Retour sur projets 2/2

Et voici la suite et fin de ce petit tour d’horizon. Comme prévu, Sarah Bertolotti, Cécile Deschamps, Alain Flandroit et Jean-Luc Valot. Mais aussi quelques surprises. Je vous souhaite un beau printemps, plein de douceur et de nature.

Le Jardin des Hêtres a plusieurs projets sur le feu

Billet d’origine : Sarah Bertolotti et Hélène Camilleri créent le Jardin des Hêtres.

Sarah partage quelques lignes sur l’avancée du Jardin des Hêtres décrit comme un « atelier de création et d’animation de jardins thérapeutiques » ancré à Saint-Péray en Ardèche. Après un an d’existence, elle nous présente les projets en chantier.

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Le carré potager-fleur à Saint-Péray réalisé par le Jardin des Hêtres

« Pour l’Adapei de la Drôme (Association départementale de parents et amis de personnes handicapées mentales) : nous avons réalisé l’esquisse du « jardin thérapeutique pour tous » pour le foyer de vie et la MAS, à Romans sur Isère. Les objectifs : aménager un jardin, réfléchir à l’ouverture sur le monde, l’accueil des familles, du public pour l’organisation d’événement (concerts ?), la mixité des usages, un nouveau regard sur le handicap ! L’esquisse a été remise l’été dernier, l’établissement est à la recherche de subventions pour pouvoir le réaliser.

Dans le cadre d’un concours pour la reconstruction de l’hôpital psychiatrique du Valmont, à proximité de Valence, le Jardin des Hêtres fait partie d’une équipe de maîtrise d’œuvre et est en charge du dessin des espaces extérieurs. Le dialogue compétitif va durer jusqu’en juin. Nous saurons alors si c’est notre équipe qui est choisie pour réaliser le projet…

Pour la maison de retraite Les Opalines de Tournon : aménagement des extérieurs, le jardin de la résidence et le jardin du Cantou. J’aimerais fleurir l’entrée aussi et les « arrières » sur lesquels donnent les chambres, quand même ! Je viens d’avoir une réunion avec l’équipe qui suit le projet, pour la présentation de l’esquisse. C’est un projet passionnant grâce à une équipe très motivée. Et un challenge : comment intéresser, impliquer les équipes soignantes dans ce projet, gage de sa vie future ?

Enfin, un tout petit projet : l’aménagement d’un carré potager-fleur, à Saint-Péray. Tout petit, mais vraiment concret ! Cela fait du bien », conclut Sarah pour décrire les projets.

Quel bilan tire-t-elle de la première année de cette aventure ? « Cette variété de projets, tant par l’ampleur que par la diversité des publics, est un vrai bonheur. Il y a beaucoup de temps de prospection. Pour trouver des projets, je dois contacter les établissements intéressés au bon moment. Il y a beaucoup de projets en attente de financement… et pas beaucoup de jardins finalement réalisés… Est-ce dommage ? Je ne sais pas. Il faut du temps pour faire un jardin, l’attente, le désir, ne font-ils pas partie du processus de création ? »

Cécile Deschamps, une psychologue jardinière

Billets d’origine : un billet de présentation en 2013, puis déjà un point sur les réalisations en 2014, volet 1 et volet 2.

Semis multigénérationnel à la maison de retraite

Trois ans se sont écoulés depuis que nous avions pris des nouvelles de Cécile Deschamps, psychologue à l’hôpital-maison de retraite Etienne Rivié à Saint-Geniez-d’Olt dans l’Aveyron. « Eh bien le jardin thérapeutique vivote… J’ai réduit mon temps de travail sur l’hôpital et il m’est donc par conséquent de plus en plus difficile de porter à bout de bras ce projet pour lequel j’ai très peu de relais. Néanmoins, je continue à l’utiliser pour ma part comme un outil de soin dans ma pratique de psychologue auprès des personnes âgées très dépendantes et présentant des troubles cognitifs ou psychiatriques », raconte-t-elle.

« Je vais très souvent dans le jardin ou dans la salle attenante au jardin et nous nous y installons pour discuter, gratter la terre. Je me forme actuellement à l’hypnose et je pratique souvent dans ce lieu l’hypnose conversationnelle. Ce lieu est une bouffée d’oxygène pour des patients-es qui ont peu l’occasion de sortir de leur unité d’hospitalisation ou de vie, et malgré tous les non aboutissements du projet, ce petit brin de verdure, avec ses imperfections, reste un lieu ressource. Voilà dans l’ensemble où j’en suis de cette expérience riche de jardin thérapeutique. » Elle partage quelques photos prises voici quelques semaines lorsque les enfants du centre de loisirs sont venus faire les premiers semis de la saison. Un jardin qui, en plus, mêle les générations.

