Symposium Jardins & Santé 2017 : un symposium fédérateur 1/2

Trois semaines après la clôture du symposium de Jardins & Santé, il est temps de faire un point. Le morceau est trop gros : il faudra bien deux billets pour en faire le tour. L’association s’apprête à mettre en ligne certains enregistrements (la conférence comme si vous y étiez !) et une étude réalisée par des élèves directeurs de l’Ecole des hautes études de santé publique (EHESP) de Rennes sur les aspects juridiques et politiques publiques de la mise en place de jardins dans les établissements de santé. A retrouver sur le site de Jardins & Santé.

Comme les autres années, le symposium a permis de sortir des frontières et de rencontrer des porteurs de projets intéressants venus de toute la France. Ca continue à bouillonner. Ca bouillonne même de plus en plus, avec les mêmes frustrations : la formation, la reconnaissance, le besoin d’évaluation, ces trois aspects étant intiment liés. D’ailleurs, le symposium 2017 restera peut-être dans les mémoires comme celui où une bonne dizaine d’acteurs ont posé les premières bases pour créer une fédération dans le but de promouvoir les jardins qui soignent et apportent du bien-être. Plus sur ce sujet très bientôt sans doute.

Voici un bref aperçu, nécessairement parcellaire, de quelques interventions de la première journée. Dans 15 jours, la suite.

  • Annie Pollock, architecte paysagiste du Dementia Center HamondCare, a présenté les régulations britanniques qui impactent la réalisation de jardins thérapeutiques: régulations sur la construction, sur la sécurité, sur le handicap.
    • « Design enables or disables people », dit-il.
    • Les paysagistes doivent comprendre les besoins des personnes (personnes âgées dans son cas) et ne pas créer pour se faire plaisir.
    • On signale son livre « Designing Outdoors Spaces for People with Dementia ».

 

  • Le rapport de l’Ecole des hautes études de santé publique: on attend avec impatience la mise en ligne du rapport. A signaler que l’EHESP abrite un Jardin des Potes Agés où se rencontrent élèves de l’école et résidents d’une maison de retraite. Un bon signe !
    • Le jardin thérapeutique n’a pas d’existence juridique (en Argentine, si!).
    • Manque de soutien à travers les politiques publiques. Certains plans pourraient se transformer en appuis pour le jardin (loi 2015 sur l’adaptation de la société au vieillissement par exemple).
    • Pour mettre en place un jardin, les directeurs d’établissements peuvent prendre la loi comme soutien (projet d’établissement, le règlement intérieur, le contrat de séjour) ou comme contrainte (pas de disposition spécifique, assurances, responsabilité, bénévoles et associations, PLU, droit des plantes, choix de plantes/toxicité).
    • Si le jardin est trop normé, on risque de l’aseptiser.
    • Est-on toujours dans le thérapeutique? Le jardin participe aussi au social et au bien-être.

 

  • Bram de Boer, docteur en psychologie de l’Université de Maastricht, travaille depuis plusieurs années au sein du Living Lab of Ageing and Long-Term Care. Il vient de terminer une thèse de doctorat sur la prise en charge de la démence dans différents types d’établissements dont les très originales « green care farms ». Il en existe un millier en Hollande, dont quelques-uns ouverts 24h/24 pour accueillir les personnes âgées. La philosophie : un modèle psychosocial du soin, une approche centrée sur la personne avec des activités chargées de sens dans un environnement familier et à taille humaine. Dans ces « green care farms », un soignant accompagne 7 résidents. La qualité de soins y est comparable, mais la vie est plus active.

 

  • Tatiana Theys (directrice de la Communication et du Mécénat des Hôpitaux universitaires Saint-Louis, Lariboisière, Fernand Widal) a partagé ce constat ahurissant. « J’ai essayé par le prisme de la recherche universitaire, mais un un rhumatologue m’a dit qu’il n’était pas intéressé même si on peut diviser les antalgiques par deux. L’évidence-based medecine ne marche pas nécessairement le mieux. Il a fallu convaincre par d’autres arguments. »
    • Prendre le jardin comme frontière entre la ville et l’hôpital, faire rentrer les gens bien portants dans l’hôpital et faire sortir les malades.
    • Un autre prisme d’entrée est le développement durable.
    • Des médecins s’intéressent au jardin à cause de l’explosion des pathologies pulmonaires dans les villes.
    • Pour rentrer à l’hôpital, penser plus large que le jardin thérapeutique et s’affranchir des problèmes d’espace quand pas de place pour un jardin.

 

  • La fondation Médéric Alzheimer est en train de réactualiser son rapport sur les jardins qui date de 2013 (Olivier Coupry est le porteur de ce projet).
    • Les équipes ne formulent pas nécessairement des objectifs thérapeutiques (c’est parfois un mot clé pour des financements). Mais on peut observer des effets pouvant être thérapeutiques. Ces jardins visent un mieux-être.
    • Il constate une prise de conscience grandissante dans le monde gérontologique même si on limite encore la liberté de circuler, surtout pour les personnes avec troubles neurocognitifs.

