Effervescence hivernale dans les jardins de soin

Il y a trois jours, la Fédération Française Jardins, Nature et Santé (FFJNS) se réunissait au CH Théophile Roussel à Montesson, notre siège depuis le début de l’aventure et sans doute l’hôpital français le plus investi dans l’accès des patients à la nature. Après une frénésie d’échanges électroniques entre membres et des premiers contacts téléphoniques avec de nouveaux venus toute l’année, enfin des rencontres physiques, des échanges multiples, des expériences sensorielles, un repas partagé. Ca redonne de l’énergie, ça regonfle pour continuer à militer pour plus de nature dans les lieux de santé en France. Beaucoup de chemin parcouru depuis notre première assemblée générale il y a un an. Beaucoup de chemin à parcourir encore. Précisons que, quand je dis « nous » pour parler de cette aventure, c’est en tant que membre fondatrice parmi une vingtaine de membres fondateurs et actuelle présidente de la FFJNS.

La CDC Biodiversité se penche sur la question de la santé

Un des signes concrets que notre message commence à être entendu est le fait que CDC Biodiversité nous ait repéré cet été et nous ait demandé de participer à un rapport qui vient de sortir le 21 janvier. Repartons du début. CDC Biodiversité, c’est une filiale à 100% de la Caisse des Dépôts dont l’objectif est « d’agir pour la biodiversité, en identifiant et en développant des leviers économiques (réglementaires, volontaires,…) pour financer la préservation et la restauration de la nature. »

Ce rapport, « Santé et Biodiversité : nécessité d’une approche commune », est désormais disponible en ligne. Lors du colloque « Biodiversité et Humanité : une seule santé », des intervenants intéressants se sont succédés et en voici un résumé. Par le bout de ma lorgnette, je retiens que pour une Thérèse Jonveaux venue raconter comment elle a ouvert le jardin à ses patients et ses équipes qu’elle accompagne également dans des sorties en forêt, combien de sceptiques comme Dominique Belpomme, professeur de cancérologie à l’Université Paris-Descartes et défenseur de la biodiversité, qui balaie pourtant d’un revers de la main l’intérêt des jardins de soin. Il y a encore du travail ! Espérons que les membres du ministère de la Santé présents dans la salle ont été plus attentifs aux explications posées du Dr. Jonveaux qu’au sentiment peu réfléchi du Dr. Belpomme.

Jardins & Santé réunit de nouveau son symposium

Pas de temps à perdre pour s’inscrire (y compris au titre de la formation continue) au 6e symposium international de Jardins & Santé qui aura lieu les lundi 30 mars et mardi 31 mars 2020 au siège de la Société Nationale d’Horticulture de France (SNHF) à Paris. Le thème choisi cette année : Les jardins à but thérapeutique en milieu hospitalier et médico-social, de l’exclusion à l’inclusion. La Fédération Française Jardins, Nature et Santé a eu le plaisir de participer à l’élaboration du programme pendant plusieurs mois et sera bien sûr représentée en force au symposium. Que vous soyez un habitué ou nouveau dans ce domaine, le symposium de Jardins & Santé est toujours un grand moment de rencontres. Pour ma part, je le fréquente depuis 2012 (tapez symposium Jardins & Santé dans l’outil de recherche pour retrouver les comptes-rendus des éditions passées). Encore un moment qui recharge les batteries.

Trois partenaires pour un guide des jardins en établissements

Ils ont uni leur force : la Fondation Médéric Alzheimer, l’Ecole Nationale Supérieure du Paysage de Versailles et l’association Jardins & Santé (encore elle). Voici un guide pratique qui va accompagner les responsables d’établissements sociaux, médico-sociaux et sanitaires « pour réaliser un jardin adapté, pérenne et durable, bénéfique à la fois au fonctionnement de l’établissement et aux personnes accueillies ». Il répondra aux questions de ces responsables et de tous les acteurs qui veulent se lancer dans la conception – participative idéalement  – de ces jardins particuliers. Un guide composé de quatre grands chapitres :

1. Un jardin dans l’établissement : comprendre et argumenter.

2. Construire et porter le projet de jardin dans une démarche participative.

3. Concevoir le jardin:recommandations pour des jardins à visée thérapeutique «éco-logiques».

4. Faire vivre le jardin, vers une pérennisation évolutive.

Bravo aux auteurs de ce guide qui viendra utilement compléter l’ouvrage de Jérôme Pellissier paru en 2017

Une ressource pleine d’exemples inspirants

Merci à Anne Surdon qui en nous signalant sur le groupe Facebook Jardins de soin cet article dédié à son jardin à l’hôpital Cognac-Jay m’a permis de découvrir le site Solidarum. Publication de la Fondation Cognac-Jay, ce site est une base de connaissances pour l’invention sociale et solidaire. On y trouve des articles qui font rêver comme celui-ci sur deux hôpitaux norvégiens qui ont construit un pavillon de répit ouvert sur la forêt pour que les patients et leurs proches puissent échapper quelques heures à l’univers médical. 

