Une formation à Paris en juin + les bains de forêt à la mode

ANFE.FORM.JUIN.15.STAG

Formation à l’ANFE (Martine Brulé, 3e en partant de la gauche)

 

Martine Brulé dont on suit les travaux depuis très longtemps (il suffit de taper son nom dans l’outil de recherche du blog en haut à droite), Martine donc animera une formation au siège de l’Association Nationale Française des Ergothérapeutes à Paris les 18, 19 et 20 juin 2018 comme elle le fait régulièrement depuis plusieurs années. En écho au dernier billet sur la formation (article sur les formations aux jardins de soin) et à la remarque de quelqu’un qui disait récemment qu’il n’y avait pas de formation à l’hortithérapie en France, voici un démenti. Certes, on ne peut pas encore être diplômé en hortithérapie dans ce pays, mais on peut s’y former.

Pour revenir à la formation proposée par Martine, le thème est « Elaboration d’un projet de jardin de soutien thérapeutique et sensibilisation à l’hortithérapie – Bases théoriques et pratiques pour un aménagement adapté ». Pas besoin d’être ergothérapeute pour s’inscrire au cas où vous poseriez la question. Pour s’inscrire, direction le site de l’ANFE ou par email à sfc.secretariat@anfe.fr.

 

Et pendant ce temps dans la forêt…

Capture d_écran 2018-04-12 à 15.35.00

Alex Gesse, un guide formé par l’Association of Nature and Forest Therapy, avec un groupe en forêt.

 

Des enfants moins stressés en Californie. Dans la région de San Francisco, des pédiatres qui prescrivent des promenades dans des parcs naturels et des enfants qui sont moins stressés. C’est une étude du Center for Nature and Health de l’Université de Californie San Francisco (UCSF) qui le dit. On traverse le Pacifique pour découvrir le Shinrin Yoku…

Des bains de forêts importés du Japon. Ce qui nous amène directement à la publication de « Shinrin Yoku, L’art et la science du bain de forêt » par le professeur japonais Qing Li chez First il y a quelques semaines. Ce médecin immunologiste de l’Université de Médecine de Tokyo a fondé la société japonaise de sylvothérapie et dirige des recherches sur le sujet depuis plus de 10 ans. Parmi les effets qu’il constate : la réduction de la pression artérielle, la réduction du stress (encore lui), l’amélioration de la santé cardiovasculaire et métabolique, la baisse du taux de glycémie, l’amélioration de la concentration et de la mémoire, l’augmentation des seuils de douleur, l’augmentation de l’énergie et le renforcement du système immunitaire. Avec des techniques très simples qui s’appuient sur les sens. Regarder la verdure et les sols, écouter les oiseaux et le vent, sentir les essences, toucher le tronc d’un arbre ou marcher pieds nus et goûter un thé d’écorce ou simplement l’air frais. Même si, au Japon, on a élaboré le bain de forêt avec des sentiers thérapeutiques particulièrement propices, les bienfaits de la forêt sont à la portée de tous.

La sortie de ce livre permet de signaler deux autres livres en français sur le même sujet. « Sylvothérapie : le pouvoir bienfaisant des arbres – Retrouver son énergie et se ressourcer » de Jean-Marie Defossez chez Jouvence sorti en janvier de cette année. Ainsi que « Un bain de forêt : le Shinrin Yoku à la française – Découvrir le pouvoir de la sylvothérapie », d’Eric Brisbare chez Marabout tout juste paru. Décidemment, les éditeurs ont flairé un filon…

Une association dédiée à la thérapie par la nature et la forêt. Où on découvre qu’il existe une Association of Nature and Forest Therapy Guides and Programs (ANFT) qui forme des guides et cherche à intégrer les thérapies par la nature et la forêt dans l’enseignement et la santé. Son représentant en Europe est Alex Gesse qui est basé en Espagne. Apparemment l’ANFT a formé une « cohorte » de guides en France en 2017, mais on ne trouve qu’un guide formé en France sur la carte de l’association. Un nombre amené à progresser sans aucun doute.

De la forêt au lit d’hôpital. Sur le site de l’ANFT encore, on trouve un témoignage intéressant qui fait le lien entre la recherche de Roger Ulrich en 1984 et une expérience vécue par l’auteure. Une photo de nature dans une chambre d’hôpital peut contribuer à donner de l’énergie et à réduire le stress (et oui , encore lui). Ce que cette étude hollandaise a montré en 2012.

Bouclons la boucle avec Roger Ulrich. Le fameux auteur de l’étude la plus souvent citée (View through a window may influence recovery from surgery, 1984) a publié une nouvelle étude en 2017 sur l’impact d’un jardin dans une maternité.

Le score est sans appel : Nature 3 – Stress 0.

 

 

 

 

Mosaïque multiplie les jardins thérapeutiques à Montpellier

 

 

En 2006, Sonia Trinquier crée l’association Mosaïque autour des problématiques de la diminution des activités agricoles dans les espaces ruraux et péri-urbains, un sujet qui lui tient à cœur en tant qu’ingénieur agronome. En 2014, l’association opère un virage pour se consacrer à la nature en ville et aux jardins à visée thérapeutique. « Après 18 ans d’ingénierie dans le milieu agricole, j’ai ressenti le besoin de m’engager dans des projets « à échelle humaine » et partager ma conviction du bienfait du végétal sur la santé », explique Sonia qui se souvient des heures passées dans le jardin de son grand père et de la main verte transmise par sa mère. Elle apporte à ses Ateliers Jardins Adaptés une autre expérience, celle de ses propres lombalgies invalidantes. Elle sait ce que c’est de jardiner lorsque le corps est en souffrance.

