une nouvelle façon d’interagir et de soigner. Nos jardinières commencent à 598 euros TTC, puis varient en fonction des modèles et options choisies. Nos clients achètent pour le long terme avec une garantie de 10 ans », ajoute Marie Bunel-Armellin. A noter que l’entreprise a conçu des pièces sur mesure pour le Jardin Océan Vert au Centre de lutte contre le cancer François Baclesse à Caen, jardin créé en 2013. « Nous avons fabriqué des bains de soleil, c’est-à-dire des transats en bois avec des lignes en courbe, et des tables basses », explique Marie Bunel-Armellin.

J’en entends déjà certains s’exclamer qu’il n’est pas nécessaire de dépenser 1000 euros, lorsqu’on fonctionne avec des budgets riquiqui, pour avoir une jardinière fonctionnelle. Récupération et débrouille sont aussi des solutions…En tout cas, des alternatives existent.

Et un mot sur le sommeil

En prime aujourd’hui, je partage cette émission de la Tête au Carré sur France Inter sur le sommeil. Des conseils de bons sens du psychiatre Patrick Lemoine qui a écrit « Dormir sans médicaments…ou presque » (Laffont, 2015). Je partage parce que les troubles du sommeil peuvent pourrir la vie de certains participants dans les jardins de soin et qu’il est urgent de s’interroger sur les alternatives aux somnifères, considérés comme une fraude par le docteur Lemoine puisqu’ils anesthésient au lieu de donner un sommeil normal, privant ainsi le dormeur de tous les bienfaits du sommeil (réparation, consolidation des souvenirs,…). Et je partage aussi parce que, pour ceux dont le sommeil n’est pas troublé, la sieste est toute indiquée et pourquoi pas la sieste au jardin…

Et un mot sur l’appel à participation de la conférence de l’AHTA

Et si vous aussi vous alliez parler de votre travail dans les jardins de soin à la conférence annuelle de l’American Horticultural Therapy Association (AHTA)? Elle se tient cette année du 15 au 17 septembre à Saint-Louis au Missouri. L’appel à participation est ouvert jusqu’au 1er mars. Le Missouri est connu pour être le  « Show Me state » : plutôt que de longs discours, ils aiment qu’on leur montre les choses. Défi accepté?

 

 

Le Jardin des Vents : un jardin pour plusieurs établissements

Le terrain nu avant les travaux de cette semaine

Le terrain nu avant les travaux de cette semaine

Voici plus de 10 ans que l’idée trotte dans la tête de John Riddel. Cette semaine, le réseau d’irrigation sera installé. La semaine prochaine, les jeunes résidents du foyer « Les Hirondelles » planteront…le Jardin des Vents sort enfin de terre. « On avait essayé il y a une dizaine d’années d’aménager ce terrain en friche derrière l’hôpital, sans même parler de jardin thérapeutique. C’était une époque où les hôpitaux de campagne étaient menacés de disparition. A l’époque, le directeur nous avait dit non. » Mais en 2010, John Riddel revient à l’attaque auprès du nouveau directeur avec le soutien du Lions Club doyen de Castelnaudary et la réponse change. Il faudra encore plusieurs années pour concevoir le jardin et récolter les fonds, soit la somme de 200 000 euros dont une partie a déjà permis de réaliser les chemins en sable compacté. Les fonds sont principalement venus d’EDF, d’AG2R, du Lions Club doyen de Castelnaudary, de la Caisse d’Epargne et de Jardins et Santé. Nous reviendrons dans un autre billet sur le financement de ce projet et d’autres initiatives car c’est un sujet à part entière.

Un patchwork de jardiniers

L’emplacement du terrain de 6 000 m2 est une aubaine puisqu’il est situé entre le Centre Hospitalier Jean-Pierre Cassabel, le foyer « Les Hirondelles » géré par l’AFDAIM (Association Familiale Départementale pour l’Aide aux Personnes Handicapées Mentales) et le foyer « Bel Oustal » de l’association départementale d’aide aux femmes et familles (l’ADAPE) sans parler de l’EHPAD « Le Castelou ». L’AFDAIM est devenu un partenaire important dans le projet : ce foyer héberge une soixantaine de jeunes travaillant en ESAT, dont certains dans des activités de jardinage. Ces résidents, qui ont d’ores et déjà investi les deux terrains de pétanque pour des parties effrénées, vont donc participer à la plantation la semaine prochaine avec l’aide de Bethsabée de Gunzbourg de Jardins & Santé, d’élèves du lycée agricole de Castelnaudary, d’une étudiante en architecture paysagiste de la Cités des Sciences Vertes de Toulouse et de bénévoles locaux.

