Terr’Happy, une nouvelle force en région parisienne

Stéphanie Personne et Laure Bentze se sont rencontrées il y a à peu près un an. Depuis, elles n’ont pas chômé pour monter un projet qui met en commun leurs compétences pour créer des jardins, entre autres, thérapeutiques. Stéphanie est docteur en écophysiologie végétale, récemment diplômée en agriculture urbaine et professeur au centre de formation d’apprentis de Saint-Germain-en-Laye. Laure est écologue après des études reprises récemment. Elles nous racontent leur parcours et leur projet  Terr’Happy.

 

Les parcours de Stéphanie et de Laure

 

Genèse du projet Terr’Happy

 

Les enseignements de deux projets menés par Stéphanie dans le cadre de son dernier diplôme (Hauts-de-Seine et le Val d’Oise)

 

Leurs impressions sur l’état des lieux en France après un an de réflexion

 

Le jardin au Foyer d'Accueil Médicalisé d'Herblay

Le jardin au Foyer d’Accueil Médicalisé d’Herblay

 

Le jardin au Foyer d'Accueil Médicalisé d'Herblay

Le jardin au Foyer d’Accueil Médicalisé d’Herblay

 

Une résidente de l'Ehpad de Gonesse au jardin

Une résidente de l’Ehpad de Gonesse au jardin

La psychologue et une résidente au jardin de l'Ehpad de Gonesse

La psychologue et une résidente au jardin de l’Ehpad de Gonesse

Les Jardins de l’Humanité sortent de terre

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Les Jardins de l’Humanité dans la brume

Dans les Landes, à l’entrée de la ville de Saint-Vincent de Tyrosse et à 10 minutes de l’Atlantique, Estelle Alquier est en train de réaliser un rêve. Après avoir acquis une prairie de deux hectares, elle y construit depuis un peu plus d’un an 12 jardins thématiques. Un vaste projet qu’elle a baptisé les Jardins de l’Humanité et qui attire déjà des bénévoles réguliers pour l’aider dans son immense tâche. Porté par son association « Terres Océanes, Culture d’Humanité », le projet s’est fixé parmi ses objectifs principaux de « participer à la sensibilisation, la connaissance et la préservation de la diversité végétale et animale et du patrimoine local et régional auprès d’une large public. » Mais aussi de mener « des actions et pratiques écologiques, thérapeutiques, solidaires et respectueuses des hommes et de leur environnement. » Le potager Bonnot va, par exemple, servir à démontrer que la permaculture peut fournir une famille en fruits et légumes toute l’année sans trop de travail.

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Estelle Alquiler

Dans le jardin thérapeutique, il s’agira d’accueillir des enfants et des adultes. Déjà un premier projet avec le CCAS de Tyrosse pour permettre à une douzaine de bénéficiaires de venir jardiner régulièrement est en cours de montage. « J’aimerais organiser un pique-nique tous les trimestres pour qu’ils puissent faire visiter leur jardin à leur famille », explique Estelle qui propose par ailleurs des formations à l’hortithérapie aux personnels soignants en gérontologie, mais aussi auprès d’enfants et de jeunes. Autour du jardin thérapeutique, d’autres idées de partenariats sont à l’étude avec un EHPAD et une école primaire. Pour se familiariser avec l’expérience d’Estelle en matière de jardins thérapeutiques, direction son site dédié : après avoir suivi la formation à l’hortithérapie de Jean-Luc Sudres à l’université du Mirail à Toulouse en 2010, elle a déjà participé à la conception de plusieurs projets dont un jardin dans l’EHPAD « Notre Maison » à Biarritz.

Après avoir démarré le projet sur ses propres fonds et fait appel au financement participatif, Estelle est actuellement dans une phase de demandes de financements auprès de divers mécènes (la Fondation Yves Rocher Terre de femmes, Nature & Découvertes et d’autres). « Il reste encore quelques postes lourds comme le parking et les panneaux pédagogiques », confie cette ancienne journaliste, enseignante d’histoire-géographie et animatrice d’un centre sur l’environnement avec boutique bio et équitable. Mais aujourd’hui, les Jardins de l’Humanité sont devenus le projet qui donne un sens à sa vie. « Les bénévoles qui viennent régulièrement sont impressionnés. Moi, je trouve que cela n’avance pas assez vite. Ce projet est un aboutissement de mon parcours de vie depuis mes engagements à la fac. Mon côté militant est que les gens soient heureux. » Elle, elle le sait depuis qu’elle est enfant, être au jardin lui fait du bien. Les jeunes et les moins jeunes qu’elle accueille pour quelque temps viennent travailler sur son projet avec elle car ils cherchent leur voie et veulent essayer de nouvelles formes de solidarité.