Et un grand merci à WordPress qui a fait évoluer son outil et a rendu très difficile des tâches qui étaient familières et faciles depuis des années. Vraiment merci d’ajouter des heures de complications à ce travail déjà chronophage.

Les jardins de l’hôpital pédiatrique Robert-Debré

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Je parlerai principalement du jardin de la Maison de l’Enfant que j’ai pu visiter en compagnie d’Isabelle Launet et de la responsable de ce service. Isabelle suivait encore la première formation à l’agriculture urbaine de l’école du Breuil quand un ancien de la Pitié-Salpétrière où elle avait fait un long stage auprès d’Anne Ribes lui propose de participer à des animations pour les 30 ans de l’hôpital.

La Maison de l’Enfant est, au cœur de l’hôpital, un lieu différent. Comme une grande ludothèque, elle propose des activités auxquelles les petits patients viennent accompagnés de soignants ou de leurs parents et entourés par des animateurs et des éducateurs de jeunes enfants. La Maison de l’Enfant jouxte un espace ouvert transformé en jardin…

Après une longue période de bénévolat, Isabelle intervient dorénavant comme animatrice professionnelle deux fois par mois sans compter une visite hebdomadaire pour prodiguer quelques soins au jardin. A l’extérieur de l’hôpital, elle intervient dans une maison de retraite, auprès d’enfants dans un jardin dans le 20e arrondissement et à la Ferme de Paris. « L’activité rassemble les enfants et les ados, de 2 à 17 ans. Les parents sont les bienvenus car c’est un moment agréable avec leur enfant. Il n’y a pas de groupe pré-établi. A l’hôpital, c’est toujours le soin qui prime », explique-t-elle. « On commence avec quelques questions : Où vis-tu ? Qu’est-ce que tu aimes dans la nature ? Et puis je propose un atelier. Par exemple sur le vent. On écoute des enregistrements de vent dans les roseaux ou les maïs. On va toujours dans le jardin et on cueille des herbes pour la tisane. » Isabelle nous emmène faire un tour du jardin planté de vigne, de groseilles et de framboises, de pommiers et de poiriers, d’artémise, d’oreilles de lièvre, de basilic thaï, de sarriette, de verveine, de rosiers,…Il faut imaginer les petits patients déambulant dans le jardin, parfois avec leur équipement médical difficile à ignorer.

« On ne parle pas de maladie, c’est un sas de respiration. Mais le jardin fait parfois le lien avec le soin : on parle de tuteur, d’attelle, on utilise le vocabulaire du prendre soin. C’est assez rare que les enfants reviennent deux fois à un atelier. Mais ils peuvent revenir au jardin hors des ateliers. » Une extension est prévue. Le jardin petit à petit prend racine, avec l’aide des kinés qui arrosent. Un petit monde bienveillant au milieu de l’hôpital.

 

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En fait, à l’hôpital Robert-Debré, les jardins de soin se multiplient. L’association Jardins & Santé a récemment donné une bourse qui « a permis au service de cardiologie-néphrologie-hémodialyse de bénéficier d’une très belle terrasse entièrement aménagée et végétalisée. Une précieuse bouffée d’oxygène pour les patients, leur famille et les équipes soignantes ». Dites-moi si je me trompe, mais il s’agit du jardin perché conçu par Anna Six en 2017.

Un autre projet n’est pas thérapeutique par nature, mais attire l’attention. C’est le nouveau projet de ferme florale implantée depuis peu sur les toits de l’hôpital…La nature est très présente à l’hôpital Robert-Debré.

 

In other news…

  • Vous voulez soutenir le projet « Tous au jardin » des Jardins de l’Humanité? Découvrez ce projet en visitant le site de l’association. Le projet s’adresse « en priorité aux enfants malades et à leurs parents, aux personnes atteintes d’un cancer, à celles ayant subi des violences, mais aussi aux personnes isolées par leur âge ou leur situation familiale, sociale et professionnelle. » Ce beau projet est éligible au budget participatif des Landes et vous pouvez voter! Attention, il faut voter pour au moins trois projet. « Tous au jardin » se compose déjà de deux projets (un minibus et une yourte) et plusieurs autres projets visent à financer des jardins.
  • Quand des étudiants à l’EHESP (Ecole en Hautes Etudes en Santé Publique) de Rennes se penchent sur le besoin de formation des personnels soignants pour permettre l’implantation de la nature dans les établissements socio-sanitaires, on sait qu’on est sur la bonne voie. Dans ce mémoire disponible en ligne, les étudiants listent d’abord les bénéfices directs pour les patients et indirects pour le personnel de ces espaces verts thérapeutiques ainsi que les obstacles. Puis ils proposent un cahier des charges pour une formation professionnelle à destination du personnel soignant sur l’implantation d’espaces végétalisés à visée thérapeutique.