Avant d’en arriver là, il y a eu tout un travail de conception. « Martine Brulé est venue faire deux jours de formation et a dessiné les jardins en grande partie. Mélanie Guesdon, une jeune paysagiste, aujourd’hui diplômée de l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture et du Paysage de Bordeaux, a passé trois mois sur le projet », explique John, le président de l’association du Jardin des Vents.

Le tour du propriétaire

Le plan du jardin

Le plan du jardin

Le jardin se compose de plusieurs parties : un jardin thérapeutique pour des personnes âgées atteintes de la maladie d’Alzheimer, un potager pour le foyer « Les Hirondelles », un parcours de santé créé avec le kiné de l’hôpital et adapté à la rééducation des patients en moyen et long séjour (le mobilier en bois massif et les agrès ont été achetés à l’ONF), le Jardin des Oiseaux conçu avec la LPO pour attirer les oiseaux qui se font de plus en plus rares et que les résidents des foyers seront chargés de compter et enfin la Place du Noyer qui sera un point central du jardin et accueillera sans doute de nombreux personnels des établissements. Sans compter les deux terrains de pétanque et la place pour un troisième.

« J’ai beaucoup appris en allant voir le jardin de Nancy du professeur Jonveaux et d’autres. Entre autres, j’ai appris que le personnel appréciait beaucoup le jardin, pour prendre son déjeuner par exemple. J’ai aussi appris que les chemins devaient être adaptés aux fauteuils avec moins de 6% de pente et 2 mètres de large pour se croiser. Une maison de retraite de Valence qui a fait un jardin avec des chemins trop étroits m’a dit que c’était une piste de Formule 1 où tout le monde doit aller dans le même sens…. », raconte John. D’où l’intérêt de se renseigner, de visiter d’autres jardins, de parler avec leurs concepteurs et leurs utilisateurs….Un emplacement a été ménagé pour une serre. Les fondations sont là, pas le financement. Là encore, des contacts lui donnent des idées. « Il y a un hôpital psychiatrique où un jeune Hollandais s’occupe de la serre. Des patients y sont envoyés par les médecins. Il dit qu’on peut comprendre l’état du patient en voyant l’état de sa plante. »

Un jardin pour quoi faire ?

« Au début, nous avions le soutien de l’hôpital, mais sans aucun apport financier. Les médecins n’étaient pas intéressés. Mais le docteur Philippe Sol, gérontologue et responsable de l’unité de soins de longue durée, est devenu un passionné du projet. Nous avons une réunion prochainement pour proposer des journées de formation avec Martine Brûlé aux personnels de l’hôpital qui seront choisis comme responsables. Nous allons passer le relais. »

Il précise que le jardin sera ouvert à tous. « Quand on me demande comment on va gérer tout ce monde, je réponds que s’il y a des gens partout dans le jardin, c’est qu’on aura réussi », espère John Riddel. Une école primaire proche a déjà contacté l’association et aimerait amener les élèves pour jardiner avec les autres jardiniers, jeunes et moins jeunes. « Le docteur Sol nous a dit qu’il aimerait entendre des cris d’enfants sous les chambres de ses patients. » Un rêve qui va peut-être devenir réalité.

Mais comment a évolué le projet pour prendre une dimension thérapeutique ? « Au début, je voulais juste faire un jardin pour que cet espace ne devienne pas un parking. Puis on s’est rendu compte que le jardin pouvait servir un établissement de santé. J’ai lu le livre de Clare Cooper Marcus qui a déclenché l’envie. » Ces années de travail vont enfin aboutir et les premiers jardiniers occuper le terrain, en attendant une inauguration officielle prévue pour le printemps.

Pour découvrir le projet en détails, le voici en trois parties : Partie 1Partie 2 et Partie 3.