Récemment, Sébastien Guéret de Formavert est venu visiter les Jardins de l’Humanité. Il a été bluffé par le souffle du projet et par la vision d’Estelle. On croise les doigts pour que l’inauguration se déroule, comme prévu, à la Saint-Jean en juin 2017. Pour contacter Estelle Alquier : terreoceane@yahoo.fr

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Le plan des Jardins

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Une structure en osier sépare le jardin médiéval du ruisseau en contrebas.

Création d’un jardin : le point de vue institutionnel

« Intégration d’un jardin thérapeutique en établissement accueillant des personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer et troubles apparentés ». C’est le titre du mémoire de Master 1 en Promotion et Gestion de la Santé soutenu par Arnaud Kowalczyk à l’Université de Tours en juin 2016. Vous pouvez le lire en intégralité ici.

Lorsque Paule Lebay m’a parlé du travail en cours d’Arnaud Kowalczyk, mon intérêt a été immédiat. Car si les étudiants en paysagisme se penchent de plus en plus sur les jardins thérapeutiques, c’était la première fois que j’entendais parler d’un étudiant issu du monde de l’administration des établissements intéressé par le sujet. Précisément, ce master prépare « des professionnels capables d’initier, de développer ou d’évaluer des programmes d’action en prévention et promotion de la santé efficaces et efficients » et « des professionnels sachant mettre en œuvre une gestion et un management performants au niveau de structures sanitaires et/ou sociales. » Nous aimons à dire que les animateurs de jardin devraient idéalement combiner une approche du soin et une approche du végétal. Bien sûr, mais les responsables d’établissements ont évidemment un poids très important dans la création et le succès des projets de jardins. Arnaud Kowalczyk plaide pour le besoin d’une reconnaissance institutionnelle.

Le mémoire d’Arnaud Kowalczyk commence très bien. J’ai été sensible à son rappel de la définition de la santé selon l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) : « un état complet de bien-être physique, mental et social et ne consiste pas seulement en l’absence de maladie ou d’infirmité ». Comme il l’écrit, « Il est important de rappeler cette définition qui va nous permettre de nous focaliser non pas sur la maladie d’Alzheimer ou des troubles apparentés de façon médicale et scientifique en institution, mais plutôt de l’amélioration du bien-être chez les personnes souffrant de cette pathologie et troubles associés. Ainsi, la santé environnementale définie par l’OMS, nous rappelle le rôle des facteurs environnementaux, de la qualité de vie, dans la maladie et dans l’amélioration de celle-ci ou du moins, du maintien du bien-être. »

Le mémoire s’articule autour de deux axes : les dimensions et finalités du jardin thérapeutique au niveau institutionnel pour lesquels l’auteur s’est appuyé sur la littérature et des entretiens, et la réflexion sur un jardin thérapeutique en établissement menée dans le cadre de son stage en accueil de jour.

L’auteur rappelle les différents plans qui peuvent servir de leviers d’action :

  • le plan Alzheimer de 2008-2012 dont la mesure 33 prévoit l’amélioration de l’évaluation des thérapies non médicamenteuses
  • le plan maladies neurodégénératives 2014-2019 et sa mesure 83 qui encourage une prise en charge « tournée vers des liens sociaux conservés évitant un sentiment de frustration, d’isolement pour les personnes atteintes de maladies neurodégénératives »
  • la loi relative à l’adaptation de la société au vieillissement qui doit favoriser la modernisation des établissements avec des bâtiments lumineux, végétalisés, dans le respect des besoins des personnes âgées et du personnel soignant…

 

