Verdurable : jardinières et outils de jardinage adaptés

Les concepteurs et les utilisateurs à l'EHPAD Médicis.

Les concepteurs et les utilisateurs à l’EHPAD Médicis.

Verdurable est une jeune société qui commercialise une gamme de solutions pour jardiner à tout âge : une jardinière accessible en fauteuil et des outils de jardinage adaptés plus faciles à prendre en main. C’est pendant un stage dans le cadre de ses études à l’ENSAD (Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs) que Qi Wu se rend compte du besoin des personnes âgées qui veulent continuer à jardiner malgré une mobilité réduite et des difficultés physiques (fatigue, perte d’équilibre, mal au dos, aux poignets, aux genoux ,…). « C’était un grand regret pour ma grand-mère de ne plus pouvoir jardiner », ajoute Qi Wu sur une note personnelle. «Jardiner est une activité inter-générationnelle. Pour les 8-9 ans qui ne connaissent pas le jardinage, les personnes âgées ont quelque chose à partager. Cela favorise la convivialité entre les résidents et les enfants, mais aussi entre les résidents et le personnel », constate-t-il également.

Il décide de dédier son projet de diplôme en design objet à une jardinière accessible aux personnes à mobilité réduite. En 2011, il s’associe à Luchun Chen, docteur en sociologie (Paris Descartes), pour créer la société Verdurable qui a depuis reçu plusieurs récompenses et soutiens pour continuer son travail dans le domaine porteur de la « Silver Economie » (Bourse de Recherche et d’Innovation Charles Foix, soutien du Centre Francilien de l’Innovation, lauréat des Trophées de Grand Age en 2012, soutien de l’hôpital Bretonneau à Paris pour le développement ergonomique,…). Le designer travaille aussi avec Martine Brulé qu’il a rencontrée à Bretonneau et avec qui il contibue à collaborer, notamment dans le cadre des formations qu’elle donne à travers Association Nationale Française des Ergothérapeutes.

Jardiner assis ou debout

Un atelier en intérieur

Un atelier en intérieur

La jardinière permet de jardiner assis, sur une chaise ou un fauteuil roulant, ou bien debout. Montée sur roulette, elle peut se déplacer entre l’intérieur et l’extérieur (le matériau, du PEHD rotomoulé, résiste aux UV et au feu). La gamme Classique est équipée d’un système élévateur pour régler le plan de travail entre 70 et 95 cm (700 euros TTC). La gamme Essentielle propose uniquement 5 hauteurs interchangeables (340 euros TTC). Modulable, la jardinière peut s’utiliser seule, par 2 ou par 4. Les deux profondeurs du bac permettent différentes cultures et une vidange est également prévue. La jardinière comporte aussi des casiers à portée de main pour ranger les outils de jardinage. Garden Age a livré le premier exemplaire en Franche-Comté en juillet 2013 et une vingtaine d’établissements, le plus loin en Guadeloupe, sont aujourd’hui équipés. « Pendant la conception, nous avons beaucoup travaillé sur l’horticulture et sur l’ergonomie. Des résidents ont testé la jardinière », explique Qi Wu. Outre l’utilisation en établissement, il imagine que des particuliers pourraient aussi s’équiper. Des recherches sont en cours pour trouver un matériau plus respectueux de l’environnement (résine de maïs, fibre de bambou,…).

« C’est un complément au jardin, ce n’est pas comme le jardin », résume Martine Brulé. « Mais pour des gens qui ont du mal à se baisser, c’est la possibilité de faire un petit potager avec des radis, des tomates, des salades, des plantes aromatiques. On peut aussi l’envisager comme un atelier, un préambule au jardin. L’important est que le patient soit actif et créatif. »

Un kit de jardinage ergonomique

Verdurable étend sa gamme avec un kit qui comprend un transplantoir, une griffe, un sécateur et un arrosoir. « Avec les ergothérapeutes, l’arrosoir a évolué. Il n’a pas un long bec car l’amplitude est trop difficile. Il est léger et on peut le tenir directement au corps », décrit le designer. Le kit devrait être disponible en juin (72 euros).

arrosoir-visuel2

transplantoir Verdurablegriffe Verdurable

 

secateur Verdurable

Formations : état des lieux, partie 3/3

Voici trois dernières formations pour conclure ce cycle. J’espère que ces informations viendront s’enrichir du fil du temps. Si vous apprenez l’existence de formations, n’hésitez pas à les partager. Il semble évident que, si cette discipline doit se développer en France, il faudra finir par inventer une formation plus substantielle, certifiante ou diplômante. 

Initiation à l’hortithérapie – Université de Toulouse, département de psychologie

« L’hortithérapie est la réhabilitation pratique et globale de la personne par l’utilisation des plantes. C’est une thérapie par le jardinage. » C’est l’entrée en matière de cette formation de 7 jours, répartis en deux sessions en mai et en juin, destinée aux psychologues, psychothérapeutes, médecins (toutes spécialités), paramédicaux, travailleurs sociaux, éducateurs, animateurs. Elle est dispensée par quatre intervenants : Jean-Luc Sudres, professeur des Universités, psychologue clinicien et psychomotricien, Angélique Doumenc, psychologue, Hervé Bonnin, directeur d’institutions pour adultes handicaps et Dominique Raynal, moniteur d’atelier Horticulture et Espaces Verts. En partant de l’historique de la discipline et des programmes en fonction des troubles (handicaps moteurs, sensoriels, mentaux,…), la formation s’approche aussi de la pratique avec des visites et expérimentations sur site. L’accent est mis sur les applications auprès de personnes âgées et en soins palliatifs. Malheureusement, la session 2014 commence… aujourd’hui.

Pour plus d’information, la description de la formation dans le catalogue (p. 11-12).

 Contacter l’Université de Toulouse

Aude Font

Service Commun de la Formation Continue

Université de Toulouse II- Le Mirail

aude.font@univ-tlse2.fr

Site : www.univ-tlse2.fr/form-co rubrique Psychologie-Psychanalyse

 

CHU de Nancy/Hôpital Saint-Julien : une journée sur les apports des jardins à visée thérapeutique

CHU Nancy« Les apports des jardins à visée thérapeutique au cours de la maladie d’Alzheimer et leur aménagement pratique », c’est le nom d’une journée, organisée deux fois par an en juin et en octobre depuis 2010. Comme le précise le docteur Thérèse Jonveaux, chef de service à l’hôpital Saint-Julien, il ne s’agit pas d’une formation d’hortithérapie. Ici, elle explique ce qu’elle entend par jardin thérapeutique, « un support de soins, un lieu de détente et de partage. »

Voici le programme de cette journée.

