Une journée dans les jardins de soin de la région Paca

Je laisse avec grand plaisir la parole à Carole Nahon pour qu’elle nous raconte un colloque extraordinaire auquel elle a participé le 30 juin 2017. Un billet écrit « à six mains » comme le dit joliment Carole, puisque France Pringuey et Sébastien Guéret, qui présentaient eux aussi leur travail et leurs réflexions lors de ce colloque, ont apporté leur contribution. Merci à tous les trois de nous faire vivre cet événement de l’intérieur et aux organisateurs d’avoir pris l’initiative de ce rassemblement et d’avoir réalisé une capture sonore. Vous pouvez joindre Carole (nahoncarole (at) gmail.com).

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Le 30 juin dernier j’ai eu le très grand plaisir, la grande fierté aussi, d’assister et d’intervenir au premier Colloque sur les jardins thérapeutiques qui se tenait en PACA. Je pourrais dire…enfin, tant nous attendions un tel événement dans notre région.

Organisé par le CRES PACA (Comité Régional d’Education pour la Santé) à la demande de l’ARS, (Agence Régionale de la Santé), il visait à sensibiliser les personnels des établissements sanitaires et sociaux de la région aux bienfaits des jardins de soin dans ces structures. Nous avons été accueillis dans le très beau Centre gérontologique départemental, où nous attendait un petit déjeuner très sympathique.

Ce qui m’a tout de suite frappée, c’est la chaleur et la bienveillance qui régnaient dans cette assemblée. J’ai retrouvé peu à peu des visages connus, France et Dominique Pringuey, Sébastien Guéret, Bethsabée de Gunzbourg, Marthe, une amie dracénoise dont le père réside à l’Ehpad dans lequel j’interviens. Et aussi Sarah Bertolotti que j’avais accueillie au cours de son épopée des jardins de soin il y a un peu plus d’un an, avec Louise Lastérade. Sentiment d’être dans un jardin de soin c’était bon, même si j’avais les mains un peu moites à l’idée de parler devant tant de personnes inconnues, pour la première fois de ma vie !

Toute la journée je me suis promenée dans un jardin

Celui de Muriel Andrieu-Semmel, responsable du Département Santé Environnement, ARS PACA, qui a conclu son allocution d’ouverture par la lecture d’un passage d’un recueil d’Henri Michaux. Le Professeur Sambuc, Président du CRES PACA, nous a emmenés dans le jardin de Shakespeare qui écrivait « Notre corps est notre Jardin, et notre volonté en est le jardinier ».

Le jardin de France Pringuey est un paysage de Savane qui selon les études scientifiques ouvre les émotions positives, régule le niveau de stress, récupère le niveau d’attention et favorise la créativité, ce qui prouve notre ancrage profond à la Nature, inconsciemment.

https://soundcloud.com/1egal2/allocutions

 

Sébastien Guéret nous a invités dans le jardin des paradoxes, ce jardin qui nous fait du bien mais qui doit rester dangereux car vivant et qui nous incite ainsi à faire attention, à reprendre possession de nos sens.

https://soundcloud.com/1egal2/a-quoi-ressemble-un-jardin-therapeutique-sebastien-gueret-1

Dans le jardin de Valérie Montès, il faut être vigilant pour ne pas être piqué par les moustiques ! Son étude sur la typologie des jardins révèle l’intérêt d’un maintien des trois niveaux de végétation veillant à maintenir le milieu ouvert.

https://soundcloud.com/1egal2/les-precautions-sanitaires-et-environnementales

Le Docteur Carenco, médecin hygiéniste, nous accueille dans son jardin en nous rappelant que « la saleté n’est pas le milieu naturel mais au contraire un milieu complètement artificialisé, un lieu où plus rien ne vit. L’hygiène est une science des équilibres, du maintien de l’harmonie entre l’homme et son milieu. » Pas de plantes invasives, aucune plante allergisante et pas de produits phytosanitaires dans le jardin. Mais si la terre n’est pas sale, elle est porteuse de bactéries qui tuent encore trop de personnes aujourd’hui ! On se lave donc les mains après avoir travaillé au jardin, on lave les outils, on vérifie nos vaccinations anti-tétaniques. Il a enfin rappelé l’intérêt de consommer les plantes cultivées dans le jardin, ce qui peut paraître compliqué dans les établissements de soin.

https://soundcloud.com/1egal2/sssssss

 

Et puis on est entrés dans le Jardin des Sens de Danielle Barilla, art thérapeute et responsable du jardin thérapeutique du Centre qui nous accueillait. Un jardin extraordinaire ! Son travail l’est aussi. Ce n’est d’ailleurs pas son jardin, tant chaque espace est investi de la présence des résidents qui y travaillent.