 

  • Les résultats d’une étude sur plus de 900 000 Danois sont clairs. Plus d’espaces verts autour de chez soi pendant l’enfance = moins de risque de troubles psychiatriques de l’adolescence à l’âge adulte ! Voici l’étude complète. Et le résumé traduit en français. Un conseil, utilisez DeepL.com si jamais l’anglais vous freine. « Grandir en milieu urbain est associé à un risque de développer des troubles psychiatriques, mais les mécanismes sous-jacents sont inconnus. Les espaces verts peuvent offrir des avantages sur le plan de la santé mentale et peut-être réduire le risque de troubles psychiatriques. Cette étude nationale couvrant plus de 900 000 personnes montre que les enfants qui ont grandi avec les niveaux les plus bas d’espaces verts avaient jusqu’à 55 % plus de risque de développer un trouble psychiatrique indépendant des effets d’autres facteurs de risque connus. Une association plus forte entre les espaces verts cumulés et le risque pendant l’enfance constitue la preuve qu’une présence prolongée d’espaces verts est importante. Nos résultats affirment que l’intégration des environnements naturels dans la planification urbaine est une approche prometteuse pour améliorer la santé mentale et réduire le fardeau croissant des troubles psychiatriques dans le monde ».

 

  • Depuis 3 ans, l’unité Flavigny du CH Le Vinatier à Lyon propose un groupe thérapeutique “Jardin et Nature”. Une expérience que Jérémie Cambon, infirmier dans cette unité de pédopsychiatrie, raconte dans ce texte.

 

Une hortithérapeute péruvienne…à Paris

Fut un temps, Rebecca Haller et Christine Capra m’avaient gentiment demandé d’écrire le blog du Horticultural Therapy Institute. Ce fut un plaisir pendant plusieurs années. Puis le temps vint à manquer. Récemment, le blog du HTI a connu une nouvelle évolution avec la mise en place d’un binôme d’auteures. Colleen Griffin, HTR, habite dans l’état du Maine, son activité d’hortithérapeute consiste à accompagner des enfants avec des besoins particuliers ainsi que des adultes et des enfants se battant contre un cancer (voici son premier billet, passionnant, sur les explications qu’elle donne quand on lui demande ce qu’est l’hortithérapie). La deuxième membre du binôme est Daniela Silva-Rodriguez Bonazzi qui vit au Pérou. Avec l’autorisation du HTI, je reproduis ce mois-ci son billet sur l’introduction de l’HT dans son pays et ses projets. Il est encourageant de savoir que Daniela couvrira l’hortithérapie dans le reste du monde pour le blog.

Voici le billet de Daniela en VO et en français ci-dessous. Ce soir, je l’ai rencontrée au Jardin du Luxembourg pour une conversation à bâtons rompus. Voici le résumé en 2 minutes.

Pour la joindre, daniela (at) horticulturaterapeutica.pe ou le site de son Instituto de Horticultura Terapéutica – Péru.

Par Daniela Silva-Rodriguez

daniela-624x832Ma relation avec les plantes a commencé à l’âge de 8 ans.  Après avoir brusquement perdu mon père d’un anévrisme, j’ai trouvé du réconfort dans le jardin de ma grand-mère.  Il y avait tellement d’espèces de plantes et de fleurs dans ce jardin de 6 000 m2 ! Bientôt, j’ai commencé à apprendre leurs noms et prénoms, ainsi que leurs préférences. J’ai été émerveillée par les formes, les textures et les odeurs des feuilles et des fleurs, qui m’ont inspirée à apporter la nature à l’intérieur en créant des arrangements floraux pour chaque pièce de notre maison.  Mais le plus grand plaisir pour moi était d’arroser les plantes, de voir les feuilles sans la moindre trace de poussière et de sentir l’odeur de terre humide !

Le temps a passé et il était clair pour moi que je devais faire une carrière dans un domaine lié aux plantes. J’ai étudié la biologie et les sciences de l’environnement à l’American University à Washington D.C. Quand je suis revenue au Pérou, j’ai obtenu mon premier emploi au Centre international de la pomme de terre comme assistante scientifique et, en même temps, j’ai obtenu une maîtrise en Sélection et Amélioration des Plantes.

Après 6 ans de travail en laboratoire, j’ai démarré une entreprise dédiée à la production de salades vertes pour les supermarchés au Pérou. Au cours des 25 années suivantes, j’ai acquis des connaissances et de l’expérience en agriculture, en lutte intégrée contre les ravageurs, en bonnes pratiques agricoles et en assurance qualité. Mais mon amour pour les plantes était trop fort et j’ai gardé le contact avec elles à travers des projets d’aménagement paysager.

En 2010, j’ai découvert la pratique de l’hortithérapie ! J’ai contacté le Horticultural Therapy Institute et mon voyage pour obtenir un certificat en hortithérapie a commencé. J’ai obtenu mon certificat en 2016.

