Création d’un jardin : le point de vue institutionnel

« Intégration d’un jardin thérapeutique en établissement accueillant des personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer et troubles apparentés ». C’est le titre du mémoire de Master 1 en Promotion et Gestion de la Santé soutenu par Arnaud Kowalczyk à l’Université de Tours en juin 2016. Vous pouvez le lire en intégralité ici.

Lorsque Paule Lebay m’a parlé du travail en cours d’Arnaud Kowalczyk, mon intérêt a été immédiat. Car si les étudiants en paysagisme se penchent de plus en plus sur les jardins thérapeutiques, c’était la première fois que j’entendais parler d’un étudiant issu du monde de l’administration des établissements intéressé par le sujet. Précisément, ce master prépare « des professionnels capables d’initier, de développer ou d’évaluer des programmes d’action en prévention et promotion de la santé efficaces et efficients » et « des professionnels sachant mettre en œuvre une gestion et un management performants au niveau de structures sanitaires et/ou sociales. » Nous aimons à dire que les animateurs de jardin devraient idéalement combiner une approche du soin et une approche du végétal. Bien sûr, mais les responsables d’établissements ont évidemment un poids très important dans la création et le succès des projets de jardins. Arnaud Kowalczyk plaide pour le besoin d’une reconnaissance institutionnelle.

Le mémoire d’Arnaud Kowalczyk commence très bien. J’ai été sensible à son rappel de la définition de la santé selon l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) : « un état complet de bien-être physique, mental et social et ne consiste pas seulement en l’absence de maladie ou d’infirmité ». Comme il l’écrit, « Il est important de rappeler cette définition qui va nous permettre de nous focaliser non pas sur la maladie d’Alzheimer ou des troubles apparentés de façon médicale et scientifique en institution, mais plutôt de l’amélioration du bien-être chez les personnes souffrant de cette pathologie et troubles associés. Ainsi, la santé environnementale définie par l’OMS, nous rappelle le rôle des facteurs environnementaux, de la qualité de vie, dans la maladie et dans l’amélioration de celle-ci ou du moins, du maintien du bien-être. »

Le mémoire s’articule autour de deux axes : les dimensions et finalités du jardin thérapeutique au niveau institutionnel pour lesquels l’auteur s’est appuyé sur la littérature et des entretiens, et la réflexion sur un jardin thérapeutique en établissement menée dans le cadre de son stage en accueil de jour.

L’auteur rappelle les différents plans qui peuvent servir de leviers d’action :

  • le plan Alzheimer de 2008-2012 dont la mesure 33 prévoit l’amélioration de l’évaluation des thérapies non médicamenteuses
  • le plan maladies neurodégénératives 2014-2019 et sa mesure 83 qui encourage une prise en charge « tournée vers des liens sociaux conservés évitant un sentiment de frustration, d’isolement pour les personnes atteintes de maladies neurodégénératives »
  • la loi relative à l’adaptation de la société au vieillissement qui doit favoriser la modernisation des établissements avec des bâtiments lumineux, végétalisés, dans le respect des besoins des personnes âgées et du personnel soignant…

 

Ambigüité législative et institutionnelle

L’Agence nationale de l’évaluation et de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux (ANESM) souffle le chaud et le froid : ses bonnes pratiques mentionnent « la liberté d’aller et venir, précisant que l’accès libre à un espace extérieur sécurisé et clos (jardin, terrasse) est recommandé et permet la déambulation en toute sécurité ». Mais en parallèle, l’agence rappelle qu’aucune intervention non médicamenteuse n’a apporté la preuve de son efficacité sur l’évolution de la maladie et elle se garde de mentionner explicitement le recours aux jardins thérapeutiques. Même chose du côté de la Haute Autorité de Santé. « Nous apercevons ici l’ambigüité législative, institutionnelle, quand il s’agit d’évoquer le jardin. Institutionnaliser le jardin de soin permettrait de légitimer la pratique et d’encourager les décideurs à plus de vigilance sur l’importance d’un espace pour que s’expriment les émotions, les besoins, les envies des bénéficiaires mais aussi des soignants parfois frileux à l’idée de pénétrer dans un espace non médicalisé. La rigueur de l’évaluation des traitements médicamenteux ne permet pas d’exposer aujourd’hui les évaluations souvent qualitatives des thérapies non-médicamenteuses », écrit Arnaud Kowalczyk. Ces approches sont encouragées, mais de fait marginalisées faute d’avoir fait la preuve de leur efficacité…