 

Les jardins d’Amel Daoud, éducatrice à l’atelier thérapeutique de la Belle de Mai, sont nombreux. Elle y accompagne des personnes en souffrance psychique, orientées et suivies par le personnel soignant et elle les aide ainsi à retrouver un sens à leur vie.

https://soundcloud.com/1egal2/amel-daoud

 

En ce qui me concerne, les personnes âgées, parfois désorientées, embellissent leur jardin et retrouvent, le temps d’un atelier, les joies du partage et de la convivialité.

https://soundcloud.com/1egal2/carolenahon

Les Jardins d’hospitalité de Loïc Panzani, éducateur et directeur du Naturoscope, sont vastes et pas toujours autonomes, comme il nous l’a expliqué. Grâce à lui nous avons compris, si nous ne le savions pas encore, qu’un jardin a besoin d’une personne dédiée à son animation (intervenant extérieur ou interne). Il en va de sa pérennité.

https://soundcloud.com/1egal2/loicpanzani

Après le repas pris dans les jardins du Centre, nous avons poursuivi notre visite par les jardins de l’Association Jardin &Santé. Bethsabée de Gunzbourg est revenue sur les dix ans d’appels à projet de l’association et sur son action en faveur des jardins thérapeutiques en évoquant les réussites, les difficultés, les critères de choix d’attribution des bourses.

https://soundcloud.com/1egal2/le-jardin-a-but-therapeutique-contemporain

Enfin, nous sommes entrés dans les jardins de soin de l’Armillaire, du Fil d’argent et celui, en devenir, des Hirondelles à Biot.

Le Jardin de l’Armillaire est un jardin conçu par France Pringuey dans le cloître de l’ancienne abbaye de Saint Pons. Comme tous les jardins que nous avons visités aujourd’hui, c’est un jardin qui apaise, qui aide à la restauration de l’estime de soi. Dans ce jardin, on évalue aussi, scientifiquement, les effets du jardin sur les patients. Le Professeur Dominique Pringuey insiste sur l’importance des évaluations, de la concertation, de l’implication des soignants, des dirigeants des établissements pour la réussite ainsi que sur la nécessité de publier dans les revues scientifiques et médicales pour créer une saine émulation entre les différents acteurs de ce sujet.

https://soundcloud.com/1egal2/temoignages-regionaux

Le Jardin de Philippe Duval, directeur du Centre d’Etude et d’Action sociale du Var, est comme un jardin collectif. Accueil de jour, il est né du constat que beaucoup de personnes soutenues par les services d’aide à la personne de l’association étaient touchées par la maladie d’Alzheimer. Je dis que c’est un jardin collectif, tant il est le fruit de l’entraide, de la générosité, de l’empathie de tous ses acteurs. Au cours de la promenade, Philippe Duval nous explique qu’il est parvenu à organiser et à coordonner trois journées de chantier collectifs avec une soixantaine de bénévoles pour sa réalisation!! Dans ce jardin, on organise des fêtes, on cultive des légumes. Le bâti est en bois, tout est magnifique et nous a semblé à la fois léger et opérationnel.

https://soundcloud.com/1egal2/lefildargent

Fernand Mateo, Directeur de l’Institut médico-éducatif pour enfants polyhandicapés des Hirondelles, à Biot ne nous a pas fait visiter son jardin. Enfin si, il nous a présenté le très beau projet qui n’a pas encore vu le jour, en raison d’un manque de fonds. Avec lui, nous avons touché du doigt les difficultés que les directeurs d’établissements rencontrent pour financer les jardins de soins, malgré le sérieux, la concertation et l’engagement de tous les intervenants. Alors qu’il serait plus logique et confortable pour tous de réaliser le jardin en une seule fois, il envisage aujourd’hui de procéder par tranche.