Entre 2011 et 2013, j’ai commencé un petit programme dans un centre de réadaptation pour les toxicomanes (cocaïne, marijuana et alcool) et les personnes souffrant de dépression. Les âges varient principalement de 14 à 30 ans. Pendant cette courte période, j’ai mis en évidence la capacité des plantes à changer la vie des gens, en particulier chez deux patients. Un patient de sexe masculin, âgé de 30 ans, a reçu un diagnostic de dépression grave.  La première fois que je l’ai rencontré, il n’a eu aucun contact visuel et a répondu avec des monosyllabes. Trois semaines après avoir participé au programme, il était une personne complètement différente : ses yeux brillaient, il demandait des tâches et était impatient d’apprendre d’autres techniques de jardinage. Après sa sortie, il a lancé une entreprise autour des plantes à l’étranger, changeant son centre d’intérêt de l’économie vers les plantes.

L’autre patient était une jeune femme de 18 ans, atteinte de dépression et consommant de la marijuana. Après 6 mois de participation au programme d’HT avec des sautes d’humeur et des automutilations, j’ai remarqué quelque chose qu’elle avait fait à la plante qu’elle avait adoptée et qui m’a fait penser que quelque chose de vraiment sérieux se passait avec elle. Ce fut un tournant dans son traitement : elle pouvait enfin parler de ce qui la troublait vraiment.

Ces deux expériences m’ont fait réaliser que je voulais consacrer le reste de ma vie à aider les gens à travers une de mes passions : les plantes.

Entre 2014 et 2017, j’ai fait un travail de sensibilisation aux avantages de l’HT pour le bien-être des gens par le biais d’ateliers et de programmes de courte durée pour des groupes spécifiques comme les enfants atteints de cancer ou les enfants brûlés.

Sensibiliser dans un pays où il n’existe pas de carrière en horticulture et où de nombreux professionnels n’aiment pas qu’on les fasse sortir de leur zone de confort est difficile mais pas impossible. Il faut du temps pour leur faire comprendre que l’hortithérapie est leur alliée, que les activités de jardinage servent d’outil pour faciliter leur travail. Nous devons utiliser l’attribut le plus précieux que possèdent les jardiniers : la patience.

 

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Site du jardin de soins (healing garden) – Orphelinat au Pérou, mars 2019

En octobre 2018, on m’a commandé la conception d’un jardin de soins et d’un programme d’HT pour un orphelinat à Lima, au Pérou. C’était un grand défi en raison des conditions du site, qui était à l’abandon complet (voir photos) et du budget qui était limité. Après 4 mois de planification et de brainstorming, la conception était prête. La mise en œuvre a eu lieu en avril de cette année. Une équipe de 130 jeunes volontaires s’est chargée de planter, de peindre les murs, de créer un jeu d’eau et un mur vert, d’enlever les pierres et de décorer, sous ma direction. Le travail a été fait en 5 jours. Le jardin a été baptisé par les enfants de l’institution le « Jardin des Rêves ».

 

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Site du jardin de soins – Avril 2019

Une semaine plus tard, nous avons commencé à travailler avec 40 enfants placés en institution, âgés de 5 à 14 ans. La fréquence de notre programme est de deux fois par semaine. Travailler avec des enfants placés est un énorme défi. La plupart des enfants ont été séparés de leurs parents en raison de violences physiques et/ou psychologiques. Cette situation a provoqué de graves problèmes émotionnels et comportementaux chez les enfants. L’objectif principal du jardin de guérison est de les aider à canaliser ces émotions : colère, peur, tristesse, agressivité, manque d’attention et comportement perturbateur grâce à l’amour et aux soins.

 

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Masque en pétales de fleurs – stimulation créative

 

Après la première séance chaotique où nous avons travaillé avec des groupes de 10 enfants toutes les 30 minutes pendant 2 heures, nous avons décidé de restructurer la dynamique pour la séance suivante. Nous devions enseigner aux enfants qu’il y avait des « règles du jardin » qu’il fallait suivre et que nous devions les « calmer » avant de leur proposer l’activité prévue. Les règles du jardin ont été établies par chacun d’entre eux et ont ensuite été imprimées sur une grande bannière. Nous les lisons au début de chaque session. Pour « calmer » leur esprit, nous utilisons une technique de respiration qui les amène au moment présent, à écouter les instructions et les métaphores et à s’engager dans l’activité prévue en mode « calme ». En plus de ces deux stratégies, nous avons mis en place quatre tables distinctes qui nous aident à travailler en petits groupes.

 

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Créer des « amis du jardin »

Dans chaque session, nous avons un « plan B » pour les enfants qui ne s’impliquent pas dans l’activité dès le début. Ce « plan B » consiste à créer des bouquets d’herbes. La stimulation de l’odorat, en particulier chez les enfants présentant ces caractéristiques, a un effet puissant ainsi que le travail du sol.

Plusieurs semaines ont passé et nous commençons à voir des résultats : les enfants sont plus calmes, fiers de leur travail dans le jardin et commencent à montrer le même amour et le même respect envers les plantes que nous. Certains d’entre eux sont même fiers de montrer à leurs frères et sœurs le même amour et le même respect. Ils savent que leur « Dream Garden » est un environnement non menaçant, où ils se sentent en sécurité. Les enfants prennent conscience de l’effet puissant du jardinage comme outil pour canaliser leurs émotions.