Contacter les organisateurs

Jocelyne Rugraff

j.rugraff@chu-nancy.fr

 

Mettre les professionnels au vert, la méthode Métanature

ChavanisJe mentionne cette formation, même si elle ne relève pas à proprement parler de l’hortithérapie ou des jardins de soin. Depuis 2012, Jean-Luc Chavanis, fondateur de la méthode Métanature, propose une formation continue à l’Université de Cergy-Pontoise. « La méthode est née dans un atelier avec des détenus à Fresnes. Il ne s’agissait pas vraiment de jardinage, mais de libérer la parole en utilisant les plantes », explique ce consultant en santé au travail et coach certifié. De cette expérience, sont nés la méthode Métanature et un livre (« Ces jardins qui nous aident : des exercices pratiques pour évacuer votre stress et devenir le jardinier de votre vie », Le Courrier du livre, 2010). La formation offerte à l’université s’adresse à des coachs, des consultants en accompagnement du changement, des médiateurs du travail. Il pratique aussi sa méthode en entreprise. « Pour résoudre les conflits dans l’entreprise, on peut se demander quelle plante serait votre équipe. Ils peuvent se parler de façon moins violente. Mais je ne travaille pas dans le faire. La plante est un support, travailler hors les murs détend. » Il s’approche du thérapeutique lorsqu’il aide des équipes à gérer le stress ou le traumatisme d’un suicide ou d’une tentative.

La formation à l’université de Cergy-Pontoise permet de se former à la méthode Métanature en 8 jours (4 x 2 jours d’avril à juillet pour suivre l’évolution de la nature). Deux autres intervenants sont aux côtés de Jean-Luc Chavanis : François Balta, psychiatre et Alain Calender, professeur d’oncologie, président du fond de dotation jardin, art et soins, dédié à la promotion des jardins thérapeutiques dans les hôpitaux.

Contacter Jean-Luc Chavanis et Métanature

Accueil

contact@metanature.fr

Pour la formation de l’Université de Cergy-Pontoise, http://www.u-cergy.fr/fr/formation-continue/formations-courtes/coaching-professionnel.html

Formations : état des lieux, partie 2/3

On continue le tour de France des formations aux jardins de soin, jardins à visée thérapeutique et autres appellations. Etrangement, la répartition géographique semble nettement avantager le sud de la Loire (Martine Brulé dans le Var, Jocelyne Escudero dans le Lot, Sébastien Guéret à Marseille, le Centre de Formation de Chaumont-sur-Loire,…).

Anne et Jean-Paul Ribes au Centre de Formation de Chaumont-sur-Loire et ailleurs

Anne Ribes au Jardin d'Epi Cure à la Maison des Aulnes (Maule)

Anne Ribes au Jardin d’Epi Cure à la Maison des Aulnes (Maule)

Depuis octobre 2012, Anne et Jean-Paul Ribes offrent deux fois par an au printemps et à l’automne une formation de trois jours dans le magnifique cadre de Chaumont-sur-Loire. La formation intitulée « Jardin de soin et de santé » fait la part belle à trois autres intervenants : Sébastien Guéret de FormavertStéphane Lanel, animateur à la Maison des Aulnes et Dominique Marboeuf, responsable espaces verts au Centre Hospitalier Mazurelle. De plus, les stagiaires ont l’occasion de traverser la Loire pour aller à l’EHPAD d’Onzain visiter le jardin de Paule Lebay qui fait un retour sur son expérience. C’est la seule formation que j’ai eu le plaisir de suivre et je peux la recommander en connaissance de cause. Des modifications ont été apportées depuis la première session : les participants vont plus loin dans la réalisation de leur projet de jardin de soin. Les prochaines formations sont prévues pour les 1,2,3 octobre 2014 et les 19, 20, 21 mai 2015. Quant à la session d’automne, elle aura lieu les 22, 23 et 24 septembre 2015. Voici la plaquette. Jean-Paul Ribes avait annoncé qu’une session courte exclusivement réservée aux « méthodes d’animation d’un jardin de soin et de santé » est en projet pour début juin 2015 : cette session courte deuxième niveau aura lieu les 9 et 10 juin 2015.

Par ailleurs, Anne Ribes donne des formations en intra-entreprises (Parthenay, Mantes-la- Jolie,…). Pour les formations ouvertes et pour les formations à la demande dans un établissement, il faut contacter le Centre de Formation de Chaumont.

Contacter Chaumont

informations auprès de Hervé Bertrix

herve.bertrix@domaine-chaumont .fr

www.domaine-chaumont.fr

Ou l’association Belles Plantes fondée par Anne et Jean-Paul Ribes

assobelleplante@aol.fr

Sébastien Guéret : Formavert et RJSM

« FORMAVERT organise des formations en intra toute l’année à destination des structures médico-sociales. Les programmes sont rédigés en fonctions de la demande et de l’analyse que je peux en faire », explique Sébastien Guéret. « Ce sont des programmes de découverte du concept d’hortithérapie et d’ingénierie de projet : comment mettre en place le projet dans l’institution pour qu’il fonctionne. »

L’idée est de présenter en 2 jours :

  • L’Hortithérapie et ses acteurs,
  • Puis d’expliquer comment on monte un projet institutionnel,
  • Comment on fait un jardin (conception et réalisation),
  • Quelles sont les particularités d’un jardin dédié à l’hortithérapie
  • L’animation d’un atelier jardin

Ces « modules » seront traités plus ou moins rapidement en fonction des besoins, des problématiques et de l’avancement du projet d’atelier jardin dans l’institution.

« Nous proposons pour la suite des stages complémentaires qui peuvent aller de 1/2 journée à 3 jours pour accompagner nos clients dans la réalisation :

  • Le jardin naturel (jardinage écologique)
  • Ingénierie de projet (monter une équipe, passer d’un projet de personnes à un projet institutionnel, construire des objectifs adaptés et opérationnels…)
  • Analyse des pratiques
  • Toutes les techniques de réalisation et d’entretien des jardins (maçonnerie paysagère, engazonnement, entretien des gazons, taille, plantations…)
  • Un projet d’animation au jardin.
Sébastien Guéret pendant une formation à Chaumont-sur-Loire

Sébastien Guéret pendant une formation à Chaumont-sur-Loire

« Mais notre offre n’est pas exhaustive, nous pouvons, en fonction de ce que nous sentons dans notre échange proposer des modules plus spécifique sur l’approche des différents types de handicap, l’évaluation, la pédagogie par objectif par exemple. Dans ces interventions je peux intervenir, seul ou accompagné (par exemple Anne Ribes était venue me retrouver une après-midi dans une clinique pour traiter spécifiquement de l’animation dans une formation de 2 jours que j’ai animé seul par ailleurs). J’ai des intervenants (collaborateurs ou partenaires) « spécialisés » dans différents domaines (animation, institution, pédagogie, médical, handicap…). »

Mais ce n’est pas tout. « FORMAVERT et le Réseau des Jardins Solidaires Méditerranéens (RJSM) co-organisent avec les Jardins de l’Espérance à La Ciotat des sessions de formation en inter-entreprise. Nous en organisons une par an en général (2 fois la première année, en 2012) au mois de mars. Mais par exemple cette année nous avons déjà commencé à constituer une liste d’attente et au besoin nous pourrons peut-être en organiser une autre en décembre 2014 », continue Sébastien.