En Belgique, un jardin qui tourne bien

Billet d’origine : le démarrage du Jardin du Chêne aux Haies à l’hôpital psychiatrique du même nom en Belgique et l’article publié dans Le Lien Horticole..

Il y a quelques semaines, Alain Flandroit, le créateur du jardin, partageait ces nouvelles : « En automne, j’ai pu réaliser plusieurs plantations avec des plantes d’ombre, de soleil et des bulbes de printemps. Je dois bientôt recevoir des perches de 2 mètres pour réaliser un dôme végétal. Les premiers semis vont bientôt se réaliser et tout va reprendre le cours des choses. On va également essayer de faire une journée festive dans le jardin au printemps. ». Le jardin, lieu de vie et de fête.

Les jeunes de l’IME débordent de projets

Billet d’origine : première rencontre avec Jean-Luc Valot et son équipe de jardiniers à l’IME Le Prieuré à Saint-Vigor près de Bayeux en 2013, suivie par une visite sur place pour Le Lien Horticole.

« Les jeunes et moi-même allons très bien. Nous menons toujours autant de projets (créations de jardins au seroc, travaux sur l’environnement, l’art et les jardins…). Pour le projet poulailler, il est définitivement terminé ( renard , vol). Ce ne fut pas facile à accepter. Cette surface actuellement est en projet, un projet mené par les jeunes du groupe : une zone naturelle au sein d’un parc très structuré avec prairie humide et petit bassin, apport de sculptures. Nous y travaillons au rythme de chacun », rapporte Jean-Luc.

Frédérique Dumas publie un livre

Billet d’origine : on avait découvert les jardins japonais au service de l’hortithérapie dans la pratique de Frédérique Dumas l’année dernière.

Frédérique Dumas livreFrédérique Dumas, outre les ateliers et les voyages au Japon qu’elle organise, vient de publier un nouveau livre : Niwaki et jardins japonais : créer des reflets de la nature (octobre 2016, Eyrolles). Au fil de chapitres intitulés « L’âme du jardin japonais », « L’élaboration d’un Tsuboniwa pas à pas » ou encore « Elever des Niwaki dans un jardin », elle en arrive au sujet de l’hortithérapie et de la niwathérapie. Après avoir décrit les origines et les fondements de l’hortithérapie (« L’hortithérapie utilise l’art du jardin, un outil merveilleux, pour nous aider à entrer en contact avec notre vie intérieure, à nous exprimer et à nous transformer »), elle en vient à sa conception de la niwathérapie. « Je pense que le jardin japonais est le plus bénéfique pour notre santé, de par sa vocation. Il est donc pour moi philosophiquement le meilleur support thérapeutique », écrit-elle.

Frédérique Dumas décrit ses séances, organisées en deux temps : « la première étant consacrée d’une manière très douce à une quête d’informations et une libération du stress émotionnelle sur un thème donné….la seconde partie est consacrée à une réalisation artistique reposant sur le concept de l’atteinte de la guérison au travers de l’acte créatif sur lequel repose toute forme d’art-thérapie. »

Terr’Happy organise une formation les 26-28 juin

Billet d’origine : La rencontre avec Terr’Happy est plus récente.

Stéphanie Personne et Laure Bentze lancent leur première formation. Du 26 au 28 juin, elles accueilleront les participants pour une initiation au jardinage thérapeutique qui se déroulera en partie au Jardin d’Epi Cure à la Maison des Aulnes dans les Yvelines. « Cette formation rassemble une équipe inter-disciplinaire de formateurs, autour d’Anne et Jean-Paul Ribes. Les trois jours se dérouleront essentiellement en extérieur, dans le parc du château d’Agnou (à Maule dans les Yvelines) et dans le jardin de soins de la Maison des Aulnes (Foyer d’Accueil Médicalisé pour personnes cérébro-lésées). Toute une variété d’exercices pratiques sera proposée (techniques de jardinage, ateliers avec les résidents, YoGarden….), afin d’enrichir l’expérience des participants », précise Laure. Toutes les infos sur la formation et l’inscription sur leur site.

 

Recherche et jardin partagé

En parlant du Jardin d’Epi Cure, j’aurai bientôt des nouvelles à vous donner de l’étude que j’y ai menée, avec l’aide de Stéphane Lanel et de la psychologue Lucile Lambert, sur les bienfaits psychologiques du jardin. Etude pilote menée avec un petit groupe de participants et un groupe « contrôle » dans le cadre de mon master en psychologie…Après le plaisir de rencontrer les résidents, j’en suis à l’analyse des données dans le logiciel Statistica. Beaucoup moins drôle !