La journée s’est terminée dans le Jardin des Sens, avec Danielle Barilla. Après toutes ces visites virtuelles de beaux jardins, nous nous sommes réjouis de nous promener pour de bon dans ce jardin merveilleux.

Je remercie chaleureusement France Pringuey et Sébastien Guéret qui m’ont aidée à la rédaction de cet article. Ils ont apporté leur vision de tous ces beaux jardins et m’ont permis d’être la plus complète possible. Allez vous aussi vous promener dans les jardins de soin de ce très beau colloque.

Enfin je dois saluer chaleureusement le CRES PACA ainsi que l’ARS pour la qualité de ce premier colloque. Elodie Pétard, chargée de projets en santé environnementale au sein du CRES a coordonné cette journée avec efficacité et douceur. Chacun de nous est reparti avec un document très complet sur les jardins de soin, réalisé par les documentalistes du CRES.

Vous trouverez ci-dessous le lien qui vous permettra de consulter tous les diaporamas qui accompagnaient les interventions.

http://www.cres-paca.org/r/127/colloque-un-jardin-pour-accompagner-le-soin-juin-2017/

 

Reconversion dans les jardins thérapeutiques

« Je veux proposer des jardins thérapeutiques avec une solide base en aménagement paysager. » Après 24 ans dans la communication, 20 à Paris et les quatre dernières dans sa région d’origine à Toulouse, Béatrice Bonzom Dedieu rêvait d’une reconversion. Jardinière amatrice, elle se rend en 2014 au symposium Jardins & Santé. Elle découvre également la Cité des Sciences Vertes, un établissement rassemblant plusieurs parcours scolaires autour de l’horticulture, de l’agriculture et de l’agronomie. Elle présente un projet de reconversion professionnelle pour y faire un BTS Aménagement Paysager en formation continue, partiellement financé par la région Midi-Pyrénées. Depuis quelques mois, elle suit un cursus d’un an sur le campus d’Auzeville. Elle est particulièrement heureuse que les jardins thérapeutiques soient le sujet de l’année. « C’était une demande des élèves qui ont commencé à faire des rapports sur le sujet », explique-t-elle.

Emilie Ferrer, l’enseignante responsable de ce module d’initiative locale (mil) consacré cette année aux jardins thérapeutiques après les jardins partagés l’an dernier, a suivi la formation proposée par Jean-Luc Sudres à Toulouse tout comme Béatrice qui a bien entendu des bruits sur la création d’un diplôme dédié aux jardins thérapeutiques par le professeur de psychologie, mais n’en sait pas plus. « Ce serait quelque chose sur deux ans, quelque chose d’ambitieux et de pluridisciplinaire ». Emilie Ferrer a également suivi la formation sur les jardins de soin à Chaumont-sur-Loire, contrairement à Béatrice. « Au final, j’ai plus appris sur le jardin thérapeutique au symposium et par mes propres recherches pour l’instant. Ce BTS me permettra d’être crédible sur les fondamentaux comme l’analyse de la terre ou les systèmes d’arrosage », résume Béatrice.

En parallèle de son BTS, elle met les mains dans la terre. Aux côtés de Macadam Gardens, elle s’implique dans un projet de patio à la clinique Pasteur (un projet différent du jardin sur le toit créé par l’entreprise). « J’ai travaillé sur la version 1 du jardin de la Clinique Pasteur et une autre stagiaire d’Auzeville travaille actuellement sur la version 2″, explique-t-elle. « Je travaille actuellement pour le Jardin des Vents de Castelnaudary. J’ai rencontré John Riddel et nos échanges m’ont enthousiasmés. » Elle a commencé à rencontrer d’autres cliniques intéressées, mais sans budget pour financer des projets. Au moins, ces établissements pourront-ils se transformer en lieux de stage. Au fil de sa réflexion, Béatrice a également contacté Terramie et envisagé de se franchiser. Mais elle a abandonné cette piste car elle n’a pas envie « de cracher du devis » comme elle le décrit. Chemin faisant, elle rencontre des professionnels du jardin qui lui racontent être sollicités pour faire des jardins thérapeutiques. « Il faut évangéliser sur l’intérêt du jardin thérapeutique. Il faut faire de l’évaluation et des études. Tous mes projets dans le cadre du BTS sont une variation sur le jardin thérapeutique : la discussion avec l’équipe, la conception et l’évaluation. »

Un formateur invité raconte le module « jardins thérapeutiques »

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Rencontre entre les stagiaires du BTS Aménagement Paysager et les jeunes dans un IME de la région de Toulouse.