Ambigüité législative et institutionnelle

L’Agence nationale de l’évaluation et de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux (ANESM) souffle le chaud et le froid : ses bonnes pratiques mentionnent « la liberté d’aller et venir, précisant que l’accès libre à un espace extérieur sécurisé et clos (jardin, terrasse) est recommandé et permet la déambulation en toute sécurité ». Mais en parallèle, l’agence rappelle qu’aucune intervention non médicamenteuse n’a apporté la preuve de son efficacité sur l’évolution de la maladie et elle se garde de mentionner explicitement le recours aux jardins thérapeutiques. Même chose du côté de la Haute Autorité de Santé. « Nous apercevons ici l’ambigüité législative, institutionnelle, quand il s’agit d’évoquer le jardin. Institutionnaliser le jardin de soin permettrait de légitimer la pratique et d’encourager les décideurs à plus de vigilance sur l’importance d’un espace pour que s’expriment les émotions, les besoins, les envies des bénéficiaires mais aussi des soignants parfois frileux à l’idée de pénétrer dans un espace non médicalisé. La rigueur de l’évaluation des traitements médicamenteux ne permet pas d’exposer aujourd’hui les évaluations souvent qualitatives des thérapies non-médicamenteuses », écrit Arnaud Kowalczyk. Ces approches sont encouragées, mais de fait marginalisées faute d’avoir fait la preuve de leur efficacité…

Après avoir fait état des associations qui œuvrent dans ce domaine – l’incontournable Belles Plantes d’Anne et Jean-Paul Ribes, la Fondation Truffaut, l’association Jardins & Santé, la Fondation de France et la fondation Médéric Alzheimer -, l’auteur s’est lancé dans un recensement des établissements accueillant des personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer qui offrent un jardin thérapeutique dans le département d’Indre-et-Loire. Sur 48 établissements figurant dans le Fichier National des Établissements Sanitaires et Sociaux (FINESS), il a réussi grâce à des appels téléphoniques à identifier 15 établissements possédant un jardin thérapeutique (souvent mal connu). Signe d’espoir, plusieurs établissements lui ont répondu qu’un projet était en phase de conception. Cette méconnaissance est-elle due à au manque de visibilité des jardins thérapeutiques et la formation pourrait-elle aider ? C’est la question que l’auteur se pose en constatant, comme nous tous, que la formation est encore très embryonnaire en France. Parmi les finalités du jardin (ce que nous aurions tendance à appeler les bienfaits), Arnaud Kowalczyk liste la sociabilité, le sentiment d’utilité sociale, la spiritualité et l’imaginaire, la thérapeutique cognitive et la thérapeutique physique et sensorielle.

Réflexion dans un accueil de jour en Touraine

Dans la seconde partie du mémoire, l’auteur partage l’expérience de son stage d’un mois au sein de l’accueil de jour Relais Cajou à Ballan-Miré près de Tours qui accueille des personnes présentant des troubles mnésiques et vivants à domicile. Les Relais Cajou, gérés par la Mutualité Française, ont pour objectif d’offrir une ambiance conviviale, non médicalisée et non stigmatisante. Alors qu’un autre Relais Cajou proche (Chambray-Lès-Tours) possède déjà un jardin potager, celui de Ballan-Miré, direction et personnel confondu, a exprimé la volonté de concevoir un jardin thérapeutique dans un espace vert existant. Dans le cadre de son stage, l’auteur a participé à l’élaboration du projet. Avec l’équipe, il identifie plusieurs objectifs généraux :

  • Stimulation des cinq sens, le renforcement de la proprioception et la consolidation des conduites motrices.
  • Proposer un espace de déambulation extérieur, un but de sortie.
  • Favoriser le lien social entre l’équipe professionnelle et les bénéficiaires.

Et plusieurs objectifs spécifiques :

  • Stimuler la motricité par le travail de la terre et des outils et la marche.
  • Stimulation cognitive avec l’activité calendrier et le rappel des noms de plantes, fleurs, ce qui a été planté.
  • Stimulation visuelle et orientation temporo-spatial par cet espace de déambulation.
  • Travailler sur la réminiscence.

 

Après avoir défini les points à couvrir dans l’étude de faisabilité technique, financière et environnementale, l’auteur regrette que l’avancée du projet ait été limitée par la durée du stage même si un potager a bien été planté au printemps. Dans la dernière partie du mémoire, il s’attarde sur quelques limites humaines (la légitimité du jardin comme support au sein, l’absence de formation, le manque de temps, la peur d’un support que les soignants ne maitrisent pas) et organisationnelles (le financement, implication au long terme du personnel, les normes de sécurité et d’hygiène imposées, les freins à la consommation de la production hors d’une cuisine thérapeutique).

Et le mémoire se conclut sur ce constat. « Car, en dépit du mouvement engagé pour l’intégration des jardins dans les établissements, la dichotomie entre le soin et la nature freine l’investissement dans les formations et l’implantation en structure. Notre travail ne s’inscrit pas dans la médicalisation du jardin thérapeutique car une banalisation dans la création des jardins qui se voudrait standardisée et normée ferait perdre tout le potentiel de cet espace. L’intégration d’un jardin thérapeutique vient donc par son essence même accompagner le soigné et prendre soin de celui-ci. »

En conclusion, on sent qu’Arnaud Kowalczyk veut croire au futur des jardins thérapeutiques tout en restant conscient des obstacles à leur acceptation institutionnelle.