Des nouvelles du Jardin des Vents

Mise à jour le 28 août 2018. John Riddel m’écrit un message où il donne des nouvelles. « Le Jardin des Vents, que vous connaissez bien, est beau en ce moment. Il est très apprécié autant par les habitants du quartier que par les résidents des foyers qui l’entourent. Pendant l’année scolaire nous recevons des jeunes de trois établissements scolaires 2 fois par semaine. Ils viennent d’un lycée agricole, d’un collège avec des classes pour des jeunes handicapés et un établissement pour des jeunes en difficulté avec la société. Les résultats sont très encourageants. Le jardin est aussi utilisé par l’hôpital, par un foyer de convalescence et par un établissement de soin pour des enfants avec des problèmes psychiatriques. Heureusement il est assez grand. »

 

 

Pendant l’hiver, on ne se tourne pas les pouces

Formation

La dernière session de formation en novembre dernier a rassemblé 21 stagiaires (éducatrices spécialisées, ingénieurs agronomes, AMP, art-thérapeutes, une étudiante en master, un prof de LPA, des animateurs, des jardiniers…). En mars 2016, l’équipe de formation remet ça…

Sébastien Guéret et sa bande (Viviane Cronier, Anne Ribes, Alfredo Ferreruela, Catherine Legrand) proposent une formation « Découverte de l’horticulture thérapeutique » du 7 au 10 mars à Marseille et à La Ciotat. Le deadline pour s’inscrire est le 7 février et, aux dernières nouvelles, il restait quelques places. En résumé, les objectifs sont de comprendre comment l’activité de jardinage peut s’intégrer dans un processus de soin, de lutte contre l’exclusion ou le vieillissement, de découvrir l’hortithérapie, d’être capable de construire des objectifs adaptés aux publics vises et de définir un projet d’hortithérapie. Cette formation s’adresse aux personnels soignants, éducatifs, pédagogiques. Pour plus de renseignements et pour les modalités d’inscription, voir ici.

Quoi faire au jardin en janvier et février?

En plus de se former et de lire au coin du feu, on peut poursuivre quelques activités même au cœur de l’hiver. Pour glaner des idées, faisons de nouveau appel au livre « Growing with gardening : a 12-month guide for therapy, recreation and education » par Bibby Moore dont j’avais déjà parlé.

Voici des suggestions de Bibby Moore pour le mois de janvier :

  • Se procurer des catalogues de graines
  • Faire germer des graines
  • Visiter la bibliothèque (ou Internet) pour lire des livres de jardinage
  • Etudier les brindilles
  • Fabriquer des étiquettes pour les arbres
  • Entretenir ses outils de jardinage
  • Transplanter des légumes de printemps
  • Construire une mangeoire pour les oiseaux
  • Faire germer une graine d’avocat
  • S’intéresser aux cactus et aux plantes succulentes
  • Regarder des films (pour des suggestions du moment, on pense aux documentaires Demain déjà sur les écrans et Les Saisons qui sort le 27 janvier)

Et pour février :

  • Lancer les bulbes de caladium (oreilles d’éléphant, cœur de Jésus, ailes d’ange,…)
  • Garder les peaux d’orange pour faire des concoctions, pots pourris,…
  • Bouturer des arbustes persistants
  • Planifier un jardin de printemps
  • Semer de la laitue en extérieur et des graines de chou-fleur en intérieur
  • Habituer les plants de brocoli et de choux en les sortant quelques heures par jour, puis toute la journée, puis en permanence
  • Planter des graines dans une éponge.
  • Commencer un jardin d’herbes
  • Choisir des plantes pour réaliser des activités plus tard
  • Fabriquer un terrarium
  • Préparer un jardin de fleurs

En prime, quelques autres idées de jardinage et de fabrication maison « repiquées » à Paule Lebay, Anne Babin et d’autres : une serre en bouteilles, le magazine en ligne Jardiner Malin pour son calendrier lunaire et ses conseils et encore des suggestions de saison sur le site consoGlobe.

 

Jardiner est-il bon pour notre santé mentale ?