La formation est menée par deux intervenants permanents sur 4 jours (Viviane CRONIER des Jardins de l’Espérance et Sébastien Guéret) plus 3 autres intervenants qui viennent chacun pour une demi-journée. « La dernière matinée nous mettons en place, aux Jardins de l’Espérance, une séance d’animation avec des personnes en situation de handicap. La séance est préparée la veille avec les stagiaires. Cette année nous avons accueillis dans ce cadre 2 groupes d’adultes d’un « foyer occupationnel » (déficience intellectuelle et handicaps associés) et un groupe de mal ou non-voyants qui ont pu jardiner, encadrés par nos stagiaires. »

« Nous pratiquons un tarif solidaire (moitié prix) pour les personnes qui n’auraient pas de possibilité de prise en charge par un opca ou le pôle emploi et qui s’inscrivent comme « particulier », précise Sébastien qui a un dernier conseil. “Je crois qu’il faut bien comprendre qu’aucune des actions proposées ne ressemble à une autre : par exemple les 3 formations dans lesquelles j’interviens (FORMAVERT intra, RJSM et Chaumont inter) sont très différentes les unes des autres, chacune ayant ses avantages et ses inconvénients. C’est d’ailleurs pour ça que je présente les autres car il est important que le demandeur aille finalement là où cela lui semble le plus indiqué en fonction de sa problématique. »

Contacter Sébastien Guéret

http://www.formavert.fr

formavert@free.fr

 

Et le réseau RJSM

http://www.reseaujsm.org/spip.php?rubrique86

http://www.jardinesperance.org

Formations : état des lieux, partie 1/3

Une formation à l’hôpital Montperrin à Aix animée par Martine Brulé (à droite)

Une formation à l’hôpital Montperrin à Aix animée par Martine Brulé (à droite)

« Où puis-je me former? » C’est la question que me posent le plus souvent les lecteurs qui me contactent. C’est une question centrale dans le développement du jardin thérapeutique en France où il n’existe pas encore de formation diplômante ou certifiante dans cette discipline. Je leur réponds dans la mesure de mes connaissances, mais il est temps de formaliser et de rassembler cette information pour le bénéfice de tous. Cette semaine, nous commençons avec les formations de Martine Brulé et de Jocelyne Escudero. Dans une 2e partie, on découvrira les formations de Sébastien Guéret et celles d’Anne et Jean-Paul Ribes, qui travaillent d’ailleurs souvent ensemble. Enfin, une 3e partie sera consacrée à quelques autres pistes évoquées par les précédents. Le champ est à la fois les formations ouvertes à tous et les formations en intra-entreprise. Merci à eux tous de m’avoir présenté leurs formations.

Martine Brulé : des formations avec l’ANFE, entre autres 

Pour le parcours de Martine Brulé, architecte paysagiste et praticienne en hortithérapie depuis environ 2003, je vous renvoie à ce portrait publié en octobre 2012. Aujourd’hui, elle propose des formations inscrites au catalogue de l’ANFE, l’Association Nationale Française des Ergothérapeutes et dispensées, en Intra dans des établissements de santé, EHPAD et CHU pour la plupart. Ces formations s’adressent au personnel soignant. Cette semaine, elle organise du 5 au 7 mai une formation en inter au siège de l’ANFE, pour un public qui souhaite s’inscrire à titre individuel.

Le programme de la formation en intra

Le programme de la formation ouverte à tous (en espérant qu’elle soit de nouveau proposée en 2015)

« Je dispense une formation actuellement au CCAS de Toulon, dans le cadre d’un marché public. Une formation sera présentée également en mai, au CHU de Nice, service Psychiatrique, au bénéfice du personnel soignant de ce service. Ce personnel soignant accompagne les patients dans le cadre des ateliers d’hortithérapie que j’anime, depuis le début de l’année 2014 », explique Martine Brulé qui est basée à Grimaud dans le Var.

Contacter Martine Brulé :

http://vivharmonie.com

brule.martine@vivharmonie.com

 

Jocelyne Escudero : une palette de formations en établissements et pour tout public

Nous avions également eu l’occasion de faire connaissance avec Jocelyne Escudero en juin dernier. C’est à partir de 2001-2002 qu’elle commence à former des équipes à travers des interventions intra-établissements via son association Trace et Couleurs. En parallèle, elle œuvre pour la reconnaissance de l’hortithérapie par ses écrits (communication « Hortithérapie: spécificité d’une pratique et intérêt thérapeutique » aux journées de la Société Internationale de Psychopathologie de l’Expression et d’Art-thérapie en 2002, publiée dans l’ouvrage collectif « La personne âgée en art-thérapie », L’harmattan 2004 par exemple).

Trace et Couleurs, organisme de formation depuis 1998, organise des formations en Hortithérapie et Jardins thérapeutiques depuis 2001 pour accompagner à la méthodologie et au suivi de projets les établissements (EHPAD, Hôpitaux, Foyers, Associations …).

La formation en « Hortithérapie » en 3 modules (le module 1 peut être suivi indépendamment des modules 2 et 3) dont Jocelyne Escudero est l’auteure existe depuis 2001. Les formations incluent la méthodologie de projet, l’évaluation et la transmission des résultats.

  1. « Sensibilisation à l’hortithérapie » (module 1): Aspects généraux théoriques  et  pratiques de l’hortithérapie  a lieu les 17, 18, 19  et 20 juin 2014 à Figeac, 46.
  2. « Jardins de santé et hortithérapie » (module 2) : Approfondissement des pratiques (réservé exclusivement aux personnes ayant suivi le module 1) a lieu les 23, 24, 25 et 26 juin 2014, près de Figeac.
  3. « Jardins de santé, hortithérapie et créativité » (module 3): Approfondissement des pratiques (réservé exclusivement aux personnes ayant suivi le module 1& 2) a lieu les 9, 10, 11 et 12 septembre 2014, près de Figeac.

La formation aux « Jardins thérapeutiques » a lieu les 19, 20, 21 et 22 mai 2014 en banlieue toulousaine.

La formation au « Jardin médicinal »: le bien-être par les plantes a lieu les 27, 28, 29  septembre près de Figeac.

Les interventions de formations en intra-établissement sont réalisées à la demande, toute l’année. Elles sont adaptées au projet de l’établissement et des équipes. Ces formations sont ouvertes à tout public. Parmi les établissements avec lesquels Jocelyne Escudero a travaillé, l’Université de Toulouse Mirail (Centre Universitaire de Perfectionnement en Psychologie Appliquée), Hôpitaux, I.M.E., E.H.P.A.D, AMAPEI,  PREPS Corse,  Centre National de la Fonction Publique Territoriale, CEMEA …

Contacter Jocelyne Escudero :

http://hortitherapie.avenir.over-blog.com

http://traceetcouleurs.free.fr

traceetcouleurs@gmail.com

 

News flash : formation à l’IRTS de Franche-Comté du 19 au 23 mai

Présentée comme une nouvelle formation, elle s’intitule « Concevoir, utiliser, évaluer un jardin à visée thérapeutique : le projet d’une équipe ». Parmi les intervenants, le professeur Thérèse Jonveaux du CHU de Nancy qui y donnera une conférence publique. Voici la plaquette qui donne le contexte général et quelques détails sur le contenu de ces 5 jours qui se dérouleront en partie dans le cadre magique de la Saline royale d’Arc-et-Senans.