Mosaïque, c’est une association loi 1901 animée par une petite équipe de bénévoles qui intervient aujourd’hui dans plusieurs jardins dans la région de Montpellier auprès de jardiniers fragilisés. Référent de Jardins & Santé dans la région, Mosaïque conçoit, coordonne et anime ses Ateliers Jardins Adaptés (AJA) auprès de ces publics fragiles et favorise également l’inclusion à la vie sociale dans des Jardins Partagés. Avec le printemps, les ateliers reprennent. L’équipe anime environ huit ateliers par semaine pour des seniors et pour des enfants sur le spectre de l’autisme. Ateliers dans un jardin partagé réservé à des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, ateliers en résidence séniors et dans plusieurs Ephad, séance pour les enfants dans un jardin partagé, l’agenda de Mosaïque se remplit. On peut se plonger dans les ateliers grâce à ce reportage de TV Sud.

Des ateliers adaptés à la maladie d’Alzheimer

L’objectif premier de ces ateliers est de mettre la personne en situation de réussite. L’ambiance est détendue, la petite taille du groupe permet les observations et les expérimentations. L’atelier suit un déroulé familier : les participants enfilent une tenue de jardinage, observent les changements au jardin pour se fixer des repères dans l’espace et dans le temps, puis ils se mettent au travail en suivant le calendrier des travaux de jardinage. Des exercices pour jardiner sans se faire mal sont proposés. La séance se termine autour d’une collation et d’un cahier de suivi dans lequel sont consignés les moments forts et les éventuelles difficultés rencontrées.

Pour Sonia et son équipe, ces temps au jardin activent des mécanismes cognitifs comme la mémoire sensorielle et affective. Ils ancrent les patients dans la réalité et dans des gestes répétés pleins de sens. Les ateliers jardins peuvent être complétés par d’autres activités : jeux de mémoire et découvertes sensorielles, exercices de prévention des chutes et d’équilibre dans les allées du jardin, ateliers écriture et arts plastiques pour l’identification des plantes, ateliers cuisine, nutrition et alimentation saine avec les légumes bio du jardin ou encore gymnastique douce et relaxation en plein air.

Fort de cette expérience, Mosaïque avait été invitée à animer des ateliers sur le Village Alzheimer à Paris les 21 et 22 septembre 2017 lors des Journées Mondiales Alzheimer. Sonia est également intervenue au Symposium Jardins & Santé en novembre 2017 lors d’une table ronde consacrée à l’évaluation des jardins thérapeutiques en psychiatrie. L’association participe ainsi à des événements ponctuels autour des jardins et de la santé en Languedoc Roussillon et nationalement.

Des ateliers pour les enfants en situation d’autisme

Se basant sur la littérature qui décrit les bienfaits des jardins thérapeutiques pour ces enfants, Mosaïque a mis sur pied des ateliers adaptés. « La nature communique une émotion pouvant être la source d’une restructuration efficace. Une personne vulnérable est d’autant plus sensible à son environnement. Là où le langage échoue, le jardin s’avère être un formidable médiateur, comme la musicothérapie ou la zoothérapie », explique l’association.

Des ateliers intergénérationnels

Dans ces ateliers gagnant-gagnants, des enfants d’école et de centres de loisirs viennent jardiner aux côtés de seniors. C’est le cas notamment d’un atelier au sein des espaces verts de l’EHPAD CCAS des Aubes. Pour Sonia, ces ateliers permettent aux personnes âgées de reprendre confiance en elles : chacun est responsable d’un petit groupe d’enfants et d’une tâche. De plus les échanges sont plus faciles car les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ressentent moins d’appréhension à s’exprimer avec de jeunes enfants.

Un grand projet d’évaluation

Aujourd’hui, il s’agissait de présenter Mosaïque et ses activités. Nous reviendrons sur un grand projet que murit Sonia dans le domaine de l’évaluation. Accompagnée d’un comité scientifique présidé par le Professeur Jeandel, chef du Pôle Gérontologique du CHU de Montpellier, elle a lancé en 2016 une vaste réflexion sur l’évaluation des bienfaits de ces jardins. Dans la lignée des travaux de Thérèse Jonveaux au CHU de Nancy ou de Romain Pommier au CHU de Saint-Etienne, la question de l’évaluation fait l’objet d’un travail de réflexion approfondie avec une équipe pluridisciplinaire composée de médecins, d’ergothérapeutes, de psychologues et d’autres professionnels. En proposant une démarche méthodologique adaptée aux jardins visant les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, l’objectif est de démontrer l’efficacité et l’efficience de ces jardins pour encourager leur généralisation. Nous reviendrons sur ce grand projet…

 

Lu dans Le Lien Horticole

Aujourd’hui, je recycle! Odile Maillard, ma rédactrice au Lien Horticole, a eu la bonne idée de se laisser convaincre dès 2013 de consacrer des articles aux jardins de soin ou jardins thérapeutiques. Ce qui lui donne aujourd’hui l’impression que le magazine a été « un peu éclaireur » avec ces articles dont les lecteurs lui parle souvent. Cela me fait très plaisir.