 

 

  • Décidemment, les docteurs en psychologie étaient en force cette année. Jérôme Pélissier a réveillé la salle avec un discours détonnant.
    • Arrêtons d’être dans le sécuritaire: il est plus facile d’imaginer et craindre une chute,que l’isolement qui fait de beaucoup plus gros dégâts.
    • Patient : prise en compte de l’autonomie. D’où le besoin de participation. La culture soignante et paysagiste : on forme les gens à une expertise, mais pas à rencontrer les gens avec lesquels ils font travailler.
    • Il n’y a pas de moyen pour les personnes âgées.
    • Les Ephad sont en train de se transformer en maisons spécialisées dans la maladie d’Alzheimer. On n’y fait pas la même chose qu’il y a 30 ans. On incite les soignants à faire un jardin, mais on ne les aide pas à comprendre de quoi on parle. Ca concerne la gérontologie de façon générale. Au passage, gérontologie =tout ce qui concerne la vieillesse, bonne et mauvaise santé. Gériatrie = la médecine des personnes âgées.
    • On signale, s’il en est encore besoin, son livre « Jardins thérapeutiques et hortithérapie » et son site qui continue à s’étoffer, notamment de présentations de spécialistes du jardin de soin.

 

L’association présentait le livre de témoignages qu’elle vient de publier : « Jardins & santé : des thérapies qui renouent avec la terre » (2017, Petit Génie – La nef des livres). On peut le trouver en ligne.

Dans 15 jours, la suite des présentations.

Romane Glotain murit son projet de jardin de soins

En mai 2016, nous avions fait connaissance avec Romane Glotain, jeune diplômée en production horticole qui venait de faire grande impression au Concours d’Avenir de la Fondation Truffaut avec un projet très abouti. Depuis 18 mois, elle n’a pas chômé. Après un Service Civique dédié à la création d’un jardin de soins en milieu psychiatrique, elle vient de se lancer avec enthousiasme dans une licence professionnelle dans le domaine du social et de l’animation. Autant de briques qui ont pour but d’enrichir le projet qui lui trotte dans la tête depuis plusieurs années : lancer un jardin de soins pour accueillir des publics vulnérables du côté de Nantes. Elle nous raconte…(Pour joindre Romane, romane.glotain (at) gmail.com).

 

 

Je tiens avant tout à me présenter : Romane Glotain, 20 ans et nantaise. Il y a maintenant quelques années que je tiens à réaliser mon propre projet professionnel : celui de créer un jardin de soins entre Nantes et St-Nazaire en Loire-Atlantique, pour accueillir des publics vulnérables (enfants, personnes âgées, handicapés, personnes anxieuses…) afin de leur proposer des ateliers à médiation, c’est-à-dire des animations en complément de leurs soins conventionnels grâce à un support qui est le jardin et le végétal en général. C’est ce qu’on nomme l’hortithérapie. Vous vous demandez sûrement d’où vient l’idée ?

 

Remontons il y a 6 ans. A mon arrivée au lycée Jules Rieffel de Saint-Herblain (44), je me suis investie pendant mon temps libre au sein d’une association d’élèves écoresponsables où étaient proposé divers projets liés au développement durable. Un projet m’attirait plus que les autres, celui du « Jardin pour tous » qui consistait à proposer des ateliers « jardin » à des personnes âgées atteintes de la maladie d’Alzheimer, deux fois par mois au sein d’un jardin de soins dans l’enceinte du lycée. Le jardin était un lieu pour accompagner, créer du lien, travailler les cinq sens et la mobilité chez ces personnes devenues dépendantes. J’ai suivi ce projet avec d’autres élèves pendant trois ans en me rendant compte que le lien entre l’humain et le végétal était indispensable et amenait beaucoup de bien-être. C’est la devise de l’hortithérapie… et c’est devenu la mienne ! On m’a toujours répété que mon futur métier devait être une passion pour que je puisse m’y épanouir. A cette époque, j’avais trouvé ce métier qui n’a jamais changé jusqu’au moment où j’écris ce texte.

J’ai poursuivi par un BTS en Production Horticole au lycée du Fresne d’Angers (49) que j’ai obtenu en 2016 et grâce auquel j’ai pu acquérir des connaissances dans la détermination des plantes, les conditions de culture …J’ai eu aussi la chance de remporter le concours national « Projet d’avenir » de la Fondation Truffaut dont le but était de proposer un jardin de soins pour un public spécifique sur dossier et à l’oral. Un vrai coup de pouce pour booster mon réseau, mes financements et mon projet en général.

Le Service Civique : un détour très utile

Tout me réussissait jusque là… J’ai voulu poursuivre par une licence professionnelle « Techniques d’intervention et d’animation psychosociales auprès des publics vulnérables » qui était proposée à Tours pour avoir des connaissances sur les différentes pathologies entre autres. Malheureusement, je n’ai pas été retenue à cette formation et je me retrouvée lâchée, sans rien…Dur, dur quand tout est planifié dans sa tête et que la ligne dévie…

J’avais entendu parler du Service Civique, certes. Mais pour moi la formation avait plus de valeur et d’importance… Bien sûr, j’ai navigué quelques jours sur le site à taper tous les mots clés possibles pour trouver une mission qui me conviendrait. Et j’ai trouvé « THE » mission : « Participer à l’accompagnement des personnes en situation de handicap : participation à la promotion d’une démarche écocitoyenne par la création d’un jardin potager ». Je m’y retrouvais complètement tant pour l’objectif que je m’étais fixé professionnellement que pour mes valeurs personnelles.

Direction la Sarthe dès le mois de septembre 2016. L’Établissement Public de Santé Mentale de la Sarthe basé à Allonnes (72) m’intégrait dans une mission de 10 mois au Mans (72) au sein d’ un foyer de vie pour handicapés mentaux accueillant au quotidien 30 résidents. Le but était d’aménager un jardin sur les extérieurs du foyer et de proposer des animations en lien.

Je vous avoue qu’il n’est pas facile de se retrouver confrontée à des personnes qui souffrent de symptômes psychotiques et de schizophrénie du jour au lendemain même si les résidents étaient très accueillants et l’équipe (aides médico-psychologiques, cadre de santé, une tutrice monitrice-éducatrice et secrétaire) très à l’écoute.