Après avoir fait état des associations qui œuvrent dans ce domaine – l’incontournable Belles Plantes d’Anne et Jean-Paul Ribes, la Fondation Truffaut, l’association Jardins & Santé, la Fondation de France et la fondation Médéric Alzheimer -, l’auteur s’est lancé dans un recensement des établissements accueillant des personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer qui offrent un jardin thérapeutique dans le département d’Indre-et-Loire. Sur 48 établissements figurant dans le Fichier National des Établissements Sanitaires et Sociaux (FINESS), il a réussi grâce à des appels téléphoniques à identifier 15 établissements possédant un jardin thérapeutique (souvent mal connu). Signe d’espoir, plusieurs établissements lui ont répondu qu’un projet était en phase de conception. Cette méconnaissance est-elle due à au manque de visibilité des jardins thérapeutiques et la formation pourrait-elle aider ? C’est la question que l’auteur se pose en constatant, comme nous tous, que la formation est encore très embryonnaire en France. Parmi les finalités du jardin (ce que nous aurions tendance à appeler les bienfaits), Arnaud Kowalczyk liste la sociabilité, le sentiment d’utilité sociale, la spiritualité et l’imaginaire, la thérapeutique cognitive et la thérapeutique physique et sensorielle.

Réflexion dans un accueil de jour en Touraine

Dans la seconde partie du mémoire, l’auteur partage l’expérience de son stage d’un mois au sein de l’accueil de jour Relais Cajou à Ballan-Miré près de Tours qui accueille des personnes présentant des troubles mnésiques et vivants à domicile. Les Relais Cajou, gérés par la Mutualité Française, ont pour objectif d’offrir une ambiance conviviale, non médicalisée et non stigmatisante. Alors qu’un autre Relais Cajou proche (Chambray-Lès-Tours) possède déjà un jardin potager, celui de Ballan-Miré, direction et personnel confondu, a exprimé la volonté de concevoir un jardin thérapeutique dans un espace vert existant. Dans le cadre de son stage, l’auteur a participé à l’élaboration du projet. Avec l’équipe, il identifie plusieurs objectifs généraux :

  • Stimulation des cinq sens, le renforcement de la proprioception et la consolidation des conduites motrices.
  • Proposer un espace de déambulation extérieur, un but de sortie.
  • Favoriser le lien social entre l’équipe professionnelle et les bénéficiaires.

Et plusieurs objectifs spécifiques :

  • Stimuler la motricité par le travail de la terre et des outils et la marche.
  • Stimulation cognitive avec l’activité calendrier et le rappel des noms de plantes, fleurs, ce qui a été planté.
  • Stimulation visuelle et orientation temporo-spatial par cet espace de déambulation.
  • Travailler sur la réminiscence.

 

Après avoir défini les points à couvrir dans l’étude de faisabilité technique, financière et environnementale, l’auteur regrette que l’avancée du projet ait été limitée par la durée du stage même si un potager a bien été planté au printemps. Dans la dernière partie du mémoire, il s’attarde sur quelques limites humaines (la légitimité du jardin comme support au sein, l’absence de formation, le manque de temps, la peur d’un support que les soignants ne maitrisent pas) et organisationnelles (le financement, implication au long terme du personnel, les normes de sécurité et d’hygiène imposées, les freins à la consommation de la production hors d’une cuisine thérapeutique).

Et le mémoire se conclut sur ce constat. « Car, en dépit du mouvement engagé pour l’intégration des jardins dans les établissements, la dichotomie entre le soin et la nature freine l’investissement dans les formations et l’implantation en structure. Notre travail ne s’inscrit pas dans la médicalisation du jardin thérapeutique car une banalisation dans la création des jardins qui se voudrait standardisée et normée ferait perdre tout le potentiel de cet espace. L’intégration d’un jardin thérapeutique vient donc par son essence même accompagner le soigné et prendre soin de celui-ci. »

En conclusion, on sent qu’Arnaud Kowalczyk veut croire au futur des jardins thérapeutiques tout en restant conscient des obstacles à leur acceptation institutionnelle.