Et puis, une autre nouvelle : l’ouverture d’un jardin partagé, Le Jardin de Bonne (rapport à sa petite superficie) dans ma rue. Après des mois de montage, le jardin a éclos il y a quelques semaines et déjà apporte une touche positive et chaleureuse dans le voisinage.

Appel à bénévoles et à donateurs

Pour conclure, un appel reçu d’Anthony, un lecteur du blog, de Lucmau en Gironde. « Je suis bénévole pour un projet de création d’un jardin adapté pour des personnes en situation de handicap moteur ou polyhandicap. Si vous avez l’occasion de diffuser nos pages afin de trouver des bénévoles, des donateurs, des passionnés qui ont plein d’idées à nous donner ou juste des curieux comme nous, ce serait super. » Voici la page Ulule du projet dont l’objectif est déjà largement dépassé !

Retour sur projets 1/2

Je ne sais pas vous, mais j’étais curieuse de savoir comment certains projets dont j’ai déjà parlé avaient évolué au fil du temps. J’avais envie de prendre des nouvelles de ces concepteurs et animateurs de jardins de soins rencontrés ces dernières années. En utilisant ce masculin de convention, je m’aperçois en fait que les femmes sont très actives dans ce domaine. Ce mois-ci, nous retrouvons France Pringuey, Carole Nahon et Jeannine Lafrenière. Le mois prochain, ce sera le tour de Cécile Deschamps, Sarah Bertolotti, Jean-Luc Valot et Alain Flandroit.

 

France Pringuey, la conception et la formation envers et contre tout

Billets d’origine : Première rencontre “virtuelle” en 2014, suivie par une visite à Nice en 2015.

Les projets : chacun son rythme

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Le Jardin des Mélisses au CHU de Saint-Etienne

« Le projet Jardin des Mélisses à Saint Etienne a certainement été ma plus belle expérience dans le domaine parce qu’accompli dans sa méthode de manière réellement professionnelle avec un succès rapide et complet », rapporte France Pringuey. « Ce projet m’a permis de valider le choix d’une méthode de conception participative s’inspirant de l’éthique et des principes de la permaculture. Le programme permet de concevoir à la fois un plan du jardin et un plan de soins conformes aux critères internationaux, répondant aux attentes de l’équipe, dans le respect des valeurs locales et réalisé avec les moyens alloués. » Une grande satisfaction doit également venir de son partenaire dans ce projet, Romain Pommier qui, fin 2016, a soutenu sa thèse sur le thème des jardins thérapeutiques. Un nouveau psychiatre 100% convaincu de la place des jardins dans le soin des patients !

Le projet de jardin à l’IME des Hirondelles de Biot avance, lui, moins rapidement. Mais l’espoir de le réaliser est toujours vivant. Cette expérience et les difficultés rencontrées pour la réalisation du Jardin thérapeutique de l’hôpital de Tende qui dépend du CHU de Nice en très grosses difficultés financières ont conduit France Pringuey à changer d’approche. « Je reviens à mes premiers objectifs : soutenir le personnel, le former, lui donner les moyens ».

L’indispensable formation : personnels soignants, paysagistes et entreprises

France Pringuey s’y investit sur plusieurs fronts. Tout d’abord, elle continue à former des personnels soignants aux concepts scientifiques qui sous-tendent les bénéfices de la relation à la nature (en particulier biophilie et phyto-résonance qui lui sont chères) et leurs applications pratiques au quotidien dans les établissements de soin. « C’est peut être finalement le point le plus important et j’essaie de le développer autant que possible. Je suis soutenue et portée par l’association Recherche et Formation-LIFT dans ce domaine », explique-t-elle. Ainsi au CHU de Tende dans les Alpes-Maritimes, le projet d’aménagement de jardin thérapeutique est en souffrance pour des raisons budgétaires. Mais cela n’a pas empêché une formation pour les personnels soignants en EHPAD et SSR (service de Suite de Soins et Réadaptation accueillant des personnes âgées souffrant de multiples pathologies et dépendantes ou à risque de le devenir).