Il n’était pas facile non plus pour les résidents de situer mon rôle qui n’était pas celui de soignante. Mais très vite, j’ai proposé des plans de jardin avec des résidents et une équipe très ouverte me laissant autonome sur le projet. Je l’ai réalisé en fonction des envies des résidents. Au fil des mois, un verger est apparu, des framboisiers, une palette d’aromatiques… Jordan, également Service Civique au sein de l’EPSM m’a prêté main forte pendant 4 mois pour construire un compost, installer une arche d’entrée…

S’en est suivi une aide précieuse d’un collègue Aide médico-psychologique qui a pris le relais et m’a soutenue dans le projet pour construire une tonnelle en bois, des bacs à hauteur pour les personnes les plus fatigables, une terrasse en bois pour poser des transats, une serre à tomates et qui m’a surtout apporté son regard en tant que soignant.

10 mois pour créer un jardin en psychiatrie

J’étais venue au foyer pour lancer le projet, mais je comptais sur les résidents pour s’y impliquer et aménager leur jardin ! Celui-ci devait être varié et surtout adapté à la maladie. Tout était délimité (carré potager, bordures autour de la jachère fleurie…) avec différentes zones observables. Les délimitations, le choix des végétaux, les aménagements ont été très importants dans la construction du jardin. En effet, la maladie mentale fait perdre conscience de son environnement et les personnes se retrouvent vite dans leur bulle.

« Tu travailles avec des schizophrènes ? T’as pas trop peur ? » Combien de fois ces questions m’ont été posées lorsque j’expliquais mon Service Civique. J’ai pu remarquer que la maladie mentale, que certains appelleraient « la folie », fait peur, très peur… et c’est quand on côtoie un public comme celui-ci qu’on a une véritable envie de prouver le contraire à son entourage. Le handicap mental reste encore trop tabou et surtout beaucoup trop occulté par rapport au handicap physique que ce soit dans l’esprit des personnes, dans l’aménagement de l’environnement, dans la sensibilisation…Au final, qu’est ce que le handicap ? Une inadaptation, un frein face à notre environnement et aux codes de notre société… C’est la définition… en y réfléchissant, nous avons donc tous un handicap à un degré plus ou moins élevé…

Les résidents étaient sans emploi, et le temps qu’ils passaient à fumer, et à déambuler dans les couloirs, envahis par leurs pensées m’exaspérait ! Le fait de les impliquer dans le projet permettait de travailler entre autres sur la dépendance au tabac ;  « T’as vu Romane, j’ai pas fumé de toute la matinée ! » me disaient certains gros fumeurs qui m’aidaient à jardiner. J’essayais aussi de proposer des animations collectives et individuelles adaptées aux capacités physiques et intellectuelles de chacun pour que le plus grand nombre de résidents participent au projet (herbier en intérieur, plantations de fraisiers, gros travaux…). Certains y venaient tout l’après-midi, d’autres passaient seulement observer…Je n’imposais rien.

On travaillait donc beaucoup sur l’anxiété (très présente chez les résidents), sur le lien social, la concentration… plusieurs fois j’ai pu observer des résidents s’entraider à porter des sacs de terreau, à pousser la brouette alors que dans l’enceinte du foyer ils ne s’adressaient jamais la parole ! Les résidents étaient vraiment autres au jardin et ça c’était formidable ! Certains ont surpris l’équipe pendant ces 10 mois, les réunions permettaient d’en parler.

Je ne dis pas que tout était rose tous les jours, il faut s’attendre à des réactions surprenantes de la part des résidents, à des moments de la journée qui font qu’ils sont moins ouverts, lunatiques, des moments où la maladie reprend le dessus. Il a fallu s’y adapter. C’était aussi leur apprendre à s’engager dans des tâches quotidiennes de jardinage (arrosage, désherbage,…) et à les pousser au-delà de leurs capacités qu’ils se délimitent. Les récoltes des premières salades, le fleurissement des massifs… Tout cela apportait de la satisfaction, du partage, du bonheur simple !

 Un jardin de soins pérenne

Pour la pérennité du projet, je fais confiance à l’équipe pour continuer à accompagner les résidents au jardin qui est un véritable support de soins, oui de soins ! Je me souviens au tout début d’une dame psychotique qui avait participé à la décoration du foyer avec des éléments de l’automne ramassés dans un bois lors d’une sortie ; le sourire que je n’avais jamais vu auparavant lorsqu’elle a vu les châtaignes était juste magique ! Pour vous donner un autre exemple, un résident plus jeune était toujours scotché au chauffage ou en train de déambuler dans les couloirs, très perturbé par sa maladie… Au bout de 3 mois de travaux dans le jardin, il est sorti me voir, m’a bombardée de questions sur les plantes, le jardinage, et m’a même aidée à passer le râteau dans le potager, une grande surprise de la part de ce résident ! Et puis c’était aussi simplement réapprendre à tenir un arrosoir pour certains…

Grâce à mon volontariat, j’ai pu aussi être lauréate de l’Institut de l’Engagement qui est une association aidant spécialement les Services Civiques à réaliser leur projet. Je vais être suivie pendant deux ans dans la création de mon entreprise. J’ai pu rencontrer beaucoup de jeunes ayant des différents projets. L’échange était riche lors du dernier regroupement qui était à Autrans (38) avec plus de 300 jeunes !

Le service civique a été une expérience très enrichissante, m’a permis de découvrir le monde de la psychiatrie et son quotidien, m’a fait connaître des professions, a permis de découvrir mes capacités à aménager un jardin pour un public spécifique et a confirmé mon envie de réaliser mon projet professionnel.