Terr’Happy se développe

 

Laure Bentze et Stéphanie Personne 3 IB

Laure Bentze et Stéphanie Personne inspectent les travaux dans un jardin qu’elles ont conçu à la Résidence des Jardins de Montmartre (75).

Dernier exemple en date, un article publié au mois de février sur Stéphanie Personne et Laure Bentze de Terr’Happy que je vous avais déjà présentées en décembre 2016.

Cliquez pour lire l’article sur Terr’Happy.

 

La formation aux jardins de soin

Et Odile ne s’arrête pas là. Elle vient de faire un tour des formations disponibles. Une question que beaucoup de gens se posent. « Apprendre à créer, entretenir et animer un jardin de soin » : Article sur les formations aux jardins de soin.

 

Béatrice Bonzon-Dedieu, le jardin dans le monde médical et le monde de l’entreprise

Et à l’automne dernier, Odile avait donné la parole à Béatrice Bonzom-Dedieu de Mon jardin s’appelle reviens, dont je vous avais raconté la reconversion il y a deux ans. Le contenu de cette intervention au salon Aquiflor à Toulouse est à retrouver dans cet article.

 

 

 

 

Calliope Correia, une hortithérapeute californienne derrière les barreaux

Calliope Correia

Calliope Correia travaille dans le département de sciences des plantes à l’université de Fresno State.

Il y a 7 ans, j’ai rencontré Calliope Correia dans les cours du Horticultural Therapy Institute que nous suivions toutes les deux à Walnut Creek en Californie. Depuis nous sommes restées en contact via Facebook et j’ai pu suivre ses projets dans le monde de l’hortithérapie, y compris sa dernière aventure avec le projet Insight Garden Program qui crée des jardins dans les prisons américaines. Il y a quelques jours, j’ai profité d’un rare moment où Calliope était tranquille chez elle – en train de récupérer d’une opération de la hanche – pour discuter avec elle. « J’ai l’impression d’avoir tellement de chance de faire ce travail d’hortithérapeute », dit-elle. Tour d’horizon des projets à travers lesquels Calliope partage son amour des plantes et de la nature.

Le job de Calliope grignoté par l’hortithérapie

Le travail à temps plein de Calliope consiste à gérer la pépinière du département de sciences des plantes à l’université de Fresno State dans le centre de la Californie. Pendant sa convalescence, être loin de ses plantes s’est révélé une torture pour elle. Depuis environ sept ans, elle s’occupe de HIP pour Horticulture Initiative Program. C’est un programme qu’elle a lancé dans le cadre de son master à Fresno State, un master interdisciplinaire mêlant « rehabilitation counseling » et « plant science » qu’elle a obtenu en 2015. « HIP est un cours d’horticulture pour des jeunes gens qui ont des troubles du développement et sont en train de faire la transition vers l’âge adulte. Les jeunes viennent à la pépinière qui se trouve à la ferme sur notre campus. Ils font pousser des fleurs et des légumes et ils acquièrent des compétences sociales et professionnelles, des compétences pour la vie ». Voici un portrait de Calliope dans le journal de Fresno State.

En parallèle, elle organise des « farm camps » pour les enfants pendant les vacances : les enfants découvrent les secrets des plantes sur la ferme de l’université au détour de nombreuses activités.

En parallèle, elle fait du bénévolat dans un jardin thérapeutique au Valley Children’s Hospital de Madera. « Le jardin thérapeutique sert aux patients qui suivent un programme de kiné ainsi que d’espace de répit pour les familles et le personnel dans un environnement souvent stressant », explique Calliope. « Ce sont des kinés et des ergothérapeutes qui gèrent le programme. Je viens avec des étudiants et d’autres bénévoles pour faire de l’entretien et pour construire des petits jardins de fées, des petites maisons miniatures cachées sous les feuilles. »

En parallèle, elle espère terminer cette année le stage qui lui permettra d’accoler trois petites lettres magiques à son nom, HTR pour Horticultural Therapy Registered. En plus, elle répond aux nombreux appels qu’elle reçoit pour parler de l’hortithérapie à l’université, dans des cours pour seniors, devant les groupes de « master gardeners » ou dans des manifestations diverses et variées autour de Fresno. « Beaucoup de gens en ont entendu parler, mais ne savent pas exactement de quoi il s’agit, ni qui le pratique. » Calliope leur explique.

 

Insight Garden Program : des plantes et des prisonniers

Toutes ces activités remplissent Calliope de joie. Mais quand elle parle d’Insight Garden Program, son regard s’illumine. Lancé il y a une quinzaine d’année dans la prison de San Quentin près de San Francisco, IGP est un programme qui combine jardinage et formation professionnelle pour permettre aux détenus de renouer avec eux-mêmes, la collectivité et le monde naturel (je l’avais rapidement évoqué en 2012). Depuis le programme a pris de l’ampleur : il est présent dans huit prisons en Californie, deux prisons dans l’Indiana et collabore avec deux programmes facilitant la sortie de prison dans l’état de New York.