National Geographic

Un hôtel à Singapour (photo de Lucas Foglia dans l’article de National Geographic)

 

Vous voulez créer un jardin de soin ? Vous avez besoin d’arguments sur les bienfaits de la nature sur la santé mentale des être humains, si possible ancrés dans des recherches scientifiques ? Voici quelques études récentes, glanées ici et là. Attention, la plupart de ces articles scientifiques sont en anglais et ils sont payants si on souhaite lire l’intégralité de l’article. Certaines études prennent le jardin pour cadre, d’autres la nature plus largement.

 

Bonjour estime de soi, adieu dépression

Cette étude anglaise publiée en 2015 a pu mesurer que les personnes ayant une parcelle dans un jardin familial (« allotments ») avaient une meilleure estime de soi, étaient moins dépressives, moins fatiguées et avaient plus de vigueur qu’un groupe contrôle sans jardin familial. Les chercheurs en concluent que ces jardins familiaux (ou collectifs ou jardins ouvriers), pour lesquels il y a de longues listes d’attente, peuvent jouer un rôle important dans la santé mentale et devraient être utilisés comme un moyen de prévention. Lire le résumé de l’étude.

 

L’exercice physique stimule les fonctions cognitives

Cet article énumère plusieurs études qui démontrent que l’exercice physique a des effets positifs sur les fonctions cognitives : des enfants qui faisaient régulièrement de l’exercice amélioraient leurs fonctions exécutives et en particulier leur « inhibition attentionnelle », des adultes âgés souffrant d’un léger déclin cognitif avaient améliorer leurs mémoires spatiale et verbale grâce à certains exercices physiques, d’autres réussissaient à lutter contre la mort neuronale grâce à des exercices avec des poids et des patients souffrant de la maladie d’Alzheimer voyaient aussi une amélioration cognitive en pratiquant régulièrement la marche. Aucune de ces études n’avaient pour cadre le jardin ou la nature, mais il me semble que les résultats pourraient être extrapolés. Lire l’article de vulgarisation menant aux diverses études.

 

Le retour d’expérience du CHU de Nancy

L’équipe de Thérèse Rivasseau-Jonveaux à Nancy a publié une étude intitulée « Un jardin comme outil de soins en unité cognitivo-comportementale » dans Soins Gérontologie (2014). Le résumé est succinct, mais conclut que « Pour stabiliser les troubles du comportement, dans le cadre d’une prise en charge non médicamenteuse, le jardin thérapeutique a toute sa place. » Lire le résumé de l’article.

 

La bactérie Mycobacterium vaccae combat la dépression

Dans une étude publiée en 2007, des chercheurs anglais avaient démontré sur des souris que cette bactérie que l’on trouve dans la terre avait la capacité d’activer les neurones qui sécrètent la sérotonine, l’hormone responsable de réguler l’humeur et dont le manque peut causer la dépression. Lire le communiqué de l’université de Bristol.

 

Le cerveau dans la nature

Que se passe-t-il dans un cerveau exposé à la nature ? Cet article de National Geographic est un vrai bonheur, des études racontées comme un voyage. On rencontre David Strayer, un psychologue cognitif de l’université de l’Utah dont l’hypothèse est que le cortex préfrontal peut se reposer, comme un muscle fatigué, au bout de quelques jours dans la nature. Des chercheurs de l’école de médecine de l’université d’Exeter qui ont découvert que les urbains qui vivaient près de plus d’espaces verts ressentaient moins de détresse mentale. Des chercheurs japonais qui ont montré que des participants qui marchaient dans des forêts, comparés à des marcheurs en ville, voyaient des bénéfices bien réels : une baisse de 16% de leur niveau de cortisol (hormone du stress), une baisse de 2% de leur tension et une baisse de 4% de leur rythme cardiaque. Lire et regarder l’article.

 

Rétrospective

Un des cinq jardins au Legacy Emanuel Medical Center à Portland (Oregon).

Un des cinq jardins au Legacy Emanuel Medical Center à Portland (Oregon).

Je vous souhaite une belle année, pleine de projets et de bonheur, de sérénité et de victoires. Avant de rentrer pleinement dans la nouvelle année, jetons un œil sur les 12 derniers mois. J’ai choisi deux thèmes pour me souvenir de 2015 sur le Bonheur est dans le jardin : les pays que nous avons visités ensemble et les contributeurs qui nous ont fait le plaisir de partager leur expérience. Un grand merci à eux et avis à ceux qui voudraient suivre leur exemple. La porte est ouverte…Merci aussi aux plus de 19 000 lecteurs qui ont visité le blog l’année dernière.