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Le groupe formé au CHU de Tende dans les Alpes-Maritimes (France Pringuey en tee shirt blanc au centre)

 

« Le groupe projet reste mobilisé et motivé. Il a pris conscience des ressources déjà en place (Jardin de l’hôpital et salle « comme chez soi ») et de leur potentiel pour le soin au quotidien », explique France Pringuey. « Deux sessions de formation axées sur le concept de Biophilie ont permis aux participants de mieux comprendre les bénéfices de la relation à la nature pour l’être humain et ses applications pour améliorer la prise en charge et la qualité de vie à l’hôpital. S’appuyer sur des actions à caractère biophilique stimule les émotions positives et la vitalité, régule le niveau de stress, améliore les capacités d’attention, favorise la créativité au quotidien. » Les soignants sont encouragés à proposer des sorties au jardin aux patients. Pour les plus fragilisés il s’agit de rétablir une prise de contact vitale avec la réalité. Dans les services ils sont stimulés par l’exposition à la lumière du jour, les vues par la fenêtre, l’aération naturelle des chambres, une relation personnalisée au végétal, une installation intentionnée dans la salle « comme chez soi ». « Chez le soignant les actions biophiliques soutiennent l’ouverture à l’autre, une meilleure disposition à l’accueil et au « prendre soin » », conclut la formatrice pour qui il s’agit de faire avancer des projets, mais aussi d’ouvrir les esprits.

Par ailleurs, elle a mené des formations auprès de paysagistes pour les sensibiliser au concept de jardin thérapeutique, aux fondements scientifiques et aux principes de la conception participative à travers des rencontres soignants/paysagistes au CFPPA de Vaucluse. De nouvelles sessions sont prévues en 2017 avec deux niveaux, initiation et perfectionnement. Elle mène également des formations intra-entreprise et des consultations/conceptions de projets pour les jardins de bien-être en entreprise.

Publier et faire connaitre

Fin 2015, France Pringuey intervenait dans une conférence au Salon de l’immobilier d’Entreprise Porte Maillot sur le thème Biophilie et Santé. Oyez, chers lecteurs du Sud. France Pringuey signale un colloque sur les jardins thérapeutiques organisé par le CRES (Centre régional d’éducation pour la santé) le 30 juin 2017 à Marseille : l’appel à poster auprès des équipes soignantes de la région PACA est ouvert jusqu’au 15 avril. Elle y interviendra sur le thème général de l’intérêt du jardin au sein des établissements de soins ainsi que dans une table ronde « Pour la pérennité des jardins thérapeutiques, les différentes animations qui participent aux soins ».

Avec son mari, le psychiatre Dominique Pringuey, elle mène un travail de recherche pour sensibiliser les médecins psychiatres au monde des jardins thérapeutiques. On peut retrouver leurs articles sur Google Scholar (une recherche sur France Pringuey Jardin produit plusieurs articles et posters, dont certains en libre accès).

 

Carole Nahon, des enfants aux personnes âgées

Billets d’origine : le Jardin des (S)ages lancé en 2013 et déjà un retour d’expérience en 2015.

Je reproduis in extenso les commentaires que Carole Nahon m’a fait parvenir sur ses activités de l’année dernière et ses projets de cette année. Une période riche d’ateliers, de partages et d’initiatives du côté de Draguignan.

« Concernant les ateliers en 2016,

  • J’ai poursuivi les ateliers avec les résidents de l’Ehpad. Nous avons organisé une première fête des plantes en mai, proposant à la vente des réalisations de potées fleuries et de plants de basilics et de tomates, la recette étant destinée au budget du jardin du secteur protégé. Petite recette (180 euros) mais fière d’avoir lancé cette journée. Nous avons pu rencontrer les familles, les amis de l’association et leur faire visiter le jardin, leur présenter les résidents qui participaient à l’ateliers.
  • Les activités ont été élargies à la crèche qui accueillaient ma petite fille. Là, l’accueil de très jeunes enfants m’a montré que je ne me trompais pas en créant cette activité. Si certains comportements m’ont rappelé les résidents plus âgés, j’ai pu constaté le grand intérêt des tous petits pour le jardinage. Mettre les mains dans la terre, toucher l’eau, arroser les plantes, les voir pousser, grandir et les déguster est très enrichissant. Chaque enfant est reparti avec un bouquet de basilic à la maison. Les retours des éducatrices ont été très positifs, attente de l’atelier, rappel pour certains de l’activité jardin montrent à quel point cela leur faisait du bien. Du côté des éducatrices, l’activité est un grand bonheur pour elles, elles observent les enfants avec un autre oeil et ont constaté que certains, parfois réservés, pouvaient être très présents dans l’activité. Ces ateliers sont aussi bénéfiques pour elles!