« En juin, IGP a fait une présentation à Fresno State après avoir obtenu des fonds pour lancer des jardins dans des zones rurales où les prisonniers ont moins accès à des programmes proposés par des bénévoles. Ils cherchaient des personnes intéressées », se souvient Calliope. « Il s’agit d’un curriculum d’un an pour un groupe de 25 participants maximum, tous volontaires pour participer. Les plantes et le jardin sont une métaphore pour la croissance personnelle. » La fondatrice d’IGP, Beth Waitkus, affirme que le taux de récidive chez les participants à ses programmes est de 10% contre 70% dans le système pénitentiaire californien en général! « Et finalement, je fais ce travail parce que j’ai observé de mes propres yeux le pouvoir de transformation par la connexion au monde naturel. C’est ce qui m’a donné confiance dans la capacité humaine à changer, à maintes reprises », explique-t-elle sur son blog.

Quant à Calliope, elle n’hésite pas une seconde et s’implique immédiatement dans un programme qui démarre à Avenal State Prison à une centaine de kilomètres de chez elle. « Chaque séance de deux heures commence par une séance de méditation pour réduire le stress et par la lecture de poèmes, parfois écrits par les participants. Nous sommes en cercle et nous créons une atmosphère d’égalité. Une partie de la séance se fait à l’intérieur, nous parlons du cosmos, de la provenance de notre nourriture, de la croissance des plantes, de la biodiversité. C’est une approche holistique. Puis, les participants ont repéré le terrain et l’exposition au soleil. Ils ont dessiné les plans et choisi les plantes. L’installation va se faire ce mois-ci (en mars) », décrit Calliope qui se rend pour l’instant à Avenal une fois par mois, avant de passer à une fois par semaine à partir de mai. Car elle vient d’être chargée de commencer un deuxième jardin dans la même prison (seul le manager du programme est salarié, le reste de l’équipe est bénévole).

La prison impose des contraintes particulières.  » Ce sont les surveillants qui décident au final. Ils sont très réceptifs à notre programme qui est très bien perçu grâce à l’implication de bénévoles extérieurs et au fait que ce soit une occupation qui crée un environnement agréable », constate-t-elle. « Mais il y des règles : il ne faut pas être trop près des clôtures, on ne peut pas utiliser de plantes toxiques et les plantes ne peuvent pas dépasser une certaine hauteur pour qu’on ne puisse pas se cacher derrière. A cause de la « fièvre de la vallée » causée par un champignon dans le sol qui attaque les poumons, on est obligé de cultiver dans des bacs. Nous allons utiliser des plantes indigènes de Californie qui résistent au gel et aux fortes températures, comme les salvia que les abeilles et les oiseaux-mouches adorent, la lavande, le romarin. »

10 ans sans voir et toucher de plantes

« Les gars sont incroyables. Créer de la beauté leur donne un sentiment de fierté et d’estime de soi. Beaucoup d’entre eux éprouvent de la nostalgie pour les plantes, les fleurs. Pour certains, cela fait 10 ans qu’ils n’ont pas vu et pas touché de plantes à part le gazon », continue Calliope qui est entourée d’autres bénévoles dont un professeur de criminologie de Fresno State et un ancien détenu qui, après 25 ans de prison, a repris un master pour devenir travailleur social.

« Avant de commencer, j’avais des doutes, des idées reçues, des jugements. Je me demandais si je serais en sécurité », avoue Calliope. « Mais la beauté de ce qui peut se passer avec les plantes est une expérience extraordinaire pour les gars et pour moi. C’est une expérience intense de rentrer dans la prison, avec les portes et la sécurité. Mais une fois à l’intérieur, on oublie presque où l’on est grâce à la connexion à travers les plantes. » Pour comprendre un peu mieux cette expérience, elle conseille de regarder la vidéo de Insight Garden Program tournée à San Quentin.

En lançant un appel pour des bénévoles pour le second jardin à Avenal State Prison, Calliope écrivait récemment : « Mon programme commence en mai. Nous allons concevoir et construire un jardin à partir de la case départ. Mais surtout, nous créerons un espace de croissance, de connexion et de changement dans l’un des environnements les plus hostiles. Je suis encore volontaire un samedi par mois sur le Ward D parce que je ne veux pas laisser tomber les gars là-bas, ils sont incroyables. Ça me prend beaucoup de temps? Oui, oui. Est-ce que ça vaut le coup? Absolument. »

 

(Ces photos sont fournies par le California Department of Corrections and Rehabilitation, les bénévoles et les responsables de projet ne pouvant pas faire de photos à l’intérieur des prisons où ils interviennent).

Garden Installation at Folsom Women_s Prison credit CDCR (California Department of Corrections and Rehabilitation)

Création du jardin à la Folsom’s Women Prison (la prison de Folsom rendue célèbre par Johnny Cash) (photo California Department of Corrections and Rehabilitation)

 

Planting sage at Garden Install CSP-Solano

Un participant plante une sauge à la prison de Solano  (photo California Department of Corrections and Rehabilitation)

 

Men Planting at Solano

Les participants collaborent dans le jardin de la prison de Solano (photo California Department of Corrections and Rehabilitation)

Class Shot(1)

L’équipe des participants à la prison de Los Angeles County, Yard B (photo California Department of Corrections and Rehabilitation)

 

Quelques pistes autour des jardins en prison

Les jardins dans les lieux de privation de liberté fleurissent, quelques exemples.