Je vous avouais au début que je n’étais pas motivée à m’engager en Service Civique et aujourd’hui je me dis : « heureusement que je me suis engagée ! » J’en retiens une expérience formidable et qui m’a sans doute grandement aidée à être acceptée à la licence que je convoitais à la sortie de mon BTSA. Je valoriserai forcément mon expérience à travers mon métier d’hortithérapeute et j’aurai l’expérience pour pouvoir accueillir, animer, appréhender la maladie dans de bonnes conditions.

Je profite de ce témoignage pour remercier Gwenaëlle, ma tutrice qui m’a portée jusqu’au bout de ma mission et qui a rempli son rôle avec professionnalisme ! Merci au reste de l’équipe, aux collègues qui m’ont suivie et aidée pendant ces 10 mois et merci aux résidents pour leur énergie folle qui a permis de voir naître le jardin « Maux et merveilles » au foyer, mais aussi pour leur amabilité, sans oublier leur humour…J’espère autant qu’il pourra leur apporter sérénité et bonheur aussi longtemps que possible. Le jardin est un lieu formidable pour faire face aux difficultés du quotidien. Aujourd’hui il devient un véritable support d’accompagnement, un lieu d’apaisement, un lieu pour oublier la maladie tout simplement …

Prochaine étape, une licence en animation

Tourangelle depuis septembre, je suis les cours de l’université François Rabelais en licence professionnelle « Techniques d’intervention et d’animation psychosociales auprès des publics vulnérables » et… j’adore ! Après un BTS en Production Horticole, je souhaitais avoir une formation dans l’animation, le social pour mener à bien mon projet professionnel. Je vous avoue que ça me change des plantes et qu’il a fallu un peu d’adaptation mais j’en vois la complémentarité.

Je suis des cours de méthodes d’éducation actives, de psychologie, gérontologie (dépression, maltraitance), méthodes d’animation, évaluation, avec des professeurs et des intervenants extérieurs qui partagent leurs expériences très enrichissantes. Mon mémoire portera sur l’utilité des jardins de soins en psychiatrie et mon stage se déroulera auprès d’enfants handicapés moteurs au sein d’un IEM (Institut d’Éducation Motrice).

En plus des cours, j’ai pu acquérir depuis peu le statut d’étudiant-entrepreneur qui me permettra de bénéficier de formations dans la création d’entreprise et d’un accompagnement… en plus de l’aide de mon parrain et de ma chargée d’accompagnement de l’Institut de l’engagement. Je confirme aujourd’hui que l’accompagnement et le réseau sont des points essentiels à la création d’un projet ! En effet, le projet avance à grand pas ces temps-ci, même si je me laisse le temps de le monter… J’espère donc au prochain billet vous inviter à se rencontrer au jardin !

Pour joindre Romane Glotain, romane.glotain (at) gmail.com

 

Les jardins de soin comme objets d’étude

En France, des étudiants – de la licence à la thèse de doctorat – s’intéressent aux jardins de soin. En voici quatre exemples récents. Un bon signe, non ?

 

« L’hortithérapie, pratique thérapeutique non médicamenteuse, humaniste et innovante »

Sabrina Serres, par ailleurs lauréate du concours de la Fondation Truffaut cette année, a choisi le thème de l’hortithérapie pour son travail de fin d’études dans le cadre de la licence ABCD (Conseil et développement en agriculture biologique) qu’elle vient d’obtenir en septembre 2017. Voici son mémoire « L’hortithérapie, pratique thérapeutique non médicamenteuse, humaniste et innovante ». C’est un beau travail qui centralise énormément de rappels et de perspectives utiles pour ceux qui découvrent les jardins de soin et ceux qui sont convaincus de longue date. Bravo pour cette reprise d’étude. Et merci pour cet enthousiasme au service de cette pratique « qui nourrit le cœur et le corps » et qui permet « à des personnes en situation de fragilité de se sentir accompagnées par notre « Mère Nature », de se sentir entourées ou soutenues par elle », comme l’écrit Sabrina.

 

« Dans un jardin de soin, les patients cérébro-lésés cultivent-ils aussi des ressources psychologiques ? »

Voici un moment d’auto mise en avant un peu délicat. Dans le cadre de mon master 1 de psychologie, j’avais choisi de travailler à la Maison des Aulnes dont nous avons plusieurs fois visité le jardin sur ce blog, en particulier à travers l’expérience de son super animateur Stéphane Lanel. Ce mémoire de recherche s’intitule « Dans un jardin de soin, les patients cérébro-lésés cultivent-ils aussi des ressources psychologiques ? » Cette semaine, j’ai eu le plaisir d’aller présenter les résultats (qui n’ont pas nécessairement validé mes hypothèses) aux résidents, à l’équipe soignante et à quelques invités qui entretiennent des liens étroits avec le jardin. Deux choses m’encouragent : les réactions des résidents qui comprennent si bien le jardin et son intérêt, mais aussi Stéphane qui pense que le projet « aura, sans aucun doute, lancé une réflexion au sein de l’établissement sur la nécessité d’aller plus loin dans l’évaluation des bienfaits du jardin pour les résidents ». Allez-y, foncez !

 

« Intégration d’un jardin thérapeutique en établissement accueillant des personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer et troubles apparentés »

Il y a un an exactement, je vous parlais du mémoire de Master 1 en Promotion et Gestion de la Santé soutenu par Arnaud Kowalczyk à l’Université de Tours en juin 2016. Vous pouvez le lire ici. Le rôle de l’institution reste indispensable pour faire avancer les choses.