Maintenant que nous avons introduit les enfants dans le jardin, notre prochain défi est de créer des tipis en saule pour que les frères et sœurs puissent « cultiver » une relation entre eux. Le tipi en saule symbolisera leur « maison », un lieu sûr entouré de plantes qu’ils apprendront à cultiver avec amour.

Traduit avec l’aide de http://www.DeepL.com/Translator

Symposium Jardins & Santé : 13-14 novembre 2017 à Paris

Les Américains ont le congrès de l’American Horticultural Therapy Association (il s’est tenu il y a quelques jours dans le Vermont). Les Français ont le symposium de Jardins & Santé. A ma connaissance, c’est la seule rencontre en France qui concentre autant de convaincus du jardin de soin, du jardin à visée thérapeutique, tout simplement de la nature comme médiation thérapeutique. Il n’existe pas d’autre forum où se retrouve cette discipline extrêmement dispersée en termes de géographie, de lieux d’intervention, de typologies de bénéficiaires et d’animateurs,…Une discipline qui peine toujours à jouir d’une pleine reconnaissance malgré un corpus impressionnant d’études sur l’efficacité et un engouement qui continue à monter en puissance depuis des années en France.

Le symposium se tient traditionnellement tous les deux ans. En 2016, il avait fallu en faire son deuil. Jardins & Santé n’avait pas pu organiser de symposium cette année-là, faute de ressources humaines suffisantes. Il faut dire que mettre sur pied un rendez-vous pour 170 participants et 40 intervenants français et étrangers (les chiffres de l’édition 2014) n’est pas une mince affaire. C’est donc avec une certaine impatience que j’attends la version 2017 qui se tiendra à Paris les 13 et 14 novembre. En toute transparence, je précise que j’ai été invitée à intervenir sur le thème de l’évaluation des jardins thérapeutiques.

Voici le programme.

Côté pratique, le coût de l’inscription est de 250 euros (possibilité d’inscription au titre de la formation continue – entreprise et administration), avec un certain nombre de places à 50 euros disponibles pour les étudiants.  Le symposium se tiendra au 6 rue Albert de Lapparent, dans le 7e arrondissement. Inscriptions en ligne.

 

 

L’esprit qui anime Nicole Brès

Depuis notre première rencontre en 2014, Nicole Brès est intervenue plusieurs fois pour rapporter des rencontres et pour nous parler de sa propre pratique. Un exemple avec ce billet où elle décrivait comment elle fusionne l’art-thérapie et l’hortithérapie. Si je devais répertorier les effets positifs de ce blog depuis cinq ans, devenir amie avec Nicole serait sans aucun doute en haut de la liste. Dans ce nouveau billet, elle revient sur sa pratique actuelle dans quatre lieux franciliens. Nicole Brès est joignable à natureenvilletherapie (at)gmail.com.

Faire le point à Simon de Cyrène : J’ai passé la phase d’adaptation à cette structure pilote de lieux de vie pour personnes handicapées cérébro-lésées. Adaptation des deux côtés : eux à moi et moi à eux. Elle a été facilitée par les déjeuners communautaires du lundi où je suis invitée. J’y rencontre tous ceux qui participent à ce projet pilote et je réponds volontiers à ceux qui me demandent « ce qui se passe dans le jardin ». Et « C’était pas gagné d’avance », comme m’a dit le responsable médico-social il y a un an.

Les ateliers ont un cadre fixe : la périodicité (hebdomadaire), le jour (lundi), l’heure 10h-11h30 et 14h-15h30), le nombre maximum de soignés par groupe (5) et la présence à mes côtés d’une assistante travaillant dans l’établissement. Les comptes-rendus hebdomadaires (texte et photos), envoyés aux responsables, ne sont pas des récits de ce que l’on a fait au jardin, mais des observations phénoménologiques sur les soignés. Ils sont le lien entre moi, prestataire extérieure, et l’équipe. Ils viennent nourrir la prise en charge 24 heures sur 24 qu’assurent les jeunes services civiques, les stagiaires et les salariés de Simon de Cyrène Vanves. J’y mets des questions sur les soignés et des informations sur « ce qui se passe au jardin ». Je reçois des réponses orales ou écrites. En juillet et en décembre, une réunion avec l’équipe de direction permet de parler des objectifs et de l’organisation de mes interventions.

Les plus sont les sorties (une par saison, un lundi) et les invités que l’on reçoit. Ils découvrent le jardin et/ou viennent nous aider ponctuellement (construction de la cabane, arrachage de buissons, montage de la pergola).

Pendant mes ateliers, c’est notre lien avec la Nature qui est visité, dans toutes ses dimensions : observation, plantation et compréhension des écosystèmes mais aussi landart. L’hiver, confection de tablier de jardiniers, de terrarium, d’empreintes de végétaux dans du plâtre et temps d’imprégnation de la Nature qui nous entoure quelque soit la saison. S’émerveiller est pour moi l’objectif à atteindre, celui qui ouvre la porte sur la santé au sens de la Salutogenèse (1).