 Contacter Brigitte Griffon, responsable de la formation:

brigitte.griffon@irts-fc.fr

 

Un livre de conseils pratiques

Day centerEn août 2012, mon unique expérience directe de l’hortithérapie prenait fin après 8 mois de bénévolat aux côtés de Marge Levy et des participants du Mount Diablo Center for Adult Day Health Care en Californie (centre d’accueil de jour pour adultes). Les adieux furent très touchants, preuve que des liens s‘étaient créés pendant ces 8 mois de rencontres hebdomadaires : le « Russian group », le groupe le plus actif malgré la barrière de la langue, m’offrit de jolis chaussons tricotés avec amour et Marge me renvoya en France avec un livre que je n’ai malheureusement pas eu l’occasion de mettre en pratique, mais que j’ai envie de vous faire connaitre.

 

Livre couvertureLe livre s’appelle « Growing with gardening : a 12-month guide for therapy, recreation and education » par Bibby Moore et a été écrit avec l’aide du North Carolina Botanical Gardens (encore un exemple de l’activisme de la Caroline du Nord dans ce domaine). Bien qu’elle écrive pour un public américain, je suis convaincue que les conseils de Bibby Moore peuvent s’appliquer partout dans le monde en les adaptant aux conditions locales. L’auteure commence par parler des étapes de la mise en oeuvre d’un programme. J’y reviendrai peut-être, mais je veux commencer par son calendrier d’activités. Une fois un jardin lancé, les activités se présentent certes d’elles-mêmes pour l’entretenir. Cependant voici ce que Bibby Moore suggère pour le mois de mai. Les activités peuvent être purement horticoles, mais aussi sociales.

Première semaine

  • Planter légumes, fleurs et herbes
  • Faire des bouquets (elle suggère de trouver un fleuriste prêt à faire un don de fleurs légèrement défraichies pour alléger le budget)
  • Propager des plantes de type forsythia, delphinium, géranium, groseillers et autres arbutres à fruits rouges. Elle explique comment procéder en coupant les jeunes pousses tôt le matin et en les plongeant dans l’eau. Il faut ensuite les couper à environ 6 cm, plonger les boutures dans une « rooting powder » et les planter dans un mix moitié sable et moitié tourbe. Elle explique le processus en détail.
  • Organiser une visite dans une pépinière à la recherche d’herbes à planter (basilique, persil, thym, romarin,…)
  • Planifier une journée Portes Ouvertes pour le mois de juin.

Deuxième semaine

  • Récupérer des fleurs et des plantes pour les presser
  • Organiser un pique-nique
  • Eclaircir les carottes
  • Semer des fleurs (soucis, zinnia)
  • Récolter chou, broccoli et chou-fleur
  • Pailler les pommes de terre

Troisième semaine

  • Pailler le reste du jardin pour conserver la fraicheur.
  • Préparer les tuyaux d’arrosage pour l’été.

Quatrième semaine

  • Faire des boutures (bégonias, chlorophytum,…). Dans un autre chapitre, elle explique en détails la procédure.
  • Détecter d’éventuels insectes, puis supprimer les insectes ou les œufs.
  • Se renseigner sur les plantes carnivores et insectivores. Là encore, elle donne deux pages de détails sur les spécificités de ces plantes et comment les faire pousser.

 

Des enfants et des vers de terre

IMG_5515Tous les jeudis, on peut trouver Mary Dyson dans le minuscule jardin des Petits Pois, une crèche parentale du 2e arrondissement à Paris. Nous avions déjà rencontré Mary dans son rôle de militante locale pour la cause du compost (projet auquel je suis très heureuse de participer depuis plusieurs mois, aller ajouter nos déchets organiques dans les bacs de l’immeuble de Mary me remplissant d’une joie très concrète). Comme promis, elle m’a fait visiter le jardin il y a quelques jours. Les enfants n’étaient pas là, mais tout le monde qui passait dans cette rue du Sentier mettait le nez à la porte avec curiosité. Pour Mary, c’est simple. « J’aime jardiner, je trouve que c’est un remontant. Et j’aime les enfants. » Amener un jardin à ces petits citadins privés de nature est une évidence pour elle. Ce qu’ils aiment par-dessus tout : les vers de terre que Mary leur apporte et arroser leur jardin.

Je vais partager un texte que Mary a écrit l’été dernier pour raconter l’expérience de reprendre ce jardinet entouré de hauts murs. C’est en anglais et je prends le parti de ne pas le traduire ! Depuis l’été dernier cependant, les choses ont encore évolué : de nouveaux bulbes de l’association La Main Verte, de la menthe apportée par un restaurant marocain voisin qui a bien pris, le jasmin d’hiver et le forsythia qui commencent à former une arche autour d’une ancienne porte que Mary rêve d’ouvrir de nouveau pour rendre le jardin plus visible, plus aéré, plus ouvert. Comme dans tous ses projets et combats, Mary avance avec détermination.

Small is beautiful by Mary Dyson

On learning how to make a garden for La Crèche Parentale de Sentier from a patch of earth (3. 30 X 2.60m) fenced and walled (height of lowest wall 2.90 cm).

SUMMER/ AUTUMN 2012 The plot is already planted with tomato seedlings, radishes, a gooseberry bush, salvia, mint, wild strawberries and calendula. It has a walkway of wooden boards to keep the children (maximum of four at a time, always with two adults) out of the pervasive mud. We ask the Mairie de Paris for advice and are recommended to combine terreau (which in November they give us, with a sack of 50 mixed bulbs) and sand (which we acquire in October).

We also buy a small plastic pond for a papyrus, and a bamboo. (The latter eventually drowns from overwatering; the papyrus thrives from ecstatic drenches and, veiled, survives the winter). Next best to watering and longest in holding attention is the weekly supply of vers de terre from the local compost collective. We help the children – with metal spoons – to dig a hole for a plant or a bulb and a worm and to bed them down together. But 80 percent of the bulbs are planted by les grandes personnes.

In September we return to tomatoes and morning glories in tangled profusion. Marigolds from the neighbours upstairs and radishes have not taken, nor a clematis armandii. The children marvel at the tomatoes but are not allowed to eat anything from the garden until we have advice on soil pollution from the Agence d’Ecologie Urbaine. We begin the autumn ritual of broadcasting windborne seeds of wild impatience, morning glories, bullrush, vetch and wild sweet peas, hopeful of next summer. The weekly spell in the garden usually ends with tinkling , banging and singing – whistles, triangles, a tambourine – the children now suggest music to sign off – it means they are getting cold.