Des collégiens lyonnais font le lien entre l’agriculture et leur assiette

J’espère que votre été vous a comblés de bonheurs et que cette période de retour se déroule le plus sereinement possible. C’est la rentrée, place aux jeunes.

Julie Le Gall, maître de conférences en géographie à l’Ecole normale supérieure de Lyon nous raconte le projet Marguerite/SensiAgri. Lancé depuis 3 ans au Collège Elsa Triolet à Vénissieux, dans le quartier des Minguettes, son but est de sensibiliser les élèves de collège à l’agriculture et à l’alimentation. Le programme est financé via le Programme national pour l’alimentation. Nous avions déjà eu l’occasion de nous rencontrer avant l’été pour une conversation vivifiante. Ce weekend, nous nous sommes retrouvées dans un jardin public parisien pour qu’elle vous explique la nature et les objectifs de son projet de sensibilisation à l’agriculture et à la justice alimentaire.

Pour en savoir plus, vous pouvez visiter le labo Environnement Ville Société au sein duquel travaille Julie à l’ENS de Lyon et la joindre par email (julie.legall (at) ens-lyon.fr). Si les questions de défis alimentaires vous intéressent, Julie recommande la lecture de ce dossier sur le sujet préparé par l’Institut d’Urbanisme d’IDF et en particulier l’interview d’Anne Liberman, psychologue sociale, sur l’éducation alimentaire.

Voici quelques photos des participants au projet au collège Elsa Triolet : les enfants heureux au potager, la récolte de radis, une expérimentation sur l’effet de serre, des dessins réalisés dans le cadre du projet Marguerite.

 

Le bonheur change de rythme

C’est l’été. Il est temps de prendre des vacances, un peu de distance. Au mois de mai, j’ai fini ma licence de psychologie à Paris 8. A la rentrée, j’embraye sur un master de psychologie clinique à Paris Nanterre où j’ai décidé de consacrer mon projet de recherche de M1 aux jardins de soin. Je vais travailler avec Antonia Csillik, une enseignant-chercheur qui s’intéresse aux mécanismes d’efficacité des thérapies et qui s’inscrit dans le courant de la psychologie positive. D’ailleurs, pour me mettre dans le bain, j’ai assisté sur ses conseils à la 8ème édition de l’European Conference on Positive Psychology (ECPP) qui se déroulait la semaine dernière à Angers. La découverte d’un monde foisonnant de recherche et d’expériences s’appuyant sur les notions de bonheur, de bien-être, d’émotions positives, de gratitude, d’optimisme, de développement post-traumatique et bien sûr de pleine conscience. Car l’hypothèse de mon projet de recherche, qui se déroulera dans un jardin qui reste encore à déterminer, va tourner autour de l’idée que les bienfaits du jardin de soin sont ancrés dans le fait d’être présent dans le moment, dans la pleine conscience. Je suis également à la recherche d’un stage de 250 heures supervisé par un ou une psychologue clinicien(ne).

Le constat est donc que les deux années à venir seront très intéressantes, mais également très chargées. Après avoir passé le relais à Susan Morgan pour le blog du Horticultural Therapy Institute que je vous encourage à suivre pour une vision américaine de l’hortithérapie, je devais aussi examiner mon engagement dans Le bonheur est dans le jardin. Parce que nous avons souvent des œillères invisibles, j’ai d’abord pensé, bien à regret, à l’arrêter complètement pour récupérer quelques précieuses heures. Mais une lectrice fidèle m’a soufflé une solution plus satisfaisante : pourquoi ne pas passer d’un rythme hebdomadaire à un rythme mensuel ? Evidemment ! Si j’avais encore des doutes, une rencontre en clôture de la conférence sur la psychologie positive m’a convaincue que je veux continuer. Une doctorante en Sciences de l’homme et de l’environnement à l’université de la Réunion avec qui je parlais de sa recherche sur les activités de pleine nature et la passion me dit qu’elle connaît mon blog et s’en est servi. Un de ces micro-moments où je me sens reliée par des liens souvent invisibles, parfois révélés, à des lecteurs que je ne connais pas. C’est décidé : à la rentrée, Le bonheur devient mensuel.