 

  • Concernant le projet d’amélioration du jardin de l’unité protégée, c’est un peu moins bien. Il n’a pas beaucoup avancé, enfin pas dans le sens que nous aurions voulu, les animateurs et moi. La direction a répondu à un appel à projet (qu’elle a décroché) très contraignant dans la mesure où les  travaux engagés se feraient à condition qu’ils soient fait en dur. Ce qui a profondément modifié l’aspect du jardin. Plus de kiosque en fer forgé, plus de pergola légère…Ne maîtrisant pas ce budget, j’attends que les travaux soient terminés (ils ont commencé en janvier) pour revoir ceux du jardin, à proprement parlé. Nous envisageons de faire une fête de ce jardin avec les partenaires. Le crédit agricole, mes amies Soroptimist qui nous ont remis un chèque de 1115 euros et mon ami pépiniériste qui nous fournira les plantes et les représentants de la commune, bien entendu.
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Travaux au jardin

Depuis septembre, j’interviens au PASA. Les ateliers sont très intéressants parce que le suivi est efficace; l’arrosage, le désherbage font l’objet d’activités entre les ateliers et pour certaines des résidentes, ce sont des moments précieux et apaisants.

En novembre, accompagnées des Soroptimists et d’un bénévole de l’association de visiteurs de malades, nous avons désherbé puis végétalisé un mur que les résidents pourront voir fleurir, un peu je l’espère au printemps et en été. Jusque là ce n’était qu’un mur gris envahi de mauvaise herbe…

Et en 2017

A la fin du mois de février, j’ai commencé une activité dans une résidence pour personnes âgées. J’interviendrai une fois par mois, sur la journée. Je me réjouis d’avance car ces personnes sont plus valides, donc plus mobiles. Nous pourrons les emmener acheter les plantes qu’elles auront choisies, et j’envisage aussi la visite dans un beau jardin de la région.

Nous allons réitérer la journée des plantes fin mai, en élargissant le cercle aux autres associations qui interviennent dans la structure, avec repas et goûter pour les familles.

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Le jardin de la crèche. Les enfants ont la main verte!

Et enfin, la crèche m’a proposé de réfléchir à des interventions dans d’autres crèches du réseau « La maison bleue ». Je formerais les éducateurs-trices aux ateliers de jardinage. Challenge intéressant, non?

 

Jeannine Lafrenière inaugure un mur vivant au Québec

Billet d’origine : présentation de la Fondation Oublie pour un instant en 2015.

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Jeannine Lafrenière entourée de partenaires qui ont permis la réalisation du premier mur vivant québécois en milieu de santé.

Jeannine Lafrenière continue à puiser dans son expérience personnelle pour guider ses projets. C’est en accompagnant sa mère en maison de retraite qu’elle se rend compte de l’importance d’amener la nature à l’intérieur à cause des hivers canadiens très froids. Dans un très beau billet intitulé La dernière leçon de ma mère, elle raconte la création d’un mur végétal au Centre Bon Séjour à Gatineau au Québec. L’inauguration a eu lieu le 2 mars. Le projet est présenté sur le site de la Fondation et dans un article suite à l’inauguration.

« Les personnes du Centre Bon Séjour à Gatineau (Québec) pourront pour la première fois profiter de la Nature auprès d’elles sans avoir à se risquer dehors. Et malgré les rigueurs de l’hiver, elles pourront apprécier jour après jour tous les bienfaits que seule la Nature peut leur apporter. Leur saison d’hiver sera différente cette année et toutes les années à venir », se félicite Jeannine Lafrenière. Sa mère ne pourra pas en profiter, elle s’en est allée il y a quelques semaines. Mais elle serait fière du projet de sa fille.

Beaucoup de beaux projets, beaucoup d’énergie et beaucoup de personnes touchées grâce aux efforts de ces pionnières passionnées. Au mois prochain pour la suite.

 

 

 

A Angers, une association milite pour l’hortithérapie

Nous avions fait la connaissance de Romane Glotain en mai 2016 lorsqu’elle avait remporté le Concours d’Avenir de la Fondation Truffaut. Nous en avions appris un peu plus sur cette jeune passionnée dans un texte qu’elle avait écrit sur son expérience. Aujourd’hui, elle reprend la plume pour nous présenter l’Association sur le Développement de l’Hortithérapie (A.D.H T) qui vient de se créer à Angers et sa fondatrice Béatrice Marteau.

 

Elle a grandi au rythme des crues du Louet dans le Maine et Loire, au son du chant du vent dans les peupliers et s’est nourrie des fruits et légumes que son père cultivait. La plupart des membres de sa famille ont travaillé dans le domaine agricole au sud d’Angers, dans un petit village qui se nomme Denée. Elle a longtemps hésité entre le métier d’horticultrice et celui d’infirmière. La curiosité de savoir comment l’Homme fonctionnait l’a emporté. Puis elle s’est installée en ville avec son époux qui ne se voyait pas vivre à la campagne…

Mais la nature l’a rattrapée à une période de sa vie où elle ne se sentait pas bien. Elle s’est souvenue de son enfance à la campagne qui la ressourçait et a compris que Dame nature était la docteure des maux : « J’ai fait des recherches sur l’impact des plantes sur la santé et découvert l’hortithérapie et le retard que la France avait sur les autres pays. »