WINTER. We have planted forsythia cuttings in the shape of three wigwams for rays of yellow in March. That teaches us that we must reduce the path and make space enough for the children to move off the path! Less ‘Don’t stand on the plants!’ . We’ll try an edged round bed big enough for four children to circle, holding hands. This will have to be done in spring after the densely planted bulbs have flowered.

By New Year we have given up hope of piped water and an electricity connection. Un mur vegetal remains a dream – shared walls! But Jean-Paul Maurel from our Mairie passing by, is delighted by the transformation of ‘la dent creuse de la rue Croissant’ He agrees to back our proposal to La Voirie and the ‘responsable’ for le Patrimoine that the bricked-in door and the window above it (its elegant form is chiselled there for posterity) should be opened, at least to let in light and air and sociability. Passers by often stop to see what we are up to and to approve! We hope precedent and the current greening policy will prevail.

IMG_5516SPRING 2013. In May we have our tiny tapestry – crocus, tulip, jonquil, narcissus and hyacinths, and lilies of the valley who love the clayish soil. S does a fungus identified for us as Otidea Alutaceae by a sympa pharmacist in rue Montorgueil. Then come the purple irises around the pond – presents from the jardin partagé of la rue de la Manutention in the16th arr.!

So here we are – about to try out a solar-powered aerator for the pond,which , if successful, will stop mosquitoes from breeding and allow a couple of goldfish. We think we’ve heard house martins (hirondelles de fenêtre) twittering so we shall see about lodging the solar panel on top of a nest we’ll buy from the LPO. Perhaps the birds know that Zola was born one street south in rue Saint Joseph. In Le Ventre de Paris à propos of la maraichère and her potager he writes: ‘Paris pourissait tout, rendait tout à la terre qui, sans jamais se lasser, réparait la mort’.

Donc nous aimons notre jardin. » C’est la conclusion de Mary. Une maman, la nouvelle présidente de la crèche, passe par là. « Les enfants aiment avoir leur jardin et ils aiment cette activité qui se termine en chansons. » Des chansons en français ou en anglais avec un thème : « Savez-vous planter les choux ? » ou « Dansons la capucine »…

Avertissement : les deux semaines à venir sont les vacances parisiennes. Le Bonheur prend des vacances! A bientôt.

Le Jardin des (S)ages : l’aventure de Carole Nahon

Un mot avant de vous raconter l’histoire de Carole. Le tableau de bord du Bonheur est dans le jardin m’indique que nous avons atteint aujourd’hui le 100e billet. Depuis le printemps 2012, que de rencontres autour du jardin qui soigne ou qui du moins contribue au bien-être. J’espère que vous continuez à puiser des idées et peut-être à prendre des contacts semaine après semaine. Dans les billets à venir, nous irons visiter le jardin d’une crèche parentale en plein coeur de Paris, je partagerai des activités pratiques à mettre en oeuvre dans des ateliers et nous ferons peut-être faire un tour en Suède et au Canada (en tout cas, les contacts sont lancés).

Lors d'une journée autour du potager organisée avec Jardin, Art et Soin et à laquelle avait participé Martine Brulé.

Lors d’une journée autour du potager organisée avec Jardin, Art et Soin et à laquelle avait participé Martine Brulé.

Mais revenons à Carole qui jardinait en amateur et a décidé d’aller plus loin. Visiteuse bénévole dans une maison de retraite depuis quelques années via l’association Visite des Malades en Etablissements Hospitaliers, elle entrevoit vite le potentiel du jardin pour apporter de la vie. « Mes grands-parents avaient un jardin, j’ai un jardin. Je prends beaucoup de plaisir à biner, à désherber. C’est une source de bien-être, un moment de détente pour évacuer », décrit cette femme pleine d’enthousiasme. En 2010, une recherche sur Internet la mène à un article qui lui ouvre des perspectives sur les bienfaits du jardin. « C’était une publication d’un colloque de la SNHF qui a eu lieu en 2009. A la page 3 de ce document, le paragraphe « Jardins, plantes, et personnes souffrantes : un bref historique » m’a bouleversée et a fait écho en moi. Il mettait des mots sur ce que je ressentais quand je jardinais. et l’idée que je pouvais aider les autres, par ce biais, qui me parlait tant, a germé à partir de ce moment-là. »

Elle commence alors à prendre des contacts : le Jardin Bénéfique est un peu trop loin de Draguignan où elle habite pour aller se former, elle rencontre Martine Brulé, elle se rapproche de l’association Jardins, Art et Soin aujourd’hui dissoute dans sa région par manque de personnes pour s’en occuper. Au final, elle suit en 2012 une initiation à l’hortithérapie avec Sébastien Guéret où elle rencontre Anne Ribes. Ces échanges confirment ce qu’elle ressent et la conforte dans son envie de créer une association.

A partir de la mi-2012, elle se penche sur la création de cette association avec l’aide de PILES (Pôle d’Initiatives Locales d’Economie Solidaire) pour rédiger son projet. Ressentant le besoin de muscler ses connaissances techniques pour asseoir sa crédibilité, elle suit ensuite une formation en jardinage de janvier à juin 2013 dans un centre de formation professionnelle à Antibes. « Ca a été utile pour apprendre le nom des plantes, mais ça manquait de pratique sauf pendant le mois de stage », estime-t-elle. En octobre 2013, la voici prête à créer l’association avec son amie Elvire qu’elle a rencontrée en faisant la récolte dans leur AMAP. Le Jardin Des (S)âges est né.

Pour reprendre ses propres mots, l’association a pour mission:

-d’organiser des ateliers de jardinage afin d’améliorer le bien-être des personnes résidant dans des établissements médico-sociaux et de participer ainsi à la dynamique de ces structures.

– de participer à la valorisation des jardins de ces établissements

– d’organiser des rencontres autour des jardins de soin et de leur importance pour le bien-être des résidents de ces structures.

Les premiers ateliers à La Pierre de la Fée

Bacopa monnieri (je ne connaissais pas alors je partage cette photo).

Bacopa monnieri (je ne connaissais pas alors je partage cette photo).

Même si quelques ateliers avaient commencé à l’été dernier avant la création de l’association, ce n’est vraiment qu’au mois de janvier que Carole officialise les choses à la maison de retraite La Pierre de la Fée à Draguignan où elle est déjà bien connue en tant que visiteuse bénévole. « Les premiers ateliers se sont faits autour d’une table où ils ont parlé de leurs jardins et des plantes qu’ils avaient. On a fait une liste des plantes qu’on pourrait mettre dans notre jardin », explique Carole. Puis les ateliers se sont tournés vers des semis et des plantations dans des tables de culture et des pots : persil, cerfeuil, verveine, capucines, pois de senteur, bacopa, pensées.

Premières séances à la Pierre de la Fée.

Premières séances à la Pierre de la Fée.