Roger Ulrich et Teresia Hazen, trois nouvelles études dans les cartons

Pour vous laisser sur une note positive à savourer cet été, sachez que Roger Ulrich, l’auteur de la fameuse étude View through a window may influence recovery from surgery publiée dans Science en 1984, travaille avec l’hortithérapeute Teresia Hazen sur trois nouvelles études ancrées dans les jardins de l’hôpital Legacy Health de Portland en Oregon. Au carrefour du stress, de la nature et des soins, les trois études se penchent sur des futures mères et leurs bébés, sur les proches qui visitent un malade en soins intensifs et sur les infirmières. La dernière fois que j’ai vérifié, les résultats n’avaient pas encore été publiés. En attendant, on peut écouter Roger Ulrich qui est aujourd’hui professeur d’architecture au Center for Healthcare Building Research de l’université de technologie de Chalmers en Suède, exposer ses idées sur la conception de meilleurs hôpitaux dans cette interview radio sur OPB. Et lire cette interview de Teresia Hazen sur le site de Nature Sacred qui a participé au financement de l’étude lancée en 2013.

 

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Un des jardins à Legacy Health à Portland, accessible aux futures mamans et à leurs visiteurs.

 

Je vous souhaite un bel été.

Paris est un jardin

Je ne veux pas parler du Jardin des Tuileries ou de celui du Luxembourg. Ni même des Jardins du Palais-Royal que j’affectionne particulièrement. Je veux parler des fenêtres fleuries et des mini-jardins qui fleurissent un peu partout dans le peu d’espace disponible, reconquis en particulier grâce aux programmes municipaux (jardins partagés, programmes Du vert près de chez moi ou plus récemment Permis de végétaliser). La couche administrative et très encadrée de ces programmes ne me réjouit pas forcément, mais la guérilla constante serait assez épuisante et ces programmes ont le mérite d’exister. Et en tout cas, ces Parisiens qui sèment et qui plantent se font du bien et font du bien aux autres. Y compris parce que leurs plantations urbaines poussent naturellement à la conversation entre voisins et inconnus.

Pour rester local, petit tour en images du 2e arrondissement.

 

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Le fameux Oasis d’Aboukir de Patrick Blanc, un lieu de promenade et de contemplation local.

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Le Potager de la Lune, jardin partagé dans le square Bidault (https://www.facebook.com/Potager2laLune/)

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Un autre mur végétal, plus modeste, rue Tiquetonne devant une école primaire.

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Le site du futur jardin partagé, le Jardin de Bonne, qui est pour l’instant un dépotoir et un cimetière de tuyas. A bientôt pour des nouvelles.

Patchwork

Au fil des semaines, j’accumule des références d’articles qui touchent, de plus ou moins près, au jardin de soin, à l’hortithérapie ou à la place de la nature pour les urbains. Beaucoup de ces liens circulent sur le groupe Facebook Jardins de soin ou me sont envoyés par des connaissances au courant de mon intérêt pour le sujet (merci Cléa, Nicole, Stew, Elise,…). Aujourd’hui, je les partage avec vous. Un peu en vrac. A vous de piocher dans ce qui vous intéresse.

Les Jardins de l’Humanité ont besoin de votre soutien

Les jardins de l'Humanité

Les jardins de l’Humanité

Estelle Alquier, présidente de l’association Terres Océanes, donne régulièrement des nouvelles des Jardins de l’Humanité. Voici son appel. « Les jardins de l’Humanité (19 jardins à vocation thérapeutique, historique, conservatoire, pédagogique et sociale) sont en cours de réalisation depuis septembre dernier (2015) dans le sud des Landes. Ce projet ambitieux est porté par l’association « terres océanes, cultures d’humanité » et avance grâce à l’implication de nombreux bénévolesvenus de toute la France. Nous arrivons au bout du budget de départ et pour continuer, nous faisons appel aux fondations, au financement public et à tous! Aucun doute qu’il verra le jour, cependant nous avons besoin de tous pour continuer. Une campagne de dons a démarré la semaine dernière sur le site helloasso, chaque don, dès 5 euros, est déductible des impôts et contribue à l’aboutissement de ce lieu hautement humain et écologique. Vous trouverez plus de détails sur notre site internet, accessible depuis le site de financement. »

Un jardin de soin à l’Institut Mutualiste Montsouris

Les acteurs en présence autour de ce jardin de soin inauguré en 2014: l’Institut Mutualiste Montsouris (département hospitalo-universitaire de psychiatrie de l’adolescent et du jeune adulte de l’Université Paris Descartes), l’association Jardin Art et Soin d’Alain Calender et le paysagiste Louis Benech.