En 2015, nous avons rencontré Fiona Thackeray et son association Trellis en Ecosse, nous sommes retournés aux Etats-Unis pour faire un état des lieux de la thérapie horticole, nous avons découvert la discipline telle qu’on la pratique et qu’on l’enseigne au Japon, un projet de mur végétal dans un hôpital pour enfants au Canada, un grand jardin dans un hôpital psychiatrique en Belgique, l’association Thrive en Angleterre, un jardinier français installé en Suisse, une infirmière qui parle de deuil et de nature aux Etats-Unis et un tas d’initiatives en Suisse, Suède et Belgique grâce à une lectrice partageuse.

Du côté des contributeurs, nous avons rencontré Romain R., ingénieur en paysage sensible aux vertus thérapeutiques du jardin en particulier grâce à son expérience à la maison médicale Jeanne Garnier à Paris, Carole Nahon et son association Le Jardin des (S)âges à Draguignan, Tamara Singh, horticultural therapist formée à New York qui nous a raconté son expérience en plusieurs épisodes, y compris son travail au Rusk Institute, Nicole Brès qui combine art thérapie et hortithérapie et qui nous a également fait découvrir un healing garden à Philadelphie, Stéphane Lanel qui nous a parlé de sa formation en parallèle de son travail à la maison des Aulnes et Romain Pommier qui a lancé tambour battant un jardin thérapeutique au CHU de Saint-Etienne.

La semaine prochaine…

Une lectrice partage ses découvertes en Suisse, en Belgique, en Suède

Cléa Gentile est étudiante en dernière année d’ergothérapie en Suisse. Elle s’intéresse beaucoup à la thématique des jardins de soins et de l’hortithérapie, mais ne trouvait pas grand chose autour d’elle en Suisse. Depuis quelques mois, nous échangeons et elle me fait part de ses découvertes. Elle m’a autorisée à les partager à mon tour avec vous. Des programmes en Suisse, en Belgique et aux Etats-Unis, des lectures et même deux formations qu’elle envisage de suivre en Suède. Merci à elle de nous faire profiter de ses heures de recherche.

A lire dans l'article sur le jardin conçu pour les malvoyants en Belgique. "Le semoir inventé par Christian Badot pour réaliser un semis et prendre des plantules sans les abîmer a reçu le prix «coup de cœur» au concours organisé par Handicap international Belgique en 2007." © Jacques Vandenbroucke

A lire dans l’article sur le jardin conçu pour les malvoyants en Belgique. « Le semoir inventé par Christian Badot pour réaliser un semis et prendre des plantules sans les abîmer a reçu le prix «coup de cœur» au concours organisé par Handicap international Belgique en 2007. »
© Jacques Vandenbroucke

Un peu à la manière, de la chanson « Les 12 jours de Noël », voici la liste de Cléa.

  1. Pour commencer, un livre lu dans le cadre de sa formation (Creek’s Occupational Therapy and Mental Health) et tout un chapitre traite du “Green Care”. Le chapitre résume bien les concepts du green care et son lien avec l’ergothérapie. De plus, il donne une description des différentes approches en lien avec la nature et la santé.
  1. Toujours sur le sujet du green care, un « cadre conceptuel » avec quelques théories sous-jacentes.
  1. Une ergothérapeute américaine qui a développé un programme intéressant avec des enfants.
  1. En Belgique, un jardin thérapeutique et accessible aux personnes malvoyantes.
  1. Un projet d’éducation thérapeutique à Genève, avec l’expérience d’Amanda Jullion et des jardins thérapeutiques pour patients obèses et/ou diabétiques (projet arrêté aujourd’hui si je ne m’abuse).
  1. Un article qui traite des jardins thérapeutiques existants en Suisse.
  1. L’association suisse vivaterra, en veille pour le moment, qui peut être intéressante à entendre ses objectifs (« vivaterra veut promouvoir la création de jardins thérapeutiques dans des institutions fermées – EMS, hôpitaux, prisons – afin de permettre à leurs résidents de redécouvrir les bienfaits des plantes et d’avoir un contact avec la nature en travaillant la terre »).
  1. Un jardin thérapeutique dans un établissement pénitencier à Genève.
  1. Tout proche de Lausanne, La Marcotte, un jardin d’enfant thérapeutique décrit très succinctement.
  1. En Suède, Cléa nous signale l’existence du Danderyd Hospital, endroit où les jardins thérapeutiques ont vu le jour dans ce pays et où elle a prévu de faire un stage en 2016. Si le projet se réalise, elle a promis de nous raconter !
  1. Toujours en Suède, elle a découvert un master sur la relation « santé-nature ». Auquel j’ajouterais ce programme de « horticultural therapy » toujours dans la même université, la Swedish University of Agricultural Sciences (SLU).
  1. Enfin, Cléa projette un tour d’Europe à vélo au fil d’une année. Elle aimerait visiter des jardins de soin sur sa route. Si vous avez des suggestions, n’hésitez pas à les partager dans les commentaires. Ce serait un bel échange.