« Le lundi après-midi, je visite les malades que le cadre de santé m’indique dans leur chambre. S’il fait beau, je suggère qu’on aille au jardin. Mais maintenant les vendredis sont dédiés aux ateliers de jardinage. Nous allons chercher ceux qui ont envie de jardiner. Nous avons deux résidentes très assidues qui viennent avec leurs filles. Les rapports sont différents car elles peuvent discuter d’autre chose que de la maladie », raconte Carole. « D’autres résidents viennent voir ce que l’on fait. Des accompagnants et des familles viennent aussi nous voir. C’est un facteur de lien. Il se passe quelque chose de nouveau. Le personnel soignant, les animateurs et les familles sont très contents que quelqu’un de l’extérieur viennent s’occuper des résidents. Il n’y a pas de compétition et tout le monde me connaît bien. La femme d’un résident qui vient tous les jours a envie de m’aider. » De 14h30 à 17h00, Carole est au jardin avec une fenêtre en début d’après-midi quand les résidents sont plus calmes et disposés à planter et semer. En fin d’après-midi, elle privilégie l’arrosage.

Résultats...

Résultats…

Le jardin existant est entretenu par les services de la ville et avait été conçu pour demander peu d’entretien (arbres, gazon). Il comporte une partie fermée pour les patients souffrant de la maladie d’Alzheimer. « J’ai rencontré le chef des jardins de la ville, à l’ehpad, en présence d’un des deux animateurs. Entretien très fructueux. Nous allons travailler en partenariat et réfléchir ensemble à l’aménagement du jardin du secteur protégé. Magnifique… », s’enthousiasme Carole.

Faire vivre l’association

L’association vit de modestes adhésions (20 euros). Compte tenu des compétences actuelles d’Elvire et Carole, le montant des prestations a été fixé à 80 euros la séance de 2heures 1/2. Leurs aspirations « humanistes » les porteraient à priori vers le bénévolat total, mais « la tarification des prestations est apparue nécessaire afin que les bénéfices du jardinage dans les établissements de soins, soient reconnus et que cela ouvre les portes à des initiatives de formations diplômantes, ce qui n’est toujours pas le cas en France », explique Carole, visiblement gênée par la question financière. « Avec les autres Ehpad, je reverrai peut-être le tarif à la hausse. » Car l’objectif est bien de proposer des ateliers à d’autres établissements à Draguignan et dans les alentours.

Carole Nahon pendant son stage de formation professionnelle.

Carole Nahon pendant son stage de formation professionnelle.

Carole est toujours en perfectionnement et suivra en juin une formation avec Jocelyne Escudero. « Pour l’instant, je parle d’animations horticoles même si je prends des notes sur les réactions, la participation. J’aimerais approfondir et passer à des jardins à visée thérapeutiques avec des personnes atteintes d’Alzheimer et des enfants autistes. » Comme beaucoup d’autres, elle déplore l’absence d’une formation diplômante. Elle sent bien que certains soignants aimeraient se spécialiser dans le jardin…En tout cas sans attendre, Carole a retroussé ses manches et elle s’est lancée. « Quand je les entends discuter et que je les vois contents de jardiner, je me sens très heureuse. »

Les prix de la Fondation Truffaut : appel à projets ouvert jusqu’au 20 avril

Capture d’écran 2014-03-20 à 18.01.36La Fondation Truffaut lance la 2e édition de ses prix inaugurés en 2013 pour récompenser trois types de jardins : thérapeutique, pédagogique et insertion. J’avais eu le plaisir de participer au jury et à la cérémonie de remise des prix, très émouvante, au Grand Palais. Cette année, c’est reparti. Si vous avez un projet qui correspond aux critères énoncés par la Fondation Truffaut, n’hésitez pas à vous lancer. Bonne chance!

Les candidats ont jusqu’au 20 avril pour déposer leur dossier en ligne en prêtant une attention particulière à la qualité des photos, aux témoignages et à la description des bénéfices constatés. Les trois prix seront remis début juin dans le cadre de l’événement JARDINS, JARDIN. Les trois associations récompensées recevront chacune une dotation de 5 000 euros. « Partout en France, des initiatives “végétales” voient le jour grâce à des personnes engagées mettant tout leur cœur dans leur projet, dans le but de partager des émotions, de donner le sourire à des enfants handicapés, de croire et guider des jeunes dans leur insertion professionnelle, d’accorder du temps aux personnes âgées », explique le communiqué de la fondation qui a fixé quatre conditions pour participer.

• Être une association ou une organisation à but non lucratif

• Avoir développé une action concrète permettant d’améliorer le quotidien d’hommes et de femmes, grâce au végétal

• Correspondre à un des trois domaines : thérapeutique, pédagogique ou insertion

• Voir son action se dérouler en France

La Fondation a choisi 3 axes d’intervention qu’elle explique ainsi. « Le thérapeutique, parce que le rapport au végétal et au jardinage stimule nos 5 sens et peut soigner ! (principe de l’hortithérapie). L’insertion parce que jardiner, c’est valorisant. Et que cela permet d’être en lien avec la société tout en se projetant vers l’avenir, même si l’on est en difficulté ou en rupture : « Jardinier, c’est l’un des plus beaux métiers de demain ». La pédagogie parce que le jardin, c’est une manière de ressentir le monde, un formidable outil de connaissance sur soi et un lieu d’apprentissage de la vie. Les mains et les pieds dans la terre, on fait corps avec ce qui nous entoure et on échange, tous milieux et âges confondus. »

Une journée d’échanges en Loir-et-Cher

Pendant qu’on est sur le sujet des annonces, une journée d’échanges est organisée le 30 mai en Loir-et-Cher autour du thème « le jardin de soin et de bien-être » avec la visite de la Clinique psychiatrique de La Chesnaie et du jardin des Portes Vertes à la Maison Claude de France. Je vous renvoie à cette invitation qui donne tous les détails et les coordonnées.

Invitation Journée d'échanges

Le jardinier du Château de Courances : partage et connaissance de soi

Antoine Berthelin et sa récolte ((photo Thomas Dupaigne)

Antoine Berthelin et sa récolte ((photo Thomas Dupaigne)

Antoine Berthelin est un jardinier voyageur et curieux. Pendant plusieurs années, il a travaillé aux Jardins Rosendal à Stockholm, « un havre d’agriculture biodynamique au sein de la capitale suédoise ». Dans ce cadre, il a proposé avec un psychothérapeute un atelier de connaissance de soi mêlant jardinage et thérapie. Revenu en France en 2013 pour créer un jardin potager au château de Courances en Essonne, il récidive avec un nouveau stage de jardinage et yoga dont la première session aura lieu le 30 mars. Retour sur le parcours d’un jardinier ouvert aux échanges.