Prendre le temps de ressentir, et parfois de dire ou d’écrire ce que nous fait cette visite à Dame Nature. S’ancrer ainsi dans le réel quand la maladie ou le handicap vous est tombé dessus, vous déracinant de votre quotidien et vous interrogeant sur le sens de la vie. Voir dans les cycles de la nature que chacun a sa place et que « rien ne se perd, tout se recycle ». Toucher au jardin le sol qui vit des végétaux et insectes morts pour nourrir une autre vie. La Nature est un livre ouvert, un livre vivant et bienveillant qui donne sens à notre propre vie. Au jardin, c’est le plaisir qui est convoqué, certainement pas le labeur subi ou l’endroit où « rien ne va comme je veux ». Dans notre jardin on essaye, on cherche, on regarde et on se réjouit de ce que l’on a créé avec le végétal. Cela demande de collaborer avec la nature, de reconnaître ses dons et de la laisser faire. Nous construisons ensemble petit à petit un jardin naturel, sans intrants (éléments venus de l’extérieur).

Pas facile pour nos esprits cartésiens qui ont peur de s’en remettre à un élément qu’ils ne maîtrisent pas ! La fréquentation depuis deux ans de têtes qui ne fonctionnent plus « dans la norme » m’a aidée à lâcher prise. Je continue à m’émerveiller de leurs réponses à mes sollicitations, je me nourris de leurs sourires et de leur incroyable vitalité.

A part quelques pieds de tomates l’été, nous ne plantons pas de légumes mais des fleurs pour l’agrément de tous. Un jour peut-être il y aura une serre et des semis et un lien avec la cuisine. Pour l’instant le compost se met en place. Le lundi avec moi, le jeudi les résidents s’impliquent sans moi dans cette tâche : c’est un grand pas vers l’appropriation du jardin.

Savoir, comme les plantes, s’adapter à son milieu tout en gardant son ADN 

La première année fût celle de l’installation, la deuxième est celle de l’appropriation. La troisième, je crois bien, sera celle de l’aménagement puisqu’un budget d’investissement a été demandé. Nous attendons la réponse du Conseil général pour des travaux de terrassement qui permettront une circulation aisée et un boulodrome.

En mars 2015, ma proposition d’aménagement a un peu affolé la direction. Les ateliers jardin devaient s’organiser dans le lieu tel qu’il était, avec ce qui était. J’ai squatté un premier espace et montré le bénéfice de ce temps d’atelier. Faire et faire savoir, chercher l’aval de tous et avancer lentement est ma méthode. Tout en tenant le cap, ce premier plan d’aménagement est revisité, questionné et parfois changé : je le reprends régulièrement en me posant des questions et en y marquant ce qui a été installé : la cabane, un premier bac de plantation inamovible, deux bancs, les deux bacs à compost, etc. Savoir, comme les plantes, s’adapter à son milieu tout en gardant son ADN ! Ce jardin existait quand je suis arrivée, il est modifié petit à petit pour devenir un lieu où l’on a envie d’être. Et être est déjà tout un programme.

Dans toute la France s’ouvrent des maisons Simon de Cyrène. A Rungis et à Angers je suis allée parler des bienfaits des ateliers jardin et expliquer que le dehors peut être pensé avec les bâtiments, pas après comme un plus que l’on rajoute… ou que l’on doit modifier parce que, à l’usage, le chemin est impraticable en fauteuil ou le terrain est fait de trous et de bosses.

L’ESAT Ecodair

J’ai d’autres ateliers jardin avec d’autres populations.

A l’ESAT Ecodair (Paris, porte d’Aubervilliers), j’emmène un petit groupe de travailleurs avec des handicaps psychiques retrouver la Nature au square Rosa Luxemburg, dans le jardin partagé géré par l’association Vergers Urbains. Là, nous avons un bout de terrain et plantons des fleurs et des légumes à côté d’autres groupes. Ce jardinage dans un lieu public se fait au contact d’enfants, de curieux, de jeunes qui se promènent, qui viennent voir ce qui pousse et nous poser des questions. Cet atelier type 2 (2) sort les travailleurs de leur contexte : ils marchent jusqu’au jardin et ils acceptent de s’exposer à l’inconnu.

La Nature est un sujet d’observation et d’émerveillement, et un bol d’oxygène dans leur journée de travail. Le temps d’atelier se termine toujours par une infusion et un temps de mémorisation de ce que l’on a fait. Régulièrement je remplace l’atelier par une balade dans la ville, le plan de Paris en poche et les yeux grands ouverts. Nous cherchons les clins d’œil que la Nature nous fait dans la ville : à chaque coin de rue, à chaque interstice entre deux pavés, dans chaque craquelure de béton, sur les façades des bâtiments. L’un des participants m’a dit récemment : « Ce que j’aime c’est qu’on fait pas toujours la même chose. » Et un autre : « Maintenant je remarque plein de choses quand je marche dans la rue. » Ils vivent le contact avec la terre et les végétaux dans la ville comme un temps d’oxygénation pour le corps et l’esprit.