 

« Les jardins thérapeutiques »

Un titre tout simple. Fin 2016, Romain Pommier a soutenu sa thèse « Les jardins thérapeutiques ». Interne en psychiatrie, il a initié le « Jardin des Mélisses » au CHU de Saint-Etienne dont il nous avait parlé lors de son inauguration. Le Jardin des Mélisses continue à vivre sa vie, y compris en hiver grâce à une toute nouvelle serre, et France Pringuey continue à y donner des formations aux équipes déjà très mobilisées. Voici un nouveau psychiatre absolument convaincu de l’intérêt des jardins thérapeutiques ! Sa thèse n’est pas disponible en ligne. Mais une publication résumant ses travaux doit paraitre très prochainement dans la revue psychiatrique Annales Médico-psychologiques… J’essaierai de partager la publication le moment venu.

 

« Port-Royal des Champs, haut lieu de mémoire : étude des jardins et des paysages culturels »

C’est un bonus. Cette autre thèse de doctorat d’histoire ne parle pas de jardins de soin proprement dit. Mais pour qui a déjà visité Port-Royal des Champs et eu le plaisir de converser avec Sylvain Hilaire, quel cadeau. Félicitations à Sylvain qui a soutenu sa thèse brillamment la semaine dernière, thèse entre les Universités Paris XIII/Sorbonne Paris Cité et Versailles St-Quentin/ Paris-Saclay, sous la direction de Marie-José Michel et Grégory Quenet. En voici le résumé.

Signalons aussi son « Etude-Bilan sur les expériences des jardins d’Utilités de Port-Royal des Champs » réalisée pour la Fondation de France (Prix Déclics-Jeunes) en 2005. Parmi ses jardins d’utilités, les expériences de jardin-thérapie menées à Port-Royal des Champs (Nicole Brès nous en avait parlé).

 

Symposium Jardins & Santé : 13-14 novembre 2017 à Paris

Les Américains ont le congrès de l’American Horticultural Therapy Association (il s’est tenu il y a quelques jours dans le Vermont). Les Français ont le symposium de Jardins & Santé. A ma connaissance, c’est la seule rencontre en France qui concentre autant de convaincus du jardin de soin, du jardin à visée thérapeutique, tout simplement de la nature comme médiation thérapeutique. Il n’existe pas d’autre forum où se retrouve cette discipline extrêmement dispersée en termes de géographie, de lieux d’intervention, de typologies de bénéficiaires et d’animateurs,…Une discipline qui peine toujours à jouir d’une pleine reconnaissance malgré un corpus impressionnant d’études sur l’efficacité et un engouement qui continue à monter en puissance depuis des années en France.

Le symposium se tient traditionnellement tous les deux ans. En 2016, il avait fallu en faire son deuil. Jardins & Santé n’avait pas pu organiser de symposium cette année-là, faute de ressources humaines suffisantes. Il faut dire que mettre sur pied un rendez-vous pour 170 participants et 40 intervenants français et étrangers (les chiffres de l’édition 2014) n’est pas une mince affaire. C’est donc avec une certaine impatience que j’attends la version 2017 qui se tiendra à Paris les 13 et 14 novembre. En toute transparence, je précise que j’ai été invitée à intervenir sur le thème de l’évaluation des jardins thérapeutiques.

Voici le programme.

Côté pratique, le coût de l’inscription est de 250 euros (possibilité d’inscription au titre de la formation continue – entreprise et administration), avec un certain nombre de places à 50 euros disponibles pour les étudiants.  Le symposium se tiendra au 6 rue Albert de Lapparent, dans le 7e arrondissement. Inscriptions en ligne.

 

 

Dans les Yvelines, le CH Théophile Roussel multiplie les jardins

Montesson jardin

Une partie du parc et jardin de soin au CH Théophile Roussel à Montesson, en fin de journée cet été.

 

Pour ce billet de rentrée, je vais laisser la parole à Didier Sigler. J’ai rencontré Didier pour la première fois à l’automne 2012 chez Anne et Jean-Paul Ribes. Ce charmant déjeuner, suivi d’une visite au jardin d’Epi Cure à la Maison des Aulnes, incluait également Rebecca Haller, la directrice du Horticultural Therapy Institute de Denver. Depuis, je croise Didier régulièrement, en particulier lors de la finale du concours de la Fondation Truffaut et il me donne des nouvelles des initiatives de jardins de soin qui se multiplient au sein du Centre Hospitalier Théophile Roussel à Montesson (78) où il est – attention, prenez votre souffle – coordonnateur général des activités de soins et directeur de la qualité et de la gestion des risques, sécurité et standard.

Pour présenter ce qui se fait aujourd’hui au CH Théophile Roussel, Didier Sigler m’a donné la permission de partager cet article publié dans le Théophilien, le journal interne de l’hôpital. Vous allez voir qu’il s’en passe des choses à Montesson ! Vous pouvez aussi lire cet article sur le site 66 millions d’impatients, émanation de l’Union nationale des associations agréées d’usagers du système de santé.

Il est intéressant de noter que l’hôpital est par ailleurs actif en matière de politique culturelle. Il est en effet de nouveau lauréat pour l’édition 2016-2018 du « Label Culture et Santé» qui est décerné par l’Agence Régionale de Santé et la Direction Régionale des Affaires Culturelles Ile-de-France.