 

Connexion californienne à travers Calliope

En aparté, je vous donne des nouvelles d’une rencontre avec Ariel Schneider et sa sœur Aliyah la semaine dernière à Paris…grâce à Calliope qui avait fait les présentations en ligne. Ariel est « clinical social worker », une travailleuse sociale avec une pratique clinique et psychiatrique. Elle travaille au UCLA Resnick Neuropsychiatric Hospital à Los Angeles qui propose un jardin à des patients adultes hospitalisés en phase aiguë (retrouver un article qu’elle a écrit pour un magazine professionnel). Ariel suit en ce moment la formation du Horticultural Therapy Institute et, comme Calliope, a l’intention de devenir HTR (horticultural therapist registered) ce qui demande un stage de 480 heures sous la supervision d’une personne qui a le titre de HTR. Sa sœur Aliyah a travaillé à Prospect Meadow Farm dans le Massachusetts, une ferme gérée par un service de santé mentale. Toutes les deux ont envie de créer un espace dans la région de Los Angeles où des usagers pourraient venir pratiquer l’hortithérapie, des enfants aux adultes. Cela m’a fait penser au projet de Romane Glotain. En tout cas, très heureuse de renouer avec les racines californiennes de mon intérêt pour les jardins qui soignent. Quelle énergie, ces hortithérapeutes !

 

Nature et insertion : la philanthropie raisonnée de Green Link

Dominique du Peloux

Dominique du Peloux de Green Link « Je me suis intéressé aux bienfaits de la nature pour l’homme qui va bien, mais encore plus pour l’homme qui va mal. »

Créé fin 2013, Green Link est un fonds de dotation qui a déjà accompagné une douzaine de projets. Un fonds animé par une conviction, « la nature est un lieu privilégié pour mettre en œuvre des actions de réinsertion sociale et professionnelle ». La nature ne se résume pas ici aux jardins, elle comprend la ferme, la forêt, la montagne, peut-être un jour la mer. Grâce à des financements sur trois ans allant de 5 000 à 30 000 euros, Green Link soutient des projets auprès de quatre publics : les personnes désocialisées ou éloignées de l’emploi, les jeunes en décrochage, les personnes en situation de handicap ou de longue maladie et enfin les personnes détenues ou sous main de justice.

Dominique du Peloux, le fondateur de Green Link, est un financier. Il n’en fait pas mystère. Après 30 ans d’expérience, notamment en tant que fondateur du fonds d’investissements Chequers spécialisé dans les PME, il a créé Green Link sur le principe d’un fonds distributif. Précisons en passant que Green Link est membre d’Un Esprit de famille, une association qui regroupe les animateurs de fonds d’initiative familiale. L’idée de Dominique du Peloux est de sélectionner des associations en accord avec la mission de Green Link, « des associations qui tiennent la route et qui apportent un retour sociétal même si on ne sait pas encore bien le mesurer », explique-t-il.

« Beaucoup d’associations travaillaient déjà autour de la protection de la nature et de la biodiversité. Puis, j’ai rencontré le fondateur des Jardins de Cocagne. Je me suis intéressé aux bienfaits de la nature pour l’homme qui va bien, mais encore plus pour l’homme qui va mal. » Cependant, il souhaite apporter à la philanthropie une approche professionnelle. « Je veux sortir d’une logique qui fonctionne à l’émotion et aux liens personnels à des causes. Je veux sortir de la bienfaisance. Il faut devenir professionnel et efficace. Les associations doivent expliquer clairement leurs actions. » C’est son conseil d’administration, actuellement composé de trois personnes, qui tranche. Nouvellement arrivée en tant que directrice du développement, Emmanuelle Berthomier aide à amplifier l’action de Green Link.

Focus sur quelques projets

Capture d_écran 2018-01-28 à 13.46.14

Les missions de Green Link

 

En partenariat avec l’Association Nationale des Visiteurs de Prison (ANVP), Green Link contribue au financement d’un livre blanc qui va répertorier les jardins déjà implantés dans les lieux de détention et mettre en évidence les bonnes pratiques. Dans le monde pénitentiaire qui fait la Une en ce moment avec ses fortes tensions, les jardins ont commencé à entrer tout doucement (au centre pénitentiaire de Nantes, dans la maison centrale de Saint-Maur à Châteauroux,…) et a procuré des effets apaisants pour les détenus et les surveillants. Auprès de détenus toujours, la Ferme de Moyembrie est une ferme et un lieu de vie où des personnes en fin de peine travaillent au maraichage, à l’élevage ou à l’entretien des bâtiments.

Green Link soutient également Teragir, une association qui œuvre dans le domaine du développement durable. « A l’occasion de la Journée Internationale des Forêts qui aura lieu le 21 mars, Green Link, en partenariat avec Teragir, organise, du 8 janvier au 15 février 2018, un concours s’adressant aux associations œuvrant en faveur de l’insertion à travers les métiers de la forêt, du bois et des espaces verts », explique le site du Green Link.

La Lendemaine, c’est une association et un Foyer d’Accueil Médicalisé qui accueillent des adultes sur le spectre de l’autisme. Dans cette ferme en pleine nature située en Essonne, les résidents participent à des activités agricoles et artisanales pour une insertion ayant du sens, une meilleure qualité de vie au contact de la nature et une autonomie améliorée.

Quant à la Bergerie de Berdine dans le Luberon, il s’agit d’accueillir et d’accompagner des personnes en situation de grande exclusion, souffrant souvent de dépendances à des substances. Depuis 1977, « Les personnes accueillies travaillent sur différents ateliers domestiques ou de production en lien avec la ferme et le plein air (coupe de bois, maraîchage, cuisine, buanderie, chèvrerie, fromagerie…) afin de reprendre goût au travail et à l’effort ».