Sébastien Guéret de Formavert est venu prêter main forte à Emilie Ferrer pour animer le module qui se tenait la semaine dernière. « Emilie est une enseignante très « pêchue » et intrépide. Elle n’a peur de rien. Elle n’est pas du tout spécialiste du sujet mais elle a su proposer un programme qui tient la route en compilant les apports reçus des deux formations qu’elle a suivies. Elle fait surtout partie de ces enseignants qui plutôt que de délivrer un discours formaté va mettre ses stagiaires en situation de réflexion et de recherche. Donc elle les a fait plancher sur le sujet », explique Sébastien, admiratif et impressionné par l’expérience. A l’initiative de l’enseignante, un après-midi a donc été consacré à une animation auprès de jeunes souffrant d’autisme dans un IME. « Les stagiaires étaient en binômes et avaient à charge de réaliser avec les résidents de l’institution un « cadre végétal » qui resterait ensuite à l’institution. 20 stagiaires, répartis dans 4 unités différentes, du matériel, des ballots de tourbes, du grillage, des plantes, c’était un peu le bazar mais l’éducateur qui a coordonné tout ça s’est montré très disponible et bienveillant. Et l’animation s’est très bien faite. La qualité de relation et d’animation qui s’est dégagé de la part de ces stagiaires a bluffé tout le monde. Les personnels de l’institution n’en revenaient pas que des personnes sans aucune formation sociale puissent mener un tel travail auprès de leurs résidents », raconte Sébastien.

Et la contribution de Sébastien? Apporter sa longue expérience et son témoignage aux stagiaires. « On a fait un « débriefing » à chaud de l’animation et le lendemain j’ai refait un debrief avec des apports didactiques. On a retravaillé la notion d’objectifs thérapeutiques pour inscrire le jardin dans un processus de soin et on a fait travailler les stagiaires sur la conception d’un jardin thérapeutique à partir d’un patio de l’IME visité la veille. » Le lendemain, les revoilà partis sur le terrain. Cette fois, dans un CPC (Centre de Post-Cure pour malades souffrant de troubles psychiatriques) qui offre un atelier espaces verts qui n’est toutefois pas à but thérapeutique.

« Au final je pense que cette semaine aura permis une réelle ouverture sur le sujet. Ceux qui voudraient s’y consacrer plus pleinement auront encore beaucoup de choses à découvrir évidemment mais c’était une bonne approche. Pour les autres, cela aura le mérite de leur avoir ouvert les yeux sur la relation que l’on peut avoir au végétal et sur ce sujet qui, au-delà de la thérapie, touche tout le genre humain. Si toutes les formations horticoles pouvaient proposer une telle ouverture, les jardiniers de demain auraient bien plus conscience du rôle qu’ils ont à jouer dans notre société. »

 

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Les mains dans la terre

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Le cadre prend forme avec application

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Les cadres végétaux réalisés par les jeunes et les stagiaires : une première expérience pour les uns et les autres.

Pendant l’hiver, on ne se tourne pas les pouces

Formation

La dernière session de formation en novembre dernier a rassemblé 21 stagiaires (éducatrices spécialisées, ingénieurs agronomes, AMP, art-thérapeutes, une étudiante en master, un prof de LPA, des animateurs, des jardiniers…). En mars 2016, l’équipe de formation remet ça…

Sébastien Guéret et sa bande (Viviane Cronier, Anne Ribes, Alfredo Ferreruela, Catherine Legrand) proposent une formation « Découverte de l’horticulture thérapeutique » du 7 au 10 mars à Marseille et à La Ciotat. Le deadline pour s’inscrire est le 7 février et, aux dernières nouvelles, il restait quelques places. En résumé, les objectifs sont de comprendre comment l’activité de jardinage peut s’intégrer dans un processus de soin, de lutte contre l’exclusion ou le vieillissement, de découvrir l’hortithérapie, d’être capable de construire des objectifs adaptés aux publics vises et de définir un projet d’hortithérapie. Cette formation s’adresse aux personnels soignants, éducatifs, pédagogiques. Pour plus de renseignements et pour les modalités d’inscription, voir ici.