En 2006, elle reprend le chemin de l’école et obtient son BTSA en production horticole. Elle se nourrit d’expériences comme son premier stage chez un horticulteur en bio « une encyclopédie vivante des plantes de santé et de bien-être ». Puis sept mois dans un GAEC sur l’île de Chalonnes-sur-Loire où elle découvre aussi la filière des plantes médicinales. Au final, l’effet boomerang la ramène dans la filière de la santé où elle a travaillé en gérontologie, à domicile dans un quartier dit  « difficile », en psychiatrie. Partout où elle est passée, elle a communiqué sur l’hortithérapie en émettant des idées et en proposant des projets avant de créer une auto-entreprise aujourd’hui fermée qui donnait des conseils sur les plantes. Elle a pu donner des cours au Centre National de Promotion Horticole à Angers, assistée à des conférences, des formations…

Aujourd’hui, Béatrice Marteau est infirmière en psychiatrie dans l’Anjou et a rétiré de son expérience deux certitudes :

  • Les êtres humains ont besoin des plantes (et de les cultiver) pour se sentir bien mais en parallèle, ils manquent cruellement d’informations
  • L’hortithérapie ne pourra émerger en France que si l’on se regroupe, que l’on travaille ensemble au sein d’une association.

Suite à cette prise conscience, Béatrice crée en octobre 2016 l’Association sur le Développement de l’Hortithérapie (A.D.H T) à Angers après ma rencontre. Elle souhaite la faire vivre à travers cinq pôles :

– la veille professionnelle

– l’expérimentation d’animations,

– l’accompagnement de projets,

– la mise en évidence des besoins

– la communication.

ADHT a pour ambition de faire connaitre l’hortithérapie et de lui donner une légitimité…

 

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Sandra COSNEAU, Béatrice MARTEAU et Estelle GALLET d’ADHT. Sandra a une licence en psychologie et travaille comme assistante de direction. Estelle est cadre de santé SSR et co-fondatrice de l’association.

 

Aujourd’hui l’association débute mais regroupe déjà du monde. Des anciens de la formation de Chaumont-sur-Loire, des professionnels de santé, des ingénieurs en paysage, horticulture, mais aussi des passionnés, des personnes ayant des projets d’hortithérapie et d’autres. Nous recherchons aussi des fondations, associations qui souhaitent nous accompagner dans cette aventure. Truffaut en fait déjà partie !

Le concept de l’hortithérapie et des jardins de soins restera inconnu par la plupart si le regroupement ne se fait pas, il est très important pour faire passer le message, expliquer ; la communication sera très importante, y compris envers les écoles de santé et agricole.

Béatrice a un vœu, un rêve pour cette nouvelle année et les autres qui suivront : ne plus avoir à choisir entre le métier d’infirmière et celui d’horticultrice, mais de pouvoir lier les deux et de voir apparaître un jour sur sa feuille de paye : Hortithérapeute, pour moi, pour tout ceux qui suivront derrière moi, dans l’intérêt de chacun et de tous.

Vous pouvez suivre l’association ADTH d’où vous venez, en émettant des idées, en faisant partager vos expériences. N’hésitez pas à nous contacter (a.d.hortitherapie@gmail.com) en attendant la création d’un site internet.

 

Annonces : une journée de sensibilisation en Corrèze et les dates 2017 de Chaumont

Un lycée impliqué dans les jardins de soin
Emmanuel Coulombs, enseignant-coordonnateur BTS Aménagements Paysagers au Lycée de l’horticulture et du paysage de Brive-Voutezac, me signale une journée de sensibilisation et d’échanges sur les jardins de soin le vendredi 20 janvier. Avec sa collègue de biologie Béatrice Masson, ils développent des modules d’enseignement sur l’utilité sociale des jardins pour leurs élèves. « Nous nous sommes rendus compte que les « apprentis paysagistes » avaient de l’appetit pour les jardins partagés, pédagogiques , et surtout  de soins car ils donnaient du sens à leur métier, de la profondeur », explique Emmanuel Coulombs. Découvrez le programme et inscrivez-vous grâce au coupon-réponse.
Chaumont 2017
Dans la foulée, voici les dates des formations au jardin de soin et de santé à Chaumont-sur-Loire. De mai à octobre, pas moins de neuf ateliers pour en apprendre plus sur la conception, la réalisation et l’animation de ces jardins. Mais aussi pour rencontrer d’autres passionnés venus de toute la France. Cette année, cela fera 5 ans qu’Anne et Jean-Paul Ribes rassemblent des stagiaires à Chaumont.  Le programme.
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Les stagiaires de Chaumont, édition octobre 2016

La Haute Filotière : accompagner des femmes en état d’épuisement au coeur de la nature 



Tout d’abord, meilleurs vœux pour une nouvelle année pleine de bonheur et de douceur.