Pour une mise à jour de toute dernière minute, sachez également que Didier Sigler donnera une présentation sur la place de l’hortithérapie au CH Théophile Roussel lors de la 16e édition du Congrès de L’Encéphale en janvier 2018 au Palais des Congrès à Paris. A côté des thérapeutiques du futur, de l’homme augmenté, des applications des nouvelles technologies, de la place des start-up, de l’apport du neuro-feedback ou encore de l’identification de nouveaux bio-marqueurs cérébraux, on parlera donc aussi de jardins qui soignent les patients à ce prestigieux congrès de psychiatrie.

De plus, Didier a œuvré une bonne partie de l’été avec la Fédération Hospitalière de France pour que le CH Théophile Roussel accueille des jeunes volontaires en Service Civique. Avec en particulier deux fiches de mission, l’une fléchée écothérapie (animation autour d’un parcours santé – observations, découverte de la nature, la flore et la faune au sein du parc de 30 hectares de l’hôpital) et l’autre hortithérapie (accompagnement, animation du jardin de soins Hortithérapie). Un moyen de démultiplier les effets des jardins et de la nature, dans la lignée de l’expérience de Romane Glotain (elle nous racontera cela dans un billet très prochainement). Didier Sigler déborde d’idées et il a la particularité de les mettre en œuvre rapidement, avec une persévérance de longue haleine remarquable.

En conclusion (temporaire, car nous reparlerons très certainement de Didier et de l’hôpital de Montesson), il note que les jardins participent grandement au rapprochement entre les patients, les soignants et les jardiniers. « Le jardinier référent de l’hortithérapie, un homme très réservé, est très content. Il m’a dit récemment : « Je me sens utile pour les patients et ils viennent me parler » ».

Et cette photo pour le côté souvenirs et nostalgie.

Rencontre Maule 2012

Belle rencontre à Maule en 2012. De gauche à droite : Stéphane Lanel, Jean-Paul Ribes, Anne Ribes, moi de dos, Rebecca Haller, Didier Sigler (avec le fils de Rebecca et le mien…).

 

Nature en ville : le syndrome du manque de nature

Cette semaine, la parole à Nicole Brès Laprade qui mérite le titre de jardinière-exploratrice tant elle aime partir à la découverte de nouveaux endroits, de nouvelles personnes qui participent au rapprochement des êtres humains et de la nature. Vous pouvez joindre Nicole (natureenvilletherapie (at) gmail.com).

 

 

Ce mois de juillet m’a permis de découvrir deux initiatives pour lutter contre le syndrome du manque de nature en région parisienne. Je vous en parle ?

Le Jardin du Monde de la Cité Internationale Universitaire de Paris

Début juillet, la sortie d’été avec mes résidents de Simon de Cyrène Vanves s’est faite à la Cité Internationale Universitaire de Paris (CIUP). Dans le parc du campus (34 hectares), à côté de nouvelles plantations, les étudiants ont créé un jardin partagé. Entièrement conçu et aménagé en 2015 par les étudiants de la Cité Internationale, il répond à un objectif principal : créer un nouveau lieu de rencontre comprenant une dimension environnementale et pédagogique.

Olivier nous en a ouvert la porte et fait la visite. Il habite à la CIUP et étudie à l’école d’AgroParisTech. En plus, Olivier a choisi de faire un Service Civique dans les écoles quelques heures par semaine. Envoyé dans le plus gros collège du centre de Paris, sa mission fût de sensibiliser les collégiens à la Nature. Ces enfants du béton et du web avaient peur d’une fourmi et ne voulaient pas toucher la terre. Patience et connaissances furent les outils d’Olivier. Dans la cour bétonnée, des jardinières ont été installées et, à la fin de l’année, certains collégiens parlaient de biodiversité et de plantes nourricières !

A la CIUP, le jardin est devenu un lieu de rencontre apprécié. Le compost regorge de nourriture apportée par les différentes maisons (la Cité Internationale compte 40 maisons et 5 800 chambres). Du houblon a été planté en collaboration avec Houblon de France. Le jardin semble coller parfaitement à l’esprit des lieux (« La Cité internationale poursuit le rêve utopiste de ses fondateurs et offre à ses résidents un espace d’échange qui favorise la tolérance et la réflexion », indique le site).

 

Into the woods

A la mi-juillet, j’ai découvert le site « intothewoods.fr ». J’ai flashé sur la proposition de Caroline Guy d’immersion dans la nature pour lutter contre le syndrome du manque de nature. Et je suis allée la voir à Pailly dans l’Oise. Autodidacte, elle se réjouit d’avoir aujourd’hui trouvé comment œuvrer pour « protéger l’innocence qui émane à la fois des enfants et de la Nature. » Cela passe par l’observation et l’écoute bienveillante.

Elle propose donc des semaines de « jeu libre et activités » avant de pouvoir ouvrir son jardin d’enfant. Ces temps de vacances sont l’occasion d’envoyer nos enfants « grandir en Nature » chez Caroline Guy. Elle accueille les enfants entre 6 et 10 ans dans la forêt à côté de chez elle à Pailly. C’est un immense terrain de jeu où les petits aventuriers sont accompagnés, mais pas guidés : Caroline les laisse s’imprégner du lieu à leur rythme, sans obligation mais avec beaucoup d’attention. La seule règle est : « Ici, tu vas où tu veux du moment que tu peux me voir. Si tu me vois, je te vois. »

Laisser nos enfants en liberté nous demande de vaincre nos peurs et d’avoir confiance en eux. Dans la Nature bienveillante, les enfants s’amusent et s’autonomisent. Caroline a accueilli un enfant très introverti qui n’avait jamais été en forêt : après une journée, ses parents ont vu un changement positif. C’est lui qui, depuis, les entraîne à sortir de leur logement.