Green Link soutient aussi Seuil, une association qui propose aux jeunes de 14 à 18 ans de longues marches de rupture ou Cheval Espérance qui propose des activités d’équitation adaptée dans un milieu naturel ressourçant à des personnes en situation de handicap. Pour la nouvelle année, Green Link s’engage aux côtés de Veni Verdi dont j’avais déjà dit un mot et dont le nouveau projet est ambitieux : une ferme urbaine expérimentale sur 2 500 m2 au sein du collège Flora Tristan dans le 20e arrondissement de Paris.

Si vous avez un projet dans un des domaines cibles de Green Link et que vous cherchez un soutien financier, vous savez ce qui vous reste à faire. Pour plus d’information sur d’autres sources de financement, je vous renvoie à une série publiée en 2016 (1, 2, 3 et 4).

 

Lectures d’hiver

L’hiver, un bon moment pour lire pendant que les activités au jardin sont en sourdine et que les nuits sont longues. Pour ce premier billet de l’année, je vous propose une balade en trois temps : des livres de jardinage, quelques liens vers toutes sortes de jardins qui font du bien et l’annonce d’une nouvelle association dédiée à la biophilie et à l’écothérapie.

 

Jardiniers accomplis ou novices, que lisez-vous ?

Voici une sélection de livres et de magazines qui aideront les animateurs de jardins de soin à s’informer. Des lectures à partager avec les usagers des jardins.

Le Guide du Jardin Bio de Brigitte Lapouge-Déjean et Jean-Paul Thorez chez Terre Vivante. Le potager, le verger et les plantes ornementales, bichonnés façon bio. Un livre incontournable recommandé par Paule Lebay.

L’Agenda du jardinier bio 2018 de Xavier Mathias avec les jolies illustrations de Joël Valentin. Accompagné d’un calendrier lunaire et d’explications pour comprendre l’influence de la lune, cet agenda écrit avec humour est un guide à annoter. Pour la 1e quinzaine de janvier, quelques tâches : commander ses graines, poser des nichoirs à oiseaux, faire ses plantations d’arbres et d’arbustes ou encore taillez les branches mortes. N’hésitez pas à créer votre propre journal de bord dans un simple cahier avec commentaires, photos et dessins.

Le magazine Les 4 saisons du jardin bio et ses hors séries. Tous les deux mois des idées nouvelles pour animer le jardin. Ces deux livres et le magazine sont publiés par Terre Vivante qui possède aussi un centre en Isère que l’on peut visiter et où se déroulent des stages et formations.

La Permaculture dans un petit jardin – Créer un jardin auto-suffisant de Kurst Forster. La permaculture adaptée aux petits espaces par un pionnier de la méthode en Europe chez un autre éditeur à connaître, les Editions Ulmer.

Les potagers surélevés. De la construction à la plantation. Jardinez n’importe où! Par Tara Nolan. Très utilisés dans les jardins de soin, les bacs surélevés sont une excellente solution à plusieurs difficultés (manque de place, absence de bonne terre) et partie intégrante d’un projet DYI.

Que planter à l’ombre, Jardins, terrasses et balcons de Didier Willery. Des solutions pour un autre type de problématique. Du même auteur, on peut aussi signaler Dingue de plantes qui a reçu en 2016 le prix Redouté, qui récompense les meilleurs livres de botanique et de jardin en français.

Cultiver des plantes mellifères en ville et au jardin de Jacques Piquée. Un dernier ouvrage parmi le vaste catalogue des éditions Ulmer.

Mon jardin de plantes médicinales de Serge Schall. Une référence pour cultiver achillée,ail, bleuet, passiflore, raifort, coquelicot, livèche, rhubarbe, basilic, fenouil, lavande, mélisse officinale, menthe poivrée, romarin, origan, sarriette, sauge, souci, thym, verveine…

 

Où on parle de jardins qui soignent

Une collection d’articles glanés ici et là sur Internet. On parle de plus en plus des jardins à but thérapeutique dans la presse régionale, nationale, professionnelle…

Au CHU d’Angers, un jardin planté par les Incroyables Comestibles. Un jardin pour les résidents d’une unité d’hébergement temporaire et transitionnel à Fontenay-le-Comte en Vendée. Dans un Ehpad de Grabels dans l’Hérault, un jardin extraordinaire qui devrait fleurir au printemps 2018 tandis que celui-ci créé par Terr’Happy a déjà vu le jour à Saint-Germain-en-Laye. Le Parisien encore qui s’intéresse aux jardins thérapeutiques de l’hôpital psychiatrique de Montesson. Et un autre hôpital psychiatrique, le CH Laborit à Poitiers, qui inaugure il y a quelques mois son jardin dans une unité de géronto-psychiatrie. Et une troisième initiative dans un hôpital psychiatrique, le CHD Georges Daumezon à Fleury-les-Aubrais dans le Loiret, un projet dont j’ai déjà parlé à son inauguration en 2014 qui a reçu en 2017 un prix de l’ANFH (organisme collecteur de fonds de formation pour la fonction publique hospitalière) avec ce reportage en vidéo.

Et enfin un dossier sur les jardins qui soignent dans le magazine de l’Union nationale des entreprises de paysage, dossier auquel j’ai contribué en espérant que les paysagistes traiteront les jardins de soin avec respect.