Merci à Nicole Brès qui signe un nouveau billet sur sa visite à la Haute Filotière à Meignanne-Longuenée en Anjou.

 

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Gilles Galopin me reçoit chez lui, dans son exploitation agricole, anciennement une des douze fermes du château de
 Plessis Macé qui daterait du 12ème siècle. Soit 33 hectares avec deux bâtiments principaux d’habitation. Pour le projet, il a restauré une partie en lieu d’hébergement pour 6 à 8 personnes. Ainsi nous rentrons dans la grande Histoire où le temps n’est plus celui de notre quotidien. C’est un lieu entouré de Nature voulu dans sa diversité : jardin potager avec une serre, jardin d’agrément autour d’une piscine, animaux (poules, brebis, génisses, chats et un âne), prés et bois, parcours de balade avec passe pied pour franchir les clôtures, mare et, le plus important, les arbres et ce que chacun
raconte.

Savez-vous que le squelette de l’arbre nous raconte  son histoire ?
 Les arbres sont le fil vert du Projet Santé de la Haute Filotière : une semaine d’immersion dans la Nature « au fil de l’arbre ». 
C’est en convoquant les valeurs stables de la Nature et celles plus mouvantes de notre culture que chaque participante vient pour renouer avec elle-même et aller de l’avant pour devenir actrice de sa vie. En suivant la méthode du professeur en psychologie et chercheur Benoît Fromage (L’épreuve des 
trois arbres, 2011, éditions In Press), Gilles Galopin et Dorothée Lasne ont mis sur pied un accompagnement in situ qui s’adresse à des petits groupes de femmes touchées par le burn out ou le surmenage.

Une douzaine d’intervenants extérieurs viennent pour des séances avec des médias très variés
(yoga, Qi Gong, modelage, cuisine, socio-esthétique, etc.). Ils mettent en avant les ressources de la personne fragilisée et l’aide à lâcher prise, à s’écouter et à se (re)connecter à elle-même. Une première semaine test a eu lieu en juin 2016 et les résultats sont « au dessus de nos espérances »
 comme l’explique Gilles Galopin.  « Le retour régulier des participantes sur leur évolution dans le quotidien aujourd’hui est enthousiasmant. Cet hiver, il nous faut finaliser notre business plan et le financement de ce projet parmi les entreprises et les organismes de santé régionaux, puis nationaux. »

15271863_1818678991681558_2119570161812862859_oLe centre d’accompagnement de la Haute Filotière est porté par l’association Ecossanté qui développe parallèlement un pôle recherche. Ce pôle recherche cogéré par Gilles Galopin et Benoît Fromage, enseignants chercheurs, vient directement soutenir et enrichir le concept de la Haute Filotière, centre unique en son genre en France.
 Ecossanté aspire à mettre en œuvre une troisième mission qui est la formation. Des psychologues pourront se former à la pratique de la méthode de L’épreuve des trois arbres.
« Il nous faut réfléchir au moyen de mettre ensemble tous ceux qui œuvrent pour la santé avec et
dans la Nature, y compris le milieu médical. »
L’avenir est de travailler ensemble dans cette recherche des bienfaits de la Nature sur la santé selon la définition de l’OMS et de faire de la prévention.
Gilles a déjà posé une pierre d’angle à Angers sur l’Agrocampus: il ouvre en septembre 2017 une spécialisation Végétal en Ville en 
partenariat avec AgroParisTech.

Pour en savoir plus sur le centre d’immersion et d’accompagnement La Haute Filière, découvrez le projet en vidéo et sur sa page Facebook. Une après-midi porte ouverte a réuni les professionnels de la santé et du développement le 3 décembre dernier à La Haute Filotière.

La prochaine session se déroulera la semaine du 12 au 17 juin 2017, puis d’autres sessions sont programmées pour les semaines 27, 31, 36 et 40.

Terr’Happy, une nouvelle force en région parisienne

Stéphanie Personne et Laure Bentze se sont rencontrées il y a à peu près un an. Depuis, elles n’ont pas chômé pour monter un projet qui met en commun leurs compétences pour créer des jardins, entre autres, thérapeutiques. Stéphanie est docteur en écophysiologie végétale, récemment diplômée en agriculture urbaine et professeur au centre de formation d’apprentis de Saint-Germain-en-Laye. Laure est écologue après des études reprises récemment. Elles nous racontent leur parcours et leur projet  Terr’Happy.