 

 

A Philadelphie, un « healing garden » en mémoire d’une pionnière de l’horticulture

Aujourd’hui, nous partons à Philadelphie avec Nicole Brès de Nature en Ville Thérapie pour visiter un « healing garden » à la mémoire d’Ernesta D. Ballard. A la fin de son billet, parcourez le jardin en photos. Nicole Brès est joignable à natureenvilletherapie (at)gmail.com.

 

« The world is a better place when everyone is included. » The Pennsylvania school of horticulture for women, class of 1954.

J’ai eu la chance d’aller quelques jours à Philadelphie. Là, à la Temple University, est dispensée une formation d’hortithérapie. Sur le campus à Ambler, à la « School of Environmental Design », on découvre plusieurs jardins qui servent de support aux cours d’horticulture, de design et d’hortithérapie (voir le programme du certificat).

Certains ont été dessinés et construits par les étudiants (Formal Native Plant Garden, Woodland Garden, the Wetland Garden and the Ernesta Ballard Healing Garden). Healing garden peut être traduit par jardin cicatrisant. Par une magnifique journée d’automne, j’ai découvert le « Healing Garden », jardin à la mémoire d’Ernesta Ballard, pionnière en horticulture qui, après une attaque cérébrale, s’est beaucoup intéressée au labyrinthe.

Ici, le sol est tapissé d’ardoise fortement pilée qui fait ressortir les pierres claires. Un thym rampant (thymus serpyllum variété albus) dessine le labyrinthe et recouvre petit à petit tout le minéral. Le muret de pierre sèche encadrant le jardin est bordé d’un côté de graminées, de l’autre de buissons. À l’entrée du jardin, en haut des deux marches, notre vue englobe l’ensemble. On peut faire un premier parcours visuel de l’entrée au centre du labyrinthe, c’est rassurant. J’ai aimé suivre le chemin de ce labyrinthe, où l’on ne se perd pas, jusqu’à la pierre plate qui marque le centre et repartir en enjambant le thym. .. avec des souvenirs de cours de récréation en asphalte gris bleu comme ici et des sautillement au-dessus de dessins à la craie.

Ce jardin est empreint d’une grande simplicité, les courbes atténuent le côté anguleux des pierres brutes, le végétal joue avec le minéral. Il a comme toile de fond des arbres qui ferment l’espace. Derrière on trouve des espaces ouverts et d’autres jardins.

Si l’entrée se fait par une allée peu couverte, on repart par un sous-bois où se cache un pont en bois au dessus d’une rivière sèche.

C’est un jardin où l’on vient sans outil, pour trouver un repos de l’âme et du corps, pour se mettre en relation avec la Nature, observer et ressentir.

Dans le livre de Clare Cooper Marcus et Naomi Sachs, « Therapeutic Landscapes », les « jardins cicatrisants » tiennent une place importante. Avant tout acte de jardinage, ils sont le premier lieu investi par ceux qui ont subi un traumatisme. Car, dans une nature apaisante et accueillante, devant certains paysages, nos souffrances se taisent. C’est pour moi un pan de l’hortithérapie peu mis en avant en France : être là, seulement là sans rien faire.

 

IMG_4364

IMG_4356 IMG_4359