En mars, nous avons fait, dans l’ESAT, nos premiers semis en serre-bouteille parce qu’un encadrant de l’ESAT nous a apporté des graines de son jardin. C’est un premier lien entre la structure et mon petit groupe appelé « les courageux qui sortent même quand il pleut ». Ces graines germées en serre-bouteille seront replantées dans des jardinières que nous sommes en train d’installer sur une petite terrasse de leur bâtiment. Et nous y mettrons des graines données par Rustica dont les bureaux sont…devant cette terrasse !

Le potager de la ferme du Parc des Chanteraines

Dans le potager de la ferme du Parc des Chanteraines (à Villeneuve-la-Garenne) depuis septembre 2016, je retrouve régulièrement Claude Drothière (voir ce billet de juin 2016) et deux groupes d’adultes venant de CME (centre médico éducatif). Je co-anime les 2 ateliers au potager avec Claude. Tous sortent de leur centre pour venir jardiner, c’est une autre démarche. Nous ne sommes pas « chez eux » mais dans un lieu qu’ils investissent puis quittent.

Avec Claude, j’apprends les gestes classiques au jardin : faire des semis, préparer le sol pour des plantations etc.. A côté de nous, les jardiniers de la ferme apprennent à faire des buttes de permacultures, à tailler les fruitiers d’une autre manière, à gérer leurs plantations dans la serre autrement. Et c’est ce qui m’intéresse : voir plusieurs façons de jardiner et vivre une période de questionnement sur l’organisation des ateliers et la création d’un potager pédagogique ou/et thérapeutique. L’association Terr’happy a été mandatée pour y évaluer les bénéfices et présenter des pistes d’orientation.

La Pitié-Salpêtrière

Et puis, il y a mes rendez-vous à la Pitié-Salpêtrière dans la cour de pédopsychiatrie avec Anne Ribes. J’y suis nommée stagiaire depuis trois ans. La magie continue d’opérer quand j’arrive dans ce vieil hôpital qui est, en plein Paris, un jardin immense. Je le vis comme un pèlerinage qui passe devant le lieu où enseignait Charcot, devant les maisonnettes où étaient enfermés les « fous », puis je rentre avec Anne dans le bâtiment moderne de pédopsychiatrie pour accéder dans la grande cour au jardin qu’elle a créé il y a 19 ans. Il est comme la relique du lien qui unissait autrefois Nature et psychiatrie. Quand retrouverons-nous une médecine qui intègre les bienfaits du contact avec la Nature?

Ces ateliers m’ont appris la patience et la juste présence qu’il faut pour être disponible aux enfants autistes qui viennent dans ce jardin clos. Être aux côtés d’Anne avec l’équipe encadrante me donne des pistes et nourrit ma réflexion. C’est souvent un échange sur l’actualité des jardins de soin et sur nos pratiques holistiques. Je mesure la chance que j’ai de pouvoir venir et d’être intégrée par l’équipe du centre de jour pour ce temps dans le jardin d’Anne. Sur place Stéphane, éducateur, a aussi la clef du jardin et ouvre parfois la porte du jardin pour d’autres moments « sans Anne ».

Etre en communion avec le lieu reste primordial pour moi et j’aime la diversité de ma pratique. Habitant dans Paris, je vais y chercher le végétal et j’accompagne et j’aide des personnes porteuses de handicaps à s’imprégner de la Nature solide, vivante et généreuse, à interagir avec elle et à exprimer leur ressenti. Et c’est aujourd’hui cette sève qui m’épanouit.

Chaque atelier fonctionne quand il intègre deux pôles : un dispositif (regroupant la définition des objectifs et l’organisation des conditions matérielles) et la disposition interne de chaque personne soignée comme soignante. On vient avec ce que l’on est et l’on s’imprègne du lieu et du groupe avant de commencer. Parfois, il suffit de franchir en conscience la porte du jardin.

3 livres : « La sagesse du jardinier » de Gilles Clément, « La révolution d’un seul brin de paille » de Masanobu Fukuoka et « La part de la Terre » de Louise Browaeys et Henri de Pazzis.

3 sites web : Jardiner malin, Rustica et Le bonheur est dans le jardin.

3 lieux : Les Granges de l’Abbaye de Port-Royal des Champs (Magny-les-Hameaux, 78), la maison du jardinage du parc de Bercy (12e arrondissement) et le Parc Martin Luther King (17e arrondissement).

(1) La salutogenèse, Petit guide pour promouvoir la santé. B. Lindström et M. Eriksson. 4ème tirage 2014, Presse universitaire de Laval. La salutogenèse cherche l’origine de la santé en se concentrant sur les facteurs favorisant la santé et le bien-être (physique, mental, social, etc…) et sur les ressources de la personne, plutôt que d’étudier les causes des maladies (pathogenèse).

(2) Un atelier type 2 en ESAT a pour but l’épanouissement social du travailleur handicapé et son intégration dans la société en relation avec son projet personnalisé.