Des collégiens lyonnais font le lien entre l’agriculture et leur assiette

J’espère que votre été vous a comblés de bonheurs et que cette période de retour se déroule le plus sereinement possible. C’est la rentrée, place aux jeunes.

Julie Le Gall, maître de conférences en géographie à l’Ecole normale supérieure de Lyon nous raconte le projet Marguerite/SensiAgri. Lancé depuis 3 ans au Collège Elsa Triolet à Vénissieux, dans le quartier des Minguettes, son but est de sensibiliser les élèves de collège à l’agriculture et à l’alimentation. Le programme est financé via le Programme national pour l’alimentation. Nous avions déjà eu l’occasion de nous rencontrer avant l’été pour une conversation vivifiante. Ce weekend, nous nous sommes retrouvées dans un jardin public parisien pour qu’elle vous explique la nature et les objectifs de son projet de sensibilisation à l’agriculture et à la justice alimentaire.

Pour en savoir plus, vous pouvez visiter le labo Environnement Ville Société au sein duquel travaille Julie à l’ENS de Lyon et la joindre par email (julie.legall (at) ens-lyon.fr). Si les questions de défis alimentaires vous intéressent, Julie recommande la lecture de ce dossier sur le sujet préparé par l’Institut d’Urbanisme d’IDF et en particulier l’interview d’Anne Liberman, psychologue sociale, sur l’éducation alimentaire.

Voici quelques photos des participants au projet au collège Elsa Triolet : les enfants heureux au potager, la récolte de radis, une expérimentation sur l’effet de serre, des dessins réalisés dans le cadre du projet Marguerite.

 

Le bonheur change de rythme

C’est l’été. Il est temps de prendre des vacances, un peu de distance. Au mois de mai, j’ai fini ma licence de psychologie à Paris 8. A la rentrée, j’embraye sur un master de psychologie clinique à Paris Nanterre où j’ai décidé de consacrer mon projet de recherche de M1 aux jardins de soin. Je vais travailler avec Antonia Csillik, une enseignant-chercheur qui s’intéresse aux mécanismes d’efficacité des thérapies et qui s’inscrit dans le courant de la psychologie positive. D’ailleurs, pour me mettre dans le bain, j’ai assisté sur ses conseils à la 8ème édition de l’European Conference on Positive Psychology (ECPP) qui se déroulait la semaine dernière à Angers. La découverte d’un monde foisonnant de recherche et d’expériences s’appuyant sur les notions de bonheur, de bien-être, d’émotions positives, de gratitude, d’optimisme, de développement post-traumatique et bien sûr de pleine conscience. Car l’hypothèse de mon projet de recherche, qui se déroulera dans un jardin qui reste encore à déterminer, va tourner autour de l’idée que les bienfaits du jardin de soin sont ancrés dans le fait d’être présent dans le moment, dans la pleine conscience. Je suis également à la recherche d’un stage de 250 heures supervisé par un ou une psychologue clinicien(ne).

Le constat est donc que les deux années à venir seront très intéressantes, mais également très chargées. Après avoir passé le relais à Susan Morgan pour le blog du Horticultural Therapy Institute que je vous encourage à suivre pour une vision américaine de l’hortithérapie, je devais aussi examiner mon engagement dans Le bonheur est dans le jardin. Parce que nous avons souvent des œillères invisibles, j’ai d’abord pensé, bien à regret, à l’arrêter complètement pour récupérer quelques précieuses heures. Mais une lectrice fidèle m’a soufflé une solution plus satisfaisante : pourquoi ne pas passer d’un rythme hebdomadaire à un rythme mensuel ? Evidemment ! Si j’avais encore des doutes, une rencontre en clôture de la conférence sur la psychologie positive m’a convaincue que je veux continuer. Une doctorante en Sciences de l’homme et de l’environnement à l’université de la Réunion avec qui je parlais de sa recherche sur les activités de pleine nature et la passion me dit qu’elle connaît mon blog et s’en est servi. Un de ces micro-moments où je me sens reliée par des liens souvent invisibles, parfois révélés, à des lecteurs que je ne connais pas. C’est décidé : à la rentrée, Le bonheur devient mensuel.