 

Association Française de Biophilie et d’Ecothérapie (A.F.B&E)

Association

 « Observer, rencontrer, comprendre et protéger la Nature, c’est être Humain ». En août 2017, France et Dominique Pringuey convoquaient une assemblée générale constitutive de leur association en ces termes.

« Chacun d’entre vous a pu expérimenter les bienfaits d’une résidence à la campagne, d’une balade en forêt, d’une séance de jardinage… Ce profond ressourcement physique, mental et spirituel au contact de la nature est inné et nous concerne tous. Le monde scientifique l’appelle biophilie, une sympathie et un attrait irrésistible pour le vivant à l’origine de notre humanité. Cultiver notre biophilie, « en prendre soin » est indispensable à notre santé. Comprendre la biophilie c’est aussi prendre conscience de l’indispensable nécessité du respect et de la protection de l’environnement naturel. L’écothérapie s’appuie sur la biophilie pour la prise en charge du développement personnel et de certains problèmes psychologiques ou psychosomatiques. Elle est conduite par un thérapeute qui va proposer des activités ciblées en interaction avec la nature et/ou des éléments de la nature.

Cette association a donc pour objet de :

« Promouvoir la relation à la nature dans la vie quotidienne dans le but d’améliorer la santé des personnes. Encourager ainsi des comportements de respect et de protection de la nature. »

Pour ce faire elle propose de :
– Communiquer, partager et former aux fondements scientifiques de la biophilie, à ses applications pratiques individuelles, collectives et professionnelles.
– Agir pour la conservation de la biodiversité en explicitant ses rapports à la santé.

Et porter un autre regard sur l’écologie par la sensibilisation à l’écothérapie.
– Proposer des activités pratiques variées au contact de la Nature qui visent le bien-être physique, mental et social (définition de la santé par l’OMS)

– Organiser des ateliers pédagogiques et des actions créatives et participatives pour l’amélioration et la protection de l’environnement naturel privé ou public.

– Créer un réseau local de jardins, d’espaces naturels, de professionnels qui s’inspirent des messages de l’association. Organiser des visites, des journées portes ouvertes.

– Développer des partenariats locaux et nationaux

– Participer à la vie de la commune d’Escragnolles, à l’évolution de l’éco-tourisme dans les Alpes Maritimes et obtenir des labels dans le domaine écologique. »

On peut s’informer sur la page Facebook de l’association ou auprès de France Pringuey (france.pringuey (at) gmail.com). Un premier événement est programmé pour le  samedi 26 mai 2018 sur le thème des prairies fleuries dans notre environnement.

Symposium Jardins & Santé 2017 : un symposium fédérateur 2/2

On continue avec quelques interventions marquantes du deuxième jour et une synthèse par Béatrice Marteau de l’Association pour le Développement de l’Hortithérapie (ADHT). Je signale que Jardins & Santé vient de mettre en ligne des enregistrements audio des présentations et des tables rondes. C’est un énorme effort de rendre l’intégralité de la conférence accessible à ceux qui ne pouvaient pas être présents.

 

Thérèse Jonveaux et le JAZ (Jardin Alzheimer) de Nancy

La neurologue du CHU de Nancy a présenté l’avancée des recherches sur l’utilisation du jardin « Art, mémoire et vie », qui fête ses 10 ans. Conçu pour les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer et leur entourage, il est adapté à des séjours brefs de 3 ou 4 semaines (le jardinage y est une activité mineure). On attribue au jardin une diminution des coût de santé (moins de psychotropes sédatifs) et de la iatrogénie médicamenteuse (effets indésirables). Plus de 3 000 patients et proches, plus de 100 professionnels en ont déjà bénéficié. Avec 755 participants inclus dans le programme de recherche, il a déjà fait l’objet de neuf articles internationaux (sur les critères de conception par exemple). L’intervention de Thérèse Jonveaux a suscité l’intérêt de Science et Avenir. Les jardins ont besoin de publications scientifiques et d’articles grand public. Le Figaro avait également envoyé une journaliste au symposium.

Des bénéfices en pagaille:

  • Pour les soignés : autonomie, sommeil, nutrition, troubles psycho-comportementaux et capacités cognitives (réminiscence, orientation temps et espace, communication et interaction)
  • Pour les soignants : amélioration de l’environnement, facteur d’attractivité, prévention du burn out, restauration des capacités attentionnelles (un meilleur soignant), diminution de l’absentéisme.
  • Pour les familles.

Le jardin se décline en plusieurs programmes :