 

Terr’Happy, une nouvelle force en région parisienne

Stéphanie Personne et Laure Bentze se sont rencontrées il y a à peu près un an. Depuis, elles n’ont pas chômé pour monter un projet qui met en commun leurs compétences pour créer des jardins, entre autres, thérapeutiques. Stéphanie est docteur en écophysiologie végétale, récemment diplômée en agriculture urbaine et professeur au centre de formation d’apprentis de Saint-Germain-en-Laye. Laure est écologue après des études reprises récemment. Elles nous racontent leur parcours et leur projet  Terr’Happy.

 

Les parcours de Stéphanie et de Laure

 

Genèse du projet Terr’Happy

 

Les enseignements de deux projets menés par Stéphanie dans le cadre de son dernier diplôme (Hauts-de-Seine et le Val d’Oise)

 

Leurs impressions sur l’état des lieux en France après un an de réflexion

 

Le jardin au Foyer d'Accueil Médicalisé d'Herblay

Le jardin au Foyer d’Accueil Médicalisé d’Herblay

 

Le jardin au Foyer d'Accueil Médicalisé d'Herblay

Le jardin au Foyer d’Accueil Médicalisé d’Herblay

 

Une résidente de l'Ehpad de Gonesse au jardin

Une résidente de l’Ehpad de Gonesse au jardin

La psychologue et une résidente au jardin de l'Ehpad de Gonesse

La psychologue et une résidente au jardin de l’Ehpad de Gonesse

Le bonheur change de rythme

C’est l’été. Il est temps de prendre des vacances, un peu de distance. Au mois de mai, j’ai fini ma licence de psychologie à Paris 8. A la rentrée, j’embraye sur un master de psychologie clinique à Paris Nanterre où j’ai décidé de consacrer mon projet de recherche de M1 aux jardins de soin. Je vais travailler avec Antonia Csillik, une enseignant-chercheur qui s’intéresse aux mécanismes d’efficacité des thérapies et qui s’inscrit dans le courant de la psychologie positive. D’ailleurs, pour me mettre dans le bain, j’ai assisté sur ses conseils à la 8ème édition de l’European Conference on Positive Psychology (ECPP) qui se déroulait la semaine dernière à Angers. La découverte d’un monde foisonnant de recherche et d’expériences s’appuyant sur les notions de bonheur, de bien-être, d’émotions positives, de gratitude, d’optimisme, de développement post-traumatique et bien sûr de pleine conscience. Car l’hypothèse de mon projet de recherche, qui se déroulera dans un jardin qui reste encore à déterminer, va tourner autour de l’idée que les bienfaits du jardin de soin sont ancrés dans le fait d’être présent dans le moment, dans la pleine conscience. Je suis également à la recherche d’un stage de 250 heures supervisé par un ou une psychologue clinicien(ne).

Le constat est donc que les deux années à venir seront très intéressantes, mais également très chargées. Après avoir passé le relais à Susan Morgan pour le blog du Horticultural Therapy Institute que je vous encourage à suivre pour une vision américaine de l’hortithérapie, je devais aussi examiner mon engagement dans Le bonheur est dans le jardin. Parce que nous avons souvent des œillères invisibles, j’ai d’abord pensé, bien à regret, à l’arrêter complètement pour récupérer quelques précieuses heures. Mais une lectrice fidèle m’a soufflé une solution plus satisfaisante : pourquoi ne pas passer d’un rythme hebdomadaire à un rythme mensuel ? Evidemment ! Si j’avais encore des doutes, une rencontre en clôture de la conférence sur la psychologie positive m’a convaincue que je veux continuer. Une doctorante en Sciences de l’homme et de l’environnement à l’université de la Réunion avec qui je parlais de sa recherche sur les activités de pleine nature et la passion me dit qu’elle connaît mon blog et s’en est servi. Un de ces micro-moments où je me sens reliée par des liens souvent invisibles, parfois révélés, à des lecteurs que je ne connais pas. C’est décidé : à la rentrée, Le bonheur devient mensuel.

Roger Ulrich et Teresia Hazen, trois nouvelles études dans les cartons

Pour vous laisser sur une note positive à savourer cet été, sachez que Roger Ulrich, l’auteur de la fameuse étude View through a window may influence recovery from surgery publiée dans Science en 1984, travaille avec l’hortithérapeute Teresia Hazen sur trois nouvelles études ancrées dans les jardins de l’hôpital Legacy Health de Portland en Oregon. Au carrefour du stress, de la nature et des soins, les trois études se penchent sur des futures mères et leurs bébés, sur les proches qui visitent un malade en soins intensifs et sur les infirmières. La dernière fois que j’ai vérifié, les résultats n’avaient pas encore été publiés. En attendant, on peut écouter Roger Ulrich qui est aujourd’hui professeur d’architecture au Center for Healthcare Building Research de l’université de technologie de Chalmers en Suède, exposer ses idées sur la conception de meilleurs hôpitaux dans cette interview radio sur OPB. Et lire cette interview de Teresia Hazen sur le site de Nature Sacred qui a participé au financement de l’étude lancée en 2013.

 

Terrace-Garden-at-Legacy-Emanuel

Un des jardins à Legacy Health à Portland, accessible aux futures mamans et à leurs visiteurs.

 

Je vous souhaite un bel été.