Roger Ulrich et Teresia Hazen, trois nouvelles études dans les cartons

Pour vous laisser sur une note positive à savourer cet été, sachez que Roger Ulrich, l’auteur de la fameuse étude View through a window may influence recovery from surgery publiée dans Science en 1984, travaille avec l’hortithérapeute Teresia Hazen sur trois nouvelles études ancrées dans les jardins de l’hôpital Legacy Health de Portland en Oregon. Au carrefour du stress, de la nature et des soins, les trois études se penchent sur des futures mères et leurs bébés, sur les proches qui visitent un malade en soins intensifs et sur les infirmières. La dernière fois que j’ai vérifié, les résultats n’avaient pas encore été publiés. En attendant, on peut écouter Roger Ulrich qui est aujourd’hui professeur d’architecture au Center for Healthcare Building Research de l’université de technologie de Chalmers en Suède, exposer ses idées sur la conception de meilleurs hôpitaux dans cette interview radio sur OPB. Et lire cette interview de Teresia Hazen sur le site de Nature Sacred qui a participé au financement de l’étude lancée en 2013.

 

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Un des jardins à Legacy Health à Portland, accessible aux futures mamans et à leurs visiteurs.

 

Je vous souhaite un bel été.

Paris est un jardin

Je ne veux pas parler du Jardin des Tuileries ou de celui du Luxembourg. Ni même des Jardins du Palais-Royal que j’affectionne particulièrement. Je veux parler des fenêtres fleuries et des mini-jardins qui fleurissent un peu partout dans le peu d’espace disponible, reconquis en particulier grâce aux programmes municipaux (jardins partagés, programmes Du vert près de chez moi ou plus récemment Permis de végétaliser). La couche administrative et très encadrée de ces programmes ne me réjouit pas forcément, mais la guérilla constante serait assez épuisante et ces programmes ont le mérite d’exister. Et en tout cas, ces Parisiens qui sèment et qui plantent se font du bien et font du bien aux autres. Y compris parce que leurs plantations urbaines poussent naturellement à la conversation entre voisins et inconnus.

Pour rester local, petit tour en images du 2e arrondissement.

 

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Le fameux Oasis d’Aboukir de Patrick Blanc, un lieu de promenade et de contemplation local.

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Le Potager de la Lune, jardin partagé dans le square Bidault (https://www.facebook.com/Potager2laLune/)

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Un autre mur végétal, plus modeste, rue Tiquetonne devant une école primaire.

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Le site du futur jardin partagé, le Jardin de Bonne, qui est pour l’instant un dépotoir et un cimetière de tuyas. A bientôt pour des nouvelles.

Patchwork

Au fil des semaines, j’accumule des références d’articles qui touchent, de plus ou moins près, au jardin de soin, à l’hortithérapie ou à la place de la nature pour les urbains. Beaucoup de ces liens circulent sur le groupe Facebook Jardins de soin ou me sont envoyés par des connaissances au courant de mon intérêt pour le sujet (merci Cléa, Nicole, Stew, Elise,…). Aujourd’hui, je les partage avec vous. Un peu en vrac. A vous de piocher dans ce qui vous intéresse.

Les Jardins de l’Humanité ont besoin de votre soutien

Les jardins de l'Humanité

Les jardins de l’Humanité

Estelle Alquier, présidente de l’association Terres Océanes, donne régulièrement des nouvelles des Jardins de l’Humanité. Voici son appel. « Les jardins de l’Humanité (19 jardins à vocation thérapeutique, historique, conservatoire, pédagogique et sociale) sont en cours de réalisation depuis septembre dernier (2015) dans le sud des Landes. Ce projet ambitieux est porté par l’association « terres océanes, cultures d’humanité » et avance grâce à l’implication de nombreux bénévolesvenus de toute la France. Nous arrivons au bout du budget de départ et pour continuer, nous faisons appel aux fondations, au financement public et à tous! Aucun doute qu’il verra le jour, cependant nous avons besoin de tous pour continuer. Une campagne de dons a démarré la semaine dernière sur le site helloasso, chaque don, dès 5 euros, est déductible des impôts et contribue à l’aboutissement de ce lieu hautement humain et écologique. Vous trouverez plus de détails sur notre site internet, accessible depuis le site de financement. »

Un jardin de soin à l’Institut Mutualiste Montsouris

Les acteurs en présence autour de ce jardin de soin inauguré en 2014: l’Institut Mutualiste Montsouris (département hospitalo-universitaire de psychiatrie de l’adolescent et du jeune adulte de l’Université Paris Descartes), l’association Jardin Art et Soin d’Alain Calender et le paysagiste Louis Benech.