Quantifier les bienfaits des espaces verts en ville

« Quand les élus, ou les promoteurs, regardent le budget d’un espace vert, c’est plutôt en termes de coûts que de recettes. Vu au mieux comme un plaisir apporté à l’habitant, au pire comme une onéreuse danseuse, le jardin n’est jamais crédité de ses bienfaits. Ils existent pourtant et peuvent même être chiffrés. Pour en avoir le cœur net, l’Union nationale des entreprises du paysage a demandé à l’institut Asterès de les recenser et, mieux encore, d’en faire une traduction monétaire. De cet exercice inédit se dégagent deux informations majeures : le jardin fait faire des économies en dépenses de santé et rapporte des rentrées en recettes liées à l’attractivité. » Lire l’article de Sybille Vincendon dans Libération.

Potagers en pied d’immeuble, jardins thérapeutiques en maisons de retraite

Une émission de Périphéries sur France Inter dédié à un jardin vivrier dans le quartier Bel Air de Montreuil. Montreuil, cela vous rappellera peut-être le projet de Yves-Aubert Alonzeau, l’un des gagnants du concours d’Avenir de la Fondation Truffaut en 2016. Décidemment, on jardine beaucoup à Montreuil.

Le site Ehpadeo, créé par deux frères pour aider les personnes âgées et leurs familles, dédie une rubrique aux jardins thérapeutiques en mettant en avant des projets dans plusieurs maisons de retraite.

Des jardins qui rapprochent

En Suisse, cette initiative qui date de 2011 permet à des migrants et à des réfugiés de s’insérer au travers d’une parcelle de jardin. En Alsace-Lorraine, j’ai entendu parler de trois jardins interreligieux de la Meinau, de Valff et de Saverne. Mais peu d’information filtre sur Internet malheureusement.

L’intelligence émotionnelle des plantes

« Est-ce que les plantes sont en résonnance avec l’Homme et le règne du vivant ? » C’est la question posée dans l’émission de radio Retour aux Sources à partir du livre « L’intelligence émotionnelle des plantes » de Cleve Backster avec deux invités autour de la table de Joëlle Vérai : Bénédicte Fumey qui est porte-parole du Pacte civique et Jacques Collin, ingénieur, écrivain et conférencier. J’avoue que je n’ai pas encore écouté l’émission jusqu’au bout…

Encore plus méconnue que l’hortithérapie, la bibliothérapie

« Inspirée par la philosophie grecque, plébiscitée par Marcel Proust à la fin du XIXè siècle et complètement reconnue aujourd’hui en Grande Bretagne, la bibliothérapie se fait attendre en France. Pourtant, l’apaisement des maux de l’âme ou le renforcement du bien-être psychologique par la lecture résonnent presque comme des effets on ne peut plus évidents. Il faut dire que ces pouvoirs prêtés au livre ont des origines très anciennes et sont désormais scientifiquement prouvés. » Cet article très complet fait un bilan historique et contemporain de la lecture comme acte thérapeutique.

Le coin anglophone : une maternelle dans les arbres, des ordonnances de nature et un nouveau livre

Une jeune élève à la Fiddleheads Forest School à Seattle (photo du New York Times).

Une jeune élève à la Fiddleheads Forest School à Seattle (photo du New York Times).

A Seattle, une maternelle installée dans University of Washington Botanic Gardens fait classe dans la forêt. Un article du New York Times raconte l’expérience de Fiddleheads Forest School. On dirait que l’appel de Richard Louv dans son célèbre livre Last kid in the woods a été entendu.

De San Francisco à Washington, des médecins américains prescrivent des marches dans la nature à leurs patients. Pas seulement pour faire de l’exercice, mais aussi pour raviver leur connexion avec la nature et stimuler leur cerveau. La pratique existe aussi en Angleterre. En France, j’ai entendu une professionnelle de la santé conseiller à une patiente de marcher en pleine conscience à travers un parc qui se trouve quotidiennement sur son chemin…

David Kamp a fondé Dirtworks Landscape Architecture à New York pour explorer l’interaction de la nature, de la santé et du bien-être. Il vient juste de publier Healing Garden, un livre qui mêle théorie et pratique. Je ne l’ai pas lu. La description du livre n’est pas sans rappeler Therapeutic Landscapes de Clare Cooper Marcus et Naomi Sachs.