  • JAZ-TOP : les principes de base pour organiser les éléments d’un jardin afin d’y favoriser l’orientation dans l’espace. Quels sont les éléments pertinents pour se repérer ? un effet d’apprentissage qui se maintient dans le trajet retour a pu être démontré. Les patients ont des capacités d’apprentissage dans cet environnement riche en repères.
  • JAZ-ART : les œuvres d’art dans les jardins ont un impact émotionnel positif sur les visiteurs. La perception des éléments artistiques sollicite les différents registres de mémoire (mémoire sémantique, mémoire épisodique, mémoire collective)
  • JAZ-LOR : étudie la prise en compte, dans la conception du jardin « Art, mémoire et vie » des références à la mémoire culturelle régionale (vitraux par exemple).
  • JAZ NOCT : une thèse de médecine étudie les effets sur le sommeil des patients. Apparemment, plus les patients passent de temps au jardin, plus leurs nuits sont apaisées.
  • JAZ SELF : une autre thèse de médecine en cours sur le thème de conscience de soi qui montre que la conscience du corps au jardin utilise des mécanismes différents de la conscience du corps dans la musicothérapie.
  • JAZ-BURN : le jardin comme remède au syndrome de burnout professionnel qui menace les équipes de soins. Un espace vert, c’est mieux qu’un parking, mais lmes avantages sont encore plus nets avec un jardin adapté. Les relations sont meilleures et plus riches dans le jardin entre résidents et soignants. Les médecins parlent aux familles dans le jardin quand les choses sont tendues. Le jardin permet l’échange.
  • JAZ ATT : quand les infirmières font une pause dans une pièce ou dans le jardin, que montrent des tests d’attention aléatoires ?
  • JAZ FAM : une étude sur les relations familiales via le jardin commencera au printemps 2018. On apprend que le jardin est accessible en lit médicalisé pour l’Unité de Soins Palliatifs.

Thérèse Jonveaux envisage des cursus courts pour des formations professionnalisantes et un cursus pluridisciplinaire pour former des chercheurs à l’évaluation.

 

Le centre horticole de l’EPSM de Lille

L’EPSM, l’Etablissement Public de Santé Mentale de l’agglomération lilloise, possède 4 000 m2 de jardins. C’est là que des centaines de personnes – ailleurs ce sont des patients – deviennent passer un moment. Didier Mahé, responsable du secteur socio-éducatif, s’est battu pour sauver le centre horticole qui était voué à la démolition en 2011. « Les gens sont ici chez eux », dit-il du centre qui est ouvert jour et nuit. « Un jardin pour les enfants, espace pour les contes, labyrinthe, tunnels végétaux, cabanes. Chacun apporte sa trace ». Le lieu est ouvert vers la ville et les écoles, accueille des manifestations culturelles. La petite équipe du centre horticole, au grand complet pendant le symposium, forme aussi des membres des équipes soignantes pour essaimer au cœur des unités. L’objectif affiché est de changer le regard sur le psychiatrie…

 

Quelques pistes en vrac

  • Le jardin de soin et la biodiversité. Lucile Chapsal a présenté son travail sur la typologie des espaces au sein de l’hôpital Saint-Louis à Paris et leur diversité. Pourquoi la biodiversité dans les jardins de soin (pour être claire, il n’y a pas de jardin pour les patients à Saint-Louis) ? Pour stimuler la curiosité.
  • Le texte « Le droit de rêver» de la philosophe Martine Laffon qui a clôt le symposium.

 

Pour conclure, je partage une synthèse de Béatrice Marteau, la présidente de l’Association pour le Développement de l’Hortithérapie (A.D.H.T). Elle a mis en regard les freins et les leviers à la diffusion des jardins de soin tels qu’ils ont été décrits pendant le symposoium. Merci, Béatrice.

 

Freins Leviers
 

Faible implication des pouvoirs publics

 

Absence de financement public

 

 

Absence de réglementation en France

 

Programmes de l’ARS

(Santé et environnement / Santé et alimentation…)

Loi sur Développement Durable

 

 

 

Travaux de recherche non coordonnés en France

 

 

 

 

Offre de formations reconnues rare

 

 

Développement d’une notion de droit au risque

 

 

Implication du directeur d’établissement et d’une équipe pluridisciplinaire à qui il est nécessaire d’expliquer l’intérêt du projet

Nécessité de revoir le sens du soin, l’organisation du travail, la formation…

 

 

Peut devenir un « lien vert » dans un projet d’établissement (approche participative) si accompagnement sur le long terme

 

Difficulté de démontrer l’intérêt « global » du projet (cloisonnement des spécialités médicales et sociales)

 

 

Nécessité de mettre en place un partenariat avec les entreprises autour

 

 

Permet le développement d’un réseau riche

 

Déconnexion de l’être humain à la nature

Difficultés à analyser les besoins et les attentes, les possibles…

 

 

Mise en évidence des bienfaits sur l’être humain (études aux Etats Unis – expérience aux Pays Bas…)

 

Importance de la conscience du soi

 

 

Bienfaits pour les professionnels

(diminution absentéisme, turnover, augmentation concentration…)

 

 

Bienfaits pour les aidants

 

 

Moyens nécessaires à l’entretien de cet espace pas toujours pensés dans le projet initial

 

 

Analyse et réajustement difficile

 

 

 

 

Valorisation des JT sous l’aspect à la fois écologique, économique et social

Et en terme de diversité alimentaire

 

 

 

En 2017, Jardins & Santé a donné des bourses à quatre projets pour appuyer la création ou l’amélioration de jardins à but thérapeutique (JABT) :

Aménagement d’un JABT sécurisé pour les résidents âgés désorientés, EHPAD Boucicaut à Mont-Saint-Aignan, CHU de Rouen.

Aménagement d’un potager de cucurbitacées pour de jeunes adultes autistes, ITEP LeChâtelier-Henry Ey à Saint Florent sur Cher.

Ccréation de jardins de fleurs et jardins potagers pour adultes atteints d’épilepsie sévère, FAM à St. Etienne de St. Geoirs dans l’Isère.

Complément d’un aménagement de transformation des produits jardiniers pour de jeunes autistes, IME La Bourguette à Perthuis dans le Vaucluse.

Retrouvez tous les projets financés depuis 2009 sur cette carte.