Quantifier les bienfaits des espaces verts en ville

« Quand les élus, ou les promoteurs, regardent le budget d’un espace vert, c’est plutôt en termes de coûts que de recettes. Vu au mieux comme un plaisir apporté à l’habitant, au pire comme une onéreuse danseuse, le jardin n’est jamais crédité de ses bienfaits. Ils existent pourtant et peuvent même être chiffrés. Pour en avoir le cœur net, l’Union nationale des entreprises du paysage a demandé à l’institut Asterès de les recenser et, mieux encore, d’en faire une traduction monétaire. De cet exercice inédit se dégagent deux informations majeures : le jardin fait faire des économies en dépenses de santé et rapporte des rentrées en recettes liées à l’attractivité. » Lire l’article de Sybille Vincendon dans Libération.

Potagers en pied d’immeuble, jardins thérapeutiques en maisons de retraite

Une émission de Périphéries sur France Inter dédié à un jardin vivrier dans le quartier Bel Air de Montreuil. Montreuil, cela vous rappellera peut-être le projet de Yves-Aubert Alonzeau, l’un des gagnants du concours d’Avenir de la Fondation Truffaut en 2016. Décidemment, on jardine beaucoup à Montreuil.

Le site Ehpadeo, créé par deux frères pour aider les personnes âgées et leurs familles, dédie une rubrique aux jardins thérapeutiques en mettant en avant des projets dans plusieurs maisons de retraite.

Des jardins qui rapprochent

En Suisse, cette initiative qui date de 2011 permet à des migrants et à des réfugiés de s’insérer au travers d’une parcelle de jardin. En Alsace-Lorraine, j’ai entendu parler de trois jardins interreligieux de la Meinau, de Valff et de Saverne. Mais peu d’information filtre sur Internet malheureusement.

L’intelligence émotionnelle des plantes

« Est-ce que les plantes sont en résonnance avec l’Homme et le règne du vivant ? » C’est la question posée dans l’émission de radio Retour aux Sources à partir du livre « L’intelligence émotionnelle des plantes » de Cleve Backster avec deux invités autour de la table de Joëlle Vérai : Bénédicte Fumey qui est porte-parole du Pacte civique et Jacques Collin, ingénieur, écrivain et conférencier. J’avoue que je n’ai pas encore écouté l’émission jusqu’au bout…

Encore plus méconnue que l’hortithérapie, la bibliothérapie

« Inspirée par la philosophie grecque, plébiscitée par Marcel Proust à la fin du XIXè siècle et complètement reconnue aujourd’hui en Grande Bretagne, la bibliothérapie se fait attendre en France. Pourtant, l’apaisement des maux de l’âme ou le renforcement du bien-être psychologique par la lecture résonnent presque comme des effets on ne peut plus évidents. Il faut dire que ces pouvoirs prêtés au livre ont des origines très anciennes et sont désormais scientifiquement prouvés. » Cet article très complet fait un bilan historique et contemporain de la lecture comme acte thérapeutique.

Le coin anglophone : une maternelle dans les arbres, des ordonnances de nature et un nouveau livre

Une jeune élève à la Fiddleheads Forest School à Seattle (photo du New York Times).

Une jeune élève à la Fiddleheads Forest School à Seattle (photo du New York Times).

A Seattle, une maternelle installée dans University of Washington Botanic Gardens fait classe dans la forêt. Un article du New York Times raconte l’expérience de Fiddleheads Forest School. On dirait que l’appel de Richard Louv dans son célèbre livre Last kid in the woods a été entendu.

De San Francisco à Washington, des médecins américains prescrivent des marches dans la nature à leurs patients. Pas seulement pour faire de l’exercice, mais aussi pour raviver leur connexion avec la nature et stimuler leur cerveau. La pratique existe aussi en Angleterre. En France, j’ai entendu une professionnelle de la santé conseiller à une patiente de marcher en pleine conscience à travers un parc qui se trouve quotidiennement sur son chemin…

David Kamp a fondé Dirtworks Landscape Architecture à New York pour explorer l’interaction de la nature, de la santé et du bien-être. Il vient juste de publier Healing Garden, un livre qui mêle théorie et pratique. Je ne l’ai pas lu. La description du livre n’est pas sans rappeler Therapeutic Landscapes de Clare Cooper Marcus et Naomi Sachs.