Quoi faire au jardin en janvier et février?

En plus de se former et de lire au coin du feu, on peut poursuivre quelques activités même au cœur de l’hiver. Pour glaner des idées, faisons de nouveau appel au livre « Growing with gardening : a 12-month guide for therapy, recreation and education » par Bibby Moore dont j’avais déjà parlé.

Voici des suggestions de Bibby Moore pour le mois de janvier :

  • Se procurer des catalogues de graines
  • Faire germer des graines
  • Visiter la bibliothèque (ou Internet) pour lire des livres de jardinage
  • Etudier les brindilles
  • Fabriquer des étiquettes pour les arbres
  • Entretenir ses outils de jardinage
  • Transplanter des légumes de printemps
  • Construire une mangeoire pour les oiseaux
  • Faire germer une graine d’avocat
  • S’intéresser aux cactus et aux plantes succulentes
  • Regarder des films (pour des suggestions du moment, on pense aux documentaires Demain déjà sur les écrans et Les Saisons qui sort le 27 janvier)

Et pour février :

  • Lancer les bulbes de caladium (oreilles d’éléphant, cœur de Jésus, ailes d’ange,…)
  • Garder les peaux d’orange pour faire des concoctions, pots pourris,…
  • Bouturer des arbustes persistants
  • Planifier un jardin de printemps
  • Semer de la laitue en extérieur et des graines de chou-fleur en intérieur
  • Habituer les plants de brocoli et de choux en les sortant quelques heures par jour, puis toute la journée, puis en permanence
  • Planter des graines dans une éponge.
  • Commencer un jardin d’herbes
  • Choisir des plantes pour réaliser des activités plus tard
  • Fabriquer un terrarium
  • Préparer un jardin de fleurs

En prime, quelques autres idées de jardinage et de fabrication maison « repiquées » à Paule Lebay, Anne Babin et d’autres : une serre en bouteilles, le magazine en ligne Jardiner Malin pour son calendrier lunaire et ses conseils et encore des suggestions de saison sur le site consoGlobe.

 

Formations : état des lieux, partie 2/3

On continue le tour de France des formations aux jardins de soin, jardins à visée thérapeutique et autres appellations. Etrangement, la répartition géographique semble nettement avantager le sud de la Loire (Martine Brulé dans le Var, Jocelyne Escudero dans le Lot, Sébastien Guéret à Marseille, le Centre de Formation de Chaumont-sur-Loire,…).

Anne et Jean-Paul Ribes au Centre de Formation de Chaumont-sur-Loire et ailleurs

Anne Ribes au Jardin d'Epi Cure à la Maison des Aulnes (Maule)

Anne Ribes au Jardin d’Epi Cure à la Maison des Aulnes (Maule)

Depuis octobre 2012, Anne et Jean-Paul Ribes offrent deux fois par an au printemps et à l’automne une formation de trois jours dans le magnifique cadre de Chaumont-sur-Loire. La formation intitulée « Jardin de soin et de santé » fait la part belle à trois autres intervenants : Sébastien Guéret de FormavertStéphane Lanel, animateur à la Maison des Aulnes et Dominique Marboeuf, responsable espaces verts au Centre Hospitalier Mazurelle. De plus, les stagiaires ont l’occasion de traverser la Loire pour aller à l’EHPAD d’Onzain visiter le jardin de Paule Lebay qui fait un retour sur son expérience. C’est la seule formation que j’ai eu le plaisir de suivre et je peux la recommander en connaissance de cause. Des modifications ont été apportées depuis la première session : les participants vont plus loin dans la réalisation de leur projet de jardin de soin. Les prochaines formations sont prévues pour les 1,2,3 octobre 2014 et les 19, 20, 21 mai 2015. Quant à la session d’automne, elle aura lieu les 22, 23 et 24 septembre 2015. Voici la plaquette. Jean-Paul Ribes avait annoncé qu’une session courte exclusivement réservée aux « méthodes d’animation d’un jardin de soin et de santé » est en projet pour début juin 2015 : cette session courte deuxième niveau aura lieu les 9 et 10 juin 2015.

Par ailleurs, Anne Ribes donne des formations en intra-entreprises (Parthenay, Mantes-la- Jolie,…). Pour les formations ouvertes et pour les formations à la demande dans un établissement, il faut contacter le Centre de Formation de Chaumont.