Cédric Gratia, jardinier dans des écoles maternelles écrivait : « Personnellement, je suis d’avis que partir des enfants est un excellent moyen pour sensibiliser le plus grand nombre de personnes aux bienfaits d’un jardin et de la nature en général. » (Groupe Jardins de soin sur Facebook, 14 juin).

Savez-vous qu’en France il est plus facile d’ouvrir un jardin d’enfants qu’une école maternelle ? Les expériences de Caroline dans des écoles « normales» ont fortifié son envie de créer un jardin d’enfants dans la nature. Elle est inspirée par le travail de Céline Alvarez (« Les lois naturelles de l’enfant » ), par la méthode pédagogique Steiner- Waldorf et par le réseau « école et Nature ». Son travail évoque également celui de Richard Louv, l’auteur de « Last child in the woods : Saving Our Children From Nature-Deficit Disorder » (2005). Caroline a tissé son réseau de créateur d’école et construit petit à petit son projet. Nous lui souhaitons de le réaliser rapidement pour faire grandir en Nature plein de petits aventuriers des bois bien dans leur corps et dans leur tête…

Je vous souhaite un bel été, le cas échéant avec vos enfants et petits-enfants, et en compagnie de Dame Nature évidemment !

 

Je vous souhaite un bel été, le cas échéant avec vos enfants et petits-enfants, et en compagnie de Dame Nature évidemment !

Références :

https://www.facebook.com/jardin.du.monde.ciup/

http://allianceinternationale.org/cite-internationale-universitaire-de-paris/naissance-du-jardin-collectif-de-la-cite/

http://www.into-the-woods.fr/

https://www.celinealvarez.org/17-videos-pour-demarrer

http://reseauecoleetnature.org/system/files/le_syndrome_de_manque_de_nature-130925.pdf

Une journée dans les jardins de soin de la région Paca

Je laisse avec grand plaisir la parole à Carole Nahon pour qu’elle nous raconte un colloque extraordinaire auquel elle a participé le 30 juin 2017. Un billet écrit « à six mains » comme le dit joliment Carole, puisque France Pringuey et Sébastien Guéret, qui présentaient eux aussi leur travail et leurs réflexions lors de ce colloque, ont apporté leur contribution. Merci à tous les trois de nous faire vivre cet événement de l’intérieur et aux organisateurs d’avoir pris l’initiative de ce rassemblement et d’avoir réalisé une capture sonore. Vous pouvez joindre Carole (nahoncarole (at) gmail.com).

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Le 30 juin dernier j’ai eu le très grand plaisir, la grande fierté aussi, d’assister et d’intervenir au premier Colloque sur les jardins thérapeutiques qui se tenait en PACA. Je pourrais dire…enfin, tant nous attendions un tel événement dans notre région.

Organisé par le CRES PACA (Comité Régional d’Education pour la Santé) à la demande de l’ARS, (Agence Régionale de la Santé), il visait à sensibiliser les personnels des établissements sanitaires et sociaux de la région aux bienfaits des jardins de soin dans ces structures. Nous avons été accueillis dans le très beau Centre gérontologique départemental, où nous attendait un petit déjeuner très sympathique.

Ce qui m’a tout de suite frappée, c’est la chaleur et la bienveillance qui régnaient dans cette assemblée. J’ai retrouvé peu à peu des visages connus, France et Dominique Pringuey, Sébastien Guéret, Bethsabée de Gunzbourg, Marthe, une amie dracénoise dont le père réside à l’Ehpad dans lequel j’interviens. Et aussi Sarah Bertolotti que j’avais accueillie au cours de son épopée des jardins de soin il y a un peu plus d’un an, avec Louise Lastérade. Sentiment d’être dans un jardin de soin c’était bon, même si j’avais les mains un peu moites à l’idée de parler devant tant de personnes inconnues, pour la première fois de ma vie !

Toute la journée je me suis promenée dans un jardin

Celui de Muriel Andrieu-Semmel, responsable du Département Santé Environnement, ARS PACA, qui a conclu son allocution d’ouverture par la lecture d’un passage d’un recueil d’Henri Michaux. Le Professeur Sambuc, Président du CRES PACA, nous a emmenés dans le jardin de Shakespeare qui écrivait « Notre corps est notre Jardin, et notre volonté en est le jardinier ».

Le jardin de France Pringuey est un paysage de Savane qui selon les études scientifiques ouvre les émotions positives, régule le niveau de stress, récupère le niveau d’attention et favorise la créativité, ce qui prouve notre ancrage profond à la Nature, inconsciemment.

https://soundcloud.com/1egal2/allocutions

 

Sébastien Guéret nous a invités dans le jardin des paradoxes, ce jardin qui nous fait du bien mais qui doit rester dangereux car vivant et qui nous incite ainsi à faire attention, à reprendre possession de nos sens.

https://soundcloud.com/1egal2/a-quoi-ressemble-un-jardin-therapeutique-sebastien-gueret-1

Dans le jardin de Valérie Montès, il faut être vigilant pour ne pas être piqué par les moustiques ! Son étude sur la typologie des jardins révèle l’intérêt d’un maintien des trois niveaux de végétation veillant à maintenir le milieu ouvert.

https://soundcloud.com/1egal2/les-precautions-sanitaires-et-environnementales

Le Docteur Carenco, médecin hygiéniste, nous accueille dans son jardin en nous rappelant que « la saleté n’est pas le milieu naturel mais au contraire un milieu complètement artificialisé, un lieu où plus rien ne vit. L’hygiène est une science des équilibres, du maintien de l’harmonie entre l’homme et son milieu. » Pas de plantes invasives, aucune plante allergisante et pas de produits phytosanitaires dans le jardin. Mais si la terre n’est pas sale, elle est porteuse de bactéries qui tuent encore trop de personnes aujourd’hui ! On se lave donc les mains après avoir travaillé au jardin, on lave les outils, on vérifie nos vaccinations anti-tétaniques. Il a enfin rappelé l’intérêt de consommer les plantes cultivées dans le jardin, ce qui peut paraître compliqué dans les établissements de soin.

https://soundcloud.com/1egal2/sssssss

 

Et puis on est entrés dans le Jardin des Sens de Danielle Barilla, art thérapeute et responsable du jardin thérapeutique du Centre qui nous accueillait. Un jardin extraordinaire ! Son travail l’est aussi. Ce n’est d’ailleurs pas son jardin, tant chaque espace est investi de la présence des résidents qui y travaillent.