 

Les parcours de Stéphanie et de Laure

 

Genèse du projet Terr’Happy

 

Les enseignements de deux projets menés par Stéphanie dans le cadre de son dernier diplôme (Hauts-de-Seine et le Val d’Oise)

 

Leurs impressions sur l’état des lieux en France après un an de réflexion

 

Le jardin au Foyer d'Accueil Médicalisé d'Herblay

Le jardin au Foyer d’Accueil Médicalisé d’Herblay

 

Le jardin au Foyer d'Accueil Médicalisé d'Herblay

Le jardin au Foyer d’Accueil Médicalisé d’Herblay

 

Une résidente de l'Ehpad de Gonesse au jardin

Une résidente de l’Ehpad de Gonesse au jardin

La psychologue et une résidente au jardin de l'Ehpad de Gonesse

La psychologue et une résidente au jardin de l’Ehpad de Gonesse

Les Jardins de l’Humanité sortent de terre

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Les Jardins de l’Humanité dans la brume

Dans les Landes, à l’entrée de la ville de Saint-Vincent de Tyrosse et à 10 minutes de l’Atlantique, Estelle Alquier est en train de réaliser un rêve. Après avoir acquis une prairie de deux hectares, elle y construit depuis un peu plus d’un an 12 jardins thématiques. Un vaste projet qu’elle a baptisé les Jardins de l’Humanité et qui attire déjà des bénévoles réguliers pour l’aider dans son immense tâche. Porté par son association « Terres Océanes, Culture d’Humanité », le projet s’est fixé parmi ses objectifs principaux de « participer à la sensibilisation, la connaissance et la préservation de la diversité végétale et animale et du patrimoine local et régional auprès d’une large public. » Mais aussi de mener « des actions et pratiques écologiques, thérapeutiques, solidaires et respectueuses des hommes et de leur environnement. » Le potager Bonnot va, par exemple, servir à démontrer que la permaculture peut fournir une famille en fruits et légumes toute l’année sans trop de travail.

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Estelle Alquiler

Dans le jardin thérapeutique, il s’agira d’accueillir des enfants et des adultes. Déjà un premier projet avec le CCAS de Tyrosse pour permettre à une douzaine de bénéficiaires de venir jardiner régulièrement est en cours de montage. « J’aimerais organiser un pique-nique tous les trimestres pour qu’ils puissent faire visiter leur jardin à leur famille », explique Estelle qui propose par ailleurs des formations à l’hortithérapie aux personnels soignants en gérontologie, mais aussi auprès d’enfants et de jeunes. Autour du jardin thérapeutique, d’autres idées de partenariats sont à l’étude avec un EHPAD et une école primaire. Pour se familiariser avec l’expérience d’Estelle en matière de jardins thérapeutiques, direction son site dédié : après avoir suivi la formation à l’hortithérapie de Jean-Luc Sudres à l’université du Mirail à Toulouse en 2010, elle a déjà participé à la conception de plusieurs projets dont un jardin dans l’EHPAD « Notre Maison » à Biarritz.

Après avoir démarré le projet sur ses propres fonds et fait appel au financement participatif, Estelle est actuellement dans une phase de demandes de financements auprès de divers mécènes (la Fondation Yves Rocher Terre de femmes, Nature & Découvertes et d’autres). « Il reste encore quelques postes lourds comme le parking et les panneaux pédagogiques », confie cette ancienne journaliste, enseignante d’histoire-géographie et animatrice d’un centre sur l’environnement avec boutique bio et équitable. Mais aujourd’hui, les Jardins de l’Humanité sont devenus le projet qui donne un sens à sa vie. « Les bénévoles qui viennent régulièrement sont impressionnés. Moi, je trouve que cela n’avance pas assez vite. Ce projet est un aboutissement de mon parcours de vie depuis mes engagements à la fac. Mon côté militant est que les gens soient heureux. » Elle, elle le sait depuis qu’elle est enfant, être au jardin lui fait du bien. Les jeunes et les moins jeunes qu’elle accueille pour quelque temps viennent travailler sur son projet avec elle car ils cherchent leur voie et veulent essayer de nouvelles formes de solidarité.

Récemment, Sébastien Guéret de Formavert est venu visiter les Jardins de l’Humanité. Il a été bluffé par le souffle du projet et par la vision d’Estelle. On croise les doigts pour que l’inauguration se déroule, comme prévu, à la Saint-Jean en juin 2017. Pour contacter Estelle Alquier : terreoceane@yahoo.fr

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Le plan des Jardins

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Une structure en osier sépare le jardin médiéval du ruisseau en contrebas.