Contacter Chaumont

informations auprès de Hervé Bertrix

herve.bertrix@domaine-chaumont .fr

www.domaine-chaumont.fr

Ou l’association Belles Plantes fondée par Anne et Jean-Paul Ribes

assobelleplante@aol.fr

Sébastien Guéret : Formavert et RJSM

« FORMAVERT organise des formations en intra toute l’année à destination des structures médico-sociales. Les programmes sont rédigés en fonctions de la demande et de l’analyse que je peux en faire », explique Sébastien Guéret. « Ce sont des programmes de découverte du concept d’hortithérapie et d’ingénierie de projet : comment mettre en place le projet dans l’institution pour qu’il fonctionne. »

L’idée est de présenter en 2 jours :

  • L’Hortithérapie et ses acteurs,
  • Puis d’expliquer comment on monte un projet institutionnel,
  • Comment on fait un jardin (conception et réalisation),
  • Quelles sont les particularités d’un jardin dédié à l’hortithérapie
  • L’animation d’un atelier jardin

Ces « modules » seront traités plus ou moins rapidement en fonction des besoins, des problématiques et de l’avancement du projet d’atelier jardin dans l’institution.

« Nous proposons pour la suite des stages complémentaires qui peuvent aller de 1/2 journée à 3 jours pour accompagner nos clients dans la réalisation :

  • Le jardin naturel (jardinage écologique)
  • Ingénierie de projet (monter une équipe, passer d’un projet de personnes à un projet institutionnel, construire des objectifs adaptés et opérationnels…)
  • Analyse des pratiques
  • Toutes les techniques de réalisation et d’entretien des jardins (maçonnerie paysagère, engazonnement, entretien des gazons, taille, plantations…)
  • Un projet d’animation au jardin.
Sébastien Guéret pendant une formation à Chaumont-sur-Loire

Sébastien Guéret pendant une formation à Chaumont-sur-Loire

« Mais notre offre n’est pas exhaustive, nous pouvons, en fonction de ce que nous sentons dans notre échange proposer des modules plus spécifique sur l’approche des différents types de handicap, l’évaluation, la pédagogie par objectif par exemple. Dans ces interventions je peux intervenir, seul ou accompagné (par exemple Anne Ribes était venue me retrouver une après-midi dans une clinique pour traiter spécifiquement de l’animation dans une formation de 2 jours que j’ai animé seul par ailleurs). J’ai des intervenants (collaborateurs ou partenaires) « spécialisés » dans différents domaines (animation, institution, pédagogie, médical, handicap…). »

Mais ce n’est pas tout. « FORMAVERT et le Réseau des Jardins Solidaires Méditerranéens (RJSM) co-organisent avec les Jardins de l’Espérance à La Ciotat des sessions de formation en inter-entreprise. Nous en organisons une par an en général (2 fois la première année, en 2012) au mois de mars. Mais par exemple cette année nous avons déjà commencé à constituer une liste d’attente et au besoin nous pourrons peut-être en organiser une autre en décembre 2014 », continue Sébastien.

La formation est menée par deux intervenants permanents sur 4 jours (Viviane CRONIER des Jardins de l’Espérance et Sébastien Guéret) plus 3 autres intervenants qui viennent chacun pour une demi-journée. « La dernière matinée nous mettons en place, aux Jardins de l’Espérance, une séance d’animation avec des personnes en situation de handicap. La séance est préparée la veille avec les stagiaires. Cette année nous avons accueillis dans ce cadre 2 groupes d’adultes d’un « foyer occupationnel » (déficience intellectuelle et handicaps associés) et un groupe de mal ou non-voyants qui ont pu jardiner, encadrés par nos stagiaires. »

« Nous pratiquons un tarif solidaire (moitié prix) pour les personnes qui n’auraient pas de possibilité de prise en charge par un opca ou le pôle emploi et qui s’inscrivent comme « particulier », précise Sébastien qui a un dernier conseil. “Je crois qu’il faut bien comprendre qu’aucune des actions proposées ne ressemble à une autre : par exemple les 3 formations dans lesquelles j’interviens (FORMAVERT intra, RJSM et Chaumont inter) sont très différentes les unes des autres, chacune ayant ses avantages et ses inconvénients. C’est d’ailleurs pour ça que je présente les autres car il est important que le demandeur aille finalement là où cela lui semble le plus indiqué en fonction de sa problématique. »