 

Les jardins d’Amel Daoud, éducatrice à l’atelier thérapeutique de la Belle de Mai, sont nombreux. Elle y accompagne des personnes en souffrance psychique, orientées et suivies par le personnel soignant et elle les aide ainsi à retrouver un sens à leur vie.

https://soundcloud.com/1egal2/amel-daoud

 

En ce qui me concerne, les personnes âgées, parfois désorientées, embellissent leur jardin et retrouvent, le temps d’un atelier, les joies du partage et de la convivialité.

https://soundcloud.com/1egal2/carolenahon

Les Jardins d’hospitalité de Loïc Panzani, éducateur et directeur du Naturoscope, sont vastes et pas toujours autonomes, comme il nous l’a expliqué. Grâce à lui nous avons compris, si nous ne le savions pas encore, qu’un jardin a besoin d’une personne dédiée à son animation (intervenant extérieur ou interne). Il en va de sa pérennité.

https://soundcloud.com/1egal2/loicpanzani

Après le repas pris dans les jardins du Centre, nous avons poursuivi notre visite par les jardins de l’Association Jardin &Santé. Bethsabée de Gunzbourg est revenue sur les dix ans d’appels à projet de l’association et sur son action en faveur des jardins thérapeutiques en évoquant les réussites, les difficultés, les critères de choix d’attribution des bourses.

https://soundcloud.com/1egal2/le-jardin-a-but-therapeutique-contemporain

Enfin, nous sommes entrés dans les jardins de soin de l’Armillaire, du Fil d’argent et celui, en devenir, des Hirondelles à Biot.

Le Jardin de l’Armillaire est un jardin conçu par France Pringuey dans le cloître de l’ancienne abbaye de Saint Pons. Comme tous les jardins que nous avons visités aujourd’hui, c’est un jardin qui apaise, qui aide à la restauration de l’estime de soi. Dans ce jardin, on évalue aussi, scientifiquement, les effets du jardin sur les patients. Le Professeur Dominique Pringuey insiste sur l’importance des évaluations, de la concertation, de l’implication des soignants, des dirigeants des établissements pour la réussite ainsi que sur la nécessité de publier dans les revues scientifiques et médicales pour créer une saine émulation entre les différents acteurs de ce sujet.

https://soundcloud.com/1egal2/temoignages-regionaux

Le Jardin de Philippe Duval, directeur du Centre d’Etude et d’Action sociale du Var, est comme un jardin collectif. Accueil de jour, il est né du constat que beaucoup de personnes soutenues par les services d’aide à la personne de l’association étaient touchées par la maladie d’Alzheimer. Je dis que c’est un jardin collectif, tant il est le fruit de l’entraide, de la générosité, de l’empathie de tous ses acteurs. Au cours de la promenade, Philippe Duval nous explique qu’il est parvenu à organiser et à coordonner trois journées de chantier collectifs avec une soixantaine de bénévoles pour sa réalisation!! Dans ce jardin, on organise des fêtes, on cultive des légumes. Le bâti est en bois, tout est magnifique et nous a semblé à la fois léger et opérationnel.

https://soundcloud.com/1egal2/lefildargent

Fernand Mateo, Directeur de l’Institut médico-éducatif pour enfants polyhandicapés des Hirondelles, à Biot ne nous a pas fait visiter son jardin. Enfin si, il nous a présenté le très beau projet qui n’a pas encore vu le jour, en raison d’un manque de fonds. Avec lui, nous avons touché du doigt les difficultés que les directeurs d’établissements rencontrent pour financer les jardins de soins, malgré le sérieux, la concertation et l’engagement de tous les intervenants. Alors qu’il serait plus logique et confortable pour tous de réaliser le jardin en une seule fois, il envisage aujourd’hui de procéder par tranche.

La journée s’est terminée dans le Jardin des Sens, avec Danielle Barilla. Après toutes ces visites virtuelles de beaux jardins, nous nous sommes réjouis de nous promener pour de bon dans ce jardin merveilleux.

Je remercie chaleureusement France Pringuey et Sébastien Guéret qui m’ont aidée à la rédaction de cet article. Ils ont apporté leur vision de tous ces beaux jardins et m’ont permis d’être la plus complète possible. Allez vous aussi vous promener dans les jardins de soin de ce très beau colloque.

Enfin je dois saluer chaleureusement le CRES PACA ainsi que l’ARS pour la qualité de ce premier colloque. Elodie Pétard, chargée de projets en santé environnementale au sein du CRES a coordonné cette journée avec efficacité et douceur. Chacun de nous est reparti avec un document très complet sur les jardins de soin, réalisé par les documentalistes du CRES.

Vous trouverez ci-dessous le lien qui vous permettra de consulter tous les diaporamas qui accompagnaient les interventions.

http://www.cres-paca.org/r/127/colloque-un-jardin-pour-accompagner-le-soin-juin-2017/