L’expérience suédoise 

L’envie de soigner au jardin prend racine bien avant le départ en Suède en 1998. « A la fin des années 80, un ami médecin qui pratiquait l’anthroposophie m’envoyait des patients pour qu’ils viennent jardiner avec moi. C’était très informel, mais on voyait rapidement un impact. » Installé en Suède, il revient à l’idée de faire jardiner des patients, en l’occurrence des victimes de douleurs chroniques. Mais le projet n’aboutit pas (« Avec 2 000 à 3 000 visiteurs par jour pendant le week-end, le jardin n’était pas un lieu adapté pour les gens qui vont mal », explique le jardinier). En revanche, le concept de stages mêlant jardinage et psychothérapie fleurira pendant 7 ans à Rosendal et dans un autre jardin dans le sud du pays.

« L’idée était de s’engager pour 10 weekends sur une année pour établir la confiance et de partir de la plante qu’on comparait à la vie humaine. Dans le premier stage, on semait des graines et j’expliquais ce dont la plante a besoin pour pousser avant de faire de la méditation guidée. En mars, on pratiquait la taille et l’activité consistait à dessiner un arbre représentant sa vie telle qu’on la ressent et telle qu’on la voudrait. En juillet, on parlait de plénitude, de se poser pour observer la beauté de ce qu’on a créé. Pour terminer, on faisait du compost et on faisait un parallèle avec les crises qui peuvent permettre de grandir », raconte-t-il en se souvenant que les séances occasionnaient beaucoup de rires et que le travail du corps pour se sentir mieux était central. « C’était des gens en réflexion et ils se rendaient compte qu’il y avait quelque chose à gratter. Certains ont osé prendre des décisions ensuite. »

Le potager du château de Courances

S’il aime la Suède et qu’il considère son passage aux Jardins Rosendal comme l’un des meilleurs jobs de jardinier, le climat lui pèse. « Il me manquait la chaleur du corps. Même en été, on n’a jamais très chaud. La nuit pendant tout l’hiver, c’est difficile. Le printemps est une période intense où on n’a que 15 jours pour réussir ses semis. » Approché par le château de Courances qui était dans une phase de passation de pouvoir, Antoine Berthelin revient en France. Même s’il reste partagé comme beaucoup d’expatriés (« On garde toujours deux pays »).

Le potager en transition biologique

Le potager en transition biologique

Depuis  début 2013, Antoine s’occupe du Potager du Château de Courances où il cultive des légumes mais aussi des fruits et des fleurs. La culture du Potager respecte le cahier des charges de l’agriculture biologique (2è année de conversion). Le jardinier a reçu carte blanche pour animer le jardin. Pour encourager la rencontre, il organise une vente sur place tous les samedi d’avril à décembre. Des diners préparés par des restaurateurs à base de la production du potager ont aussi démarré. A ce jardin actif et productif, il va maintenant ajouter une composante thérapeutique.

« La Rencontre avec Soi à travers le Jardinage et le Yoga »

Dans ce stage annuel de développement personnel, Antoine Berthelin s’associe avec Alexandra Bailly qui est professeur de yoga et praticienne en réflexologie. « Nous avons regroupé des activités comme la graine et la taille pour parler du potentiel qu’on a en soi. Mais sans thérapeute, nous ne pouvons pas aller trop loin par peur de réveiller des choses », recadre Antoine. « Le stage suivra le rythme des saisons et aura lieu sur 5 dates tout au long de l’année 2014. Durant le stage, vous recevrez des outils pour aller à la rencontre de votre jardin intérieur. En entrant en contact avec Soi, on accède à la compréhension puis une véritable acceptation de ce que nous sommes : une clé pour vivre avec plus de douceur, sérénité », expliquent les co-animateurs.

Au potager (photo Thomas Dupaigne)

Au potager (photo Thomas Dupaigne)

Chaque module aura lieu sur une journée, de 9h30 à 17h. « Une demi-journée sera dédiée au jardinage, où en entrant en contact avec la Terre vous recevrez les bases pour cultiver un jardin potager et fruitier. L’autre demi-journée sera consacrée au Yoga. Les participants sont alors invités à poursuivre le voyage intérieur à travers des postures physiques et exercices respiratoires de base. Être présent dans son jardin pour pouvoir jouir des récoltes, être présent dans sa pratique du Yoga pour se mouvoir dans le respect de ses capacités, entendues comme le cadre de nos forces et limitations : nous voyons combien la conscience du mouvement est inhérente aux deux pratiques. C’est sur cette présence de corps et d’esprit que nous baserons le travail de la rencontre avec Soi », expliquent-il encore. Le premier module, La Force Créatrice, est programmé pour le 30 mars (120 euros par module et 500 euros pour un forfait pour les 5 modules). Pour tout renseignement, vous pouvez contacter Antoine Berthelin par email (antoineberthelin@hotmail.com). Je vous présente l’initiative d’Antoine sans en avoir fait l’expérience comme cela avait pu être le cas quand j’ai parlé de la formation Jardin de soin de Chaumont-sur-Loire. Ce n’est donc pas une recommandation, mais le projet semble très intéressant.

Le parc et le château de Courances

Le parc et le château de Courances

Une pièce d'eau dans le parc

Une pièce d’eau dans le parc

Deux jardins en accueil de jour

Beth dans le jardin de fleurs au Life Enrichment Center

Beth dans le jardin de fleurs au Life Enrichment Center

Décidemment l’hortithérapie est vivace en Caroline du Nord. J’ai déjà décrit les programmes de nombreux hortithérapeutes basés dans cet état : Sue Kaylor, Christene Tashjian, John Murphy ou Sally Cobb pour ne citer qu’eux. Ils et elles travaillent avec des malades en rééducation suite à divers accidents, des victimes d’abus sexuels, des ados qui souffrent de troubles du développement ou encore des malades en fin de vie et des proches en deuil. Beth Carter, quant à elle, a créé en 2012 un programme d’hortithérapie dans un centre d’accueil pour adultes, à la fois des personnes âgées souvent atteintes de la maladie d’Alzheimer ou de démences et des jeunes adultes souffrant de troubles du développement ou de retard mental, mais aussi des victimes de traumatisme crânien. Cet accueil de jour en leur procurant des activités dans la journée leur permet de vivre chez elles ou dans leur famille.

Isolés au quotidien, les hortithérapeutes aiment se rencontrer et partager

Récemment Beth organisait une rencontre du Carolinas Horticultural Therapy Network, un groupe d’hortithérapeutes de Caroline du Nord et du Sud créé en marge du American Horticultural Therapy Association dont les règles pour établir un chapitre local leur semblaient trop lourdes. « Nous nous rencontrons deux fois par an pour échanger des idées. L’un de nous accueille la réunion pour le weekend sur notre lieu de travail. Il y a toujours une ou deux présentations », explique Beth. Parmi les 25 participants au dernier weekend dont elle est fière d’avoir maitrisé les coûts (20 dollars de participation en plus des frais de transport et d’hébergement), on trouve un groupe de fidèles, des étudiants, des « master gardeners » qui pratiquent la thérapie horticole dans des maisons de retraite sans avoir fait de formation. « Il y a tellement de super programmes. Dans ces rencontres, nous pouvons recharger notre énergie, échanger des idées. Car nous faisons souvent ce travail de façon isolée. Nous ne sommes pas comme les kinés ou les ergothérapeutes qui ont toujours des collègues autour d’eux. »

Les hortithérapeutes aiment se retrouver. Ici, la présentation sur les terrariums lors d'une réunion organisée par Beth en février.