Contacter Sébastien Guéret

http://www.formavert.fr

formavert@free.fr

 

Et le réseau RJSM

http://www.reseaujsm.org/spip.php?rubrique86

http://www.jardinesperance.org

Formation « Le Jardin de soin et de santé » : 9-11 avril à Chaumont-sur-Loire

Certains lecteurs du Bonheur est dans le jardin me demandent régulièrement où se former à la thérapie horticole en France. Le sujet de la formation est vaste et ne sera pas résolu de si tôt. Par contre, la prochaine session de l’atelier « Le Jardin de soin et de santé », elle, est programmée pour les 9, 10 et 11 avril au domaine de Chaumont-sur-Loire. Pour tous ceux qui veulent apprendre comment concevoir un projet de jardin de soin, le financer, le réaliser et l’animer dans la durée, je conseille très vivement cet atelier mené par Anne et Jean-Paul Ribes, deux pionniers français qui se complètent à merveille.

Infirmière jardiniste et auteur de Toucher la terre : Jardiner avec ceux qui souffrent, Anne a de nombreux jardins de soin à son actif et cette vaste expérience alimente bien sûr l’atelier. Jean-Paul apporte un cadre théorique aux nombreux exemples pratiques. Ils ont eu la bonne idée de s’entourer d’intervenants qui apportent d’autres éclairages : Sébastien Guéret de Formavert est jardinier et animateur de formations, Stéphane Lanel raconte l’expérience du Jardin d’Epi Cure et Dominique Marboeuf fait rêver tous ceux auxquels il décrit les espaces verts du centre hospitalier Mazurelle. Une dream team qui rend cette formation extrêmement vivante et riche.

J’en parle en connaissance de cause, ayant eu le grand plaisir de participer à la première édition de cet atelier à l’automne 2012. Une expérience que j’ai décrite dans ce billet à chaud et dont j’ai raconté les enseignements dans cet autre billet. Une expérience à ne pas rater pour ceux qui s’intéressent à cette discipline à la fois ancienne et neuve et qui ont envie de participer pendant trois jours à des échanges très riches avec des pionniers et d’autres participants qui s’interrogent comme eux sur cette pratique. Très honnêtement, je suis un peu jalouse de tous ceux qui auront la chance d’assister à cet atelier printanier (Chaumont au printemps !), tant je garde un bon souvenir de ces trois jours.

Pour la description complète et les modalités d’inscription, il suffit de suivre le lien vers la brochure de l’atelier. Pour toute question, Hervé Bertrix, responsable de la formation à Chaumont, est joignable au 02 54 20 99 07 et sur formation@domaine-chaumont.fr.

Formation à Chaumont-sur-Loire

Le festival des jardins à Chaumont-sur-Loire

En France, les occasions de se former à la thérapie horticole sont encore très rares. En voici une en or. Les 10, 11 et 12 octobre, le Domaine de Chaumont-sur-Loire, bien connu pour son Festival des Jardins, accueillera des intervenants prestigieux pour un atelier intitulé Le Jardin de soin et de santé (comment aborder la conception d’un projet, en assurer le financement, la réalisation, l’animation et la pérennité?).

Retours d’expériences, études de cas et conseils pratiques permettront aux participants de repartir avec des clés pour lancer un programme de thérapie horticole. Les intervenants sont des pionniers en France : Anne Ribes, infirmière jardiniste à l’origine de plusieurs projets, Jean-Paul Ribes, président de l’association Belles Plantes, Sébastien Guéret de Formavert, Stéphane Lanel, animateur à la Maison des Aulnes, Michelle Tanguy, infirmière psychiatrique à l’hôpital de Landernau et Dominique Marboeuf, responsable des espaces verts au centre hospitalier G Mazurelle.

Tous les renseignements se trouvent en ligne. Il reste encore apparemment quelque place, mais il est conseillé de se renseigner par téléphone auprès d’Hervé Bertix au 02 54 20 99 22. Pour information, une seconde session est déjà prévue pour 2013. Ce sera les 9, 10 et 11 avril avec un programme enrichi des enseignements de la première session.