Les hortithérapeutes aiment se retrouver. Ici, la présentation sur les terrariums lors d’une réunion organisée par Beth en février.

Qu’a retiré Beth de ces deux jours de rencontres en février? « Avec les participants à mon programme, nous avions fait des posters de graines en collant les paquets de vieilles graines et les graines en dessous pour montrer à quoi elles ressemblent (voir photo ci-contre). John Murphy a eu une idée pour aller un peu plus loin : mettre du velcro sur les paquets et en faire un jeu de mémoire. Ca devient une activité interactive. On peut avoir de bonnes idées, mais quelqu’un d’autre peut les rendre encore meilleures. » Deuxième exemple avec la création d’un terrarium, ces mini-jardins d’intérieur qu’on abrite dans un bocal en verre. « La stagiaire de John a fait une présentation sur le sujet. Je n’en avais jamais fait et cela m’a donné envie d’en réaliser avec les jeunes adultes qui ont des troubles du développement. Avec les plantes dans un bocal en verre, on peut parler d’évaporation et de condensation. »

Deux diplômes et un travail d’hortithérapeute à plein temps

Mais revenons en arrière. « J’ai grandi les mains dans la terre. Mes grand-mères et mes parents jardinaient », résume Beth. Jeune maman, elle visite très régulièrement les Gallaway Gardens en Géorgie où elle deviendra plus tard bénévole pendant un temps, puis employée. Lorsqu’elle entend parler des « healing gardens », elle est immédiatement intéressée. En 2008, une recherche sur Google la mène au Horticultural Therapy Institute de Rebecca Haller.  En 2012, la voici doublement diplômée, de HTI et d’un programme de deux ans en science horticole. Dans le cadre de son projet final pour le certificat du HTI, elle travaille avec le Life Enrichment Center à Shelby, un programme de jour pour adultes : pour leur jardin inutilisé, elle conçoit un programme d’hortithérapie et passe six mois à développer l’activité. Une fois ses deux diplômes en poche, elle a la bonne surprise d’être embauchée à temps plein en deux temps trois mouvements !

Lentalus inspecte les courgettes.

Lentalus inspecte les courgettes.

Le Life Enrichment Center gère deux établissements implantés à quelques kilomètres de distance, entre lesquels Beth partage son temps. Les jardins y sont très différents. Dans le premier endroit, c’est David Kamp qui a conçu le jardin. Spécialiste des jardins thérapeutiques à New York, il a créé un jardin dans l’esprit « Prospect and Refuge », l’idée que notre expérience d’un paysage est ancrée dans des perceptions liées à notre évolution et notre instinct de survie. Beth cite aussi le travail de Rachel et Steven Kaplan, deux professeurs de psychologie environnementale à l’Université du Michigan, qui ont travaillé depuis les années 1970 sur les effets de la nature sur la santé et les relations humaines, avec cette idée pionnière que le l’environnement peut contribuer à soigner. Dans ce jardin très agréable, Beth a eu l’aide d’un Boy Scout qui lui a construit des jardinières à hauteur pour son projet d’Eagle Scout. « Quant à l’établissement plus récent, c’est un paysagiste local sans formation sur les jardins thérapeutiques qui l’a conçu. Il doit faire 12 000 m2. Mais il est si grand qu’il est intimidant pour les participants qui ont des difficultés à marcher ou utilisent un déambulateur. Finalement, ils restent sur le patio. J’essaie de construire des espaces de jardinage près du patio pour créer plus d’intimité. C’est un processus qui va prendre des années. »

« Je fais surtout un programme social. L’idée est qu’ils accèdent à leurs souvenirs, qu’ils ne s’isolent pas. J’adapte mes activités à leurs objectifs individuels et je prends des notes sur leur progrès. Mais je ne suis pas dans la documentation et certaines contraintes comme peut l’être Kirk », explique Beth. Elle fait référence à Kirk Hines qui travaille avec des personnes âgées au Wesley Woods Hospital à Atlanta en Géorgie depuis 1993. « Je prends des groupes de 2 ou 3 personnes, parfois plus et parfois je travaille avec une seule personne. Récemment, je travaillais avec un monsieur assez réfractaire. Mais après avoir planté un épicéa miniature, il était tellement fier qu’il en parlait à tout le monde.  L’autre jour, nous regardions des catalogues de graines et nous parlions des légumes de leur enfance avec un groupe de femmes. C’était un bon moment pour elle. Chaque jour est différent. »

Le retour du printemps

Lisa arrose ses bulbes de jacinthe.

Lisa arrose ses bulbes de jacinthe.

En Caroline du Nord, l’hiver a été long et froid, avec des chutes de neige inattendues. « Un matin, il faisait – 15° », s’étonne Beth. Tout le monde attend le printemps avec impatience. En attendant, les activités continuent. « J’ai trouvé des vieilles tasses à thé dans un magasin d’occasion. On y a mis des graviers et on a planté des bulbes de jacinthe. Tout le monde, y compris le personnel, spéculait sur la nature de ces bulbes. Des oignons ? Des betteraves ? Quand les jacinthes fleuriront, la pièce va embaumée. » Mais elle attend avec impatience de planter des légumes – des tomates, des épinards, des haricots verts, de la laitue, de l’okra (gombo en français, un légume très populaire du sud des Etats-Unis) – dans trois nouvelles jardinières récemment installées et accessibles en fauteuil roulant. « Je vais aussi doubler la surface du jardin de fleurs. Tout l’été, nous aurons des fleurs pour faire des bouquets. On plante des fleurs inhabituelles comme ces tournesols géants. » Beth attend de voir revivre le jardin de papillons où les participants regardent les chenilles se métamorphoser. « Je fais aussi beaucoup de choses avec des programmes de nature : des mangeoires pour les oiseaux, des sites pour qu’ils nichent. On écoute des enregistrements de chants d’oiseaux pour apprendre à les identifier. »

En Caroline du Nord, Beth et ses voisins guettent les signes du printemps. « Ici les gens ont la réputation de toujours planter leur pieds de tomates dès qu’il commence à faire dans les 20 degrés, tellement ils sont impatients. Chaque année, ils doivent les replanter. » On les comprend car l’arrivée du temps printanier de ces derniers jours en France a eu un effet immédiat sur les esprits engourdis par l’hiver.

Plantation de plantes grasses

Plantation de plantes grasses

Observation d'une araignée qui fait de l'ascension sur une fleur.

Observation d’une araignée qui fait de l’ascension sur une fleur.

Greg et les fleurs de l'été
Greg et les fleurs de l’été