Un potager urbain rue d’Aboukir

 

Emilie

Emilie Giafferi de Veni Verdi (dans un autre potager).

Décidément, la rue d’Aboukir dans le 2e arrondissement de Paris est un axe vert (depuis 2013, l’Oasis d’Aboukir est une attraction locale et une bouffée de nature pour les habitants). Depuis plus d’un an, un potager pousse sur le toit d’un immeuble que rien ne distingue de ses voisins quand on passe dans la rue d’Aboukir après avoir quitté l’imposante Place des Victoires à la gloire de Louis XIV. Mais ceux qui ont la chance de pouvoir visiter le potager découvrent un autre monde en plein cœur de la ville. Dans ce bâtiment occupé par ERDF, l’association Veni Verdi a installé en avril 2015 sa troisième exploitation agricole. « Une convention signée avec ERDF, occupant du site, et la Mairie de Paris, propriétaire, permet à notre association de disposer de 220 m2 pour continuer à développer son projet d’agriculture urbaine », explique cette association loi 1901. Son objectif est « de créer des jardins en milieu urbain pour agir sur notre Environnement, notre Société et Économie » et elle a déjà installé des potagers, notamment sur le toit du collège Matisse (20e) et dans les murs du collège Mendès France (18e). Soit 6000 m2 cultivés au total! Voici une vidéo tournée en juin 2018 qui explique comment la cour du collège Mendès France est devenu un potager.

 

Le 7 avril 2015, 20 bénévoles agents ERDF et 10 bénévoles Veni Verdi ont donc monté la terre et les sacs de chantier transformés en jardinières pour aménager les 200 m2. Depuis, Emilie Giafferi vient jardiner deux fois par semaine et récolte fèves, radis, cresson, mâche, épinard, roquette, ail, pommes de terre, tomates, concombres. D’ailleurs les tomates et les concombres fournissent une ombre bienvenue aux salades. Un paillis de lin permet de limiter l’arrosage. Une fois par semaine, Emilie installe son mini-marché dans les locaux en dessous et vend la récolte aux employés d’ERDF. Un circuit on ne peut plus court.

Une révolution en marche

Aboukir 1

Abondance de fèves (photo Anne Thiollier)

Pendant notre visite, un agent ERDF passe faire un tour sur le toit pour prendre quelques légumes. Inspiré par cette expérience, il s’est lancé dans le compostage et le jardinage dans son immeuble en banlieue. Combien d’autres envies et projets ce potager urbain inspirera-t-il ? Auprès des enfants et des adultes, Veni Verdi poursuit une révolution tranquille des esprits. D’autres projets fourmillent dans les villes. A deux pas de la rue d’Aboukir, un autre potager doit naitre cette année sur le toit du gymnase de la rue Léopold Bellan, un toit qui abrite déjà des ruches depuis quelque temps et qui sera accessible au public. Après New York, Chicago et d’autres grandes villes, Paris se met à l’agriculture urbaine et ça fait plaisir.

 

Aboukir 2

Vue sur les toits (photo Anne Thiollier).

 

Au Parc des Chanteraines, des ateliers jardin cultivent l’autonomie

Depuis 2009, dans le vaste potager de la ferme du non moins vaste Parc des Chanteraines à Gennevilliers (92), un carré est réservé à des jardiniers assidus venus de deux établissements locaux, le CITL (*) Le Castel de Gennevilliers et l’ESAT (**)/CITL Les Voies du Bois de Colombes. Claude Drothière, jardinier professionnel, prodigue instructions et conseils pour les semis, plantations, arrosages et les mille soins nécessaires à l’épanouissement des plantes. Plus important peut-être, il est un accompagnant régulier, une figure de confiance qui connait bien chaque jardinier. Le mercredi matin à la Ferme du Parc des Chanteraines, on jardine.

Nicole et une jardinière

Nicole et une jardinière

Courant mai, à l’invitation de Florence Pougheon Pultier du conseil départemental des Hauts de Seine et ancienne stagiaire de la formation de Chaumont, je suis allée rendre visite à Claude et à ses jardiniers avec Nicole Brès. Sous un ciel menaçant qui présageait les crues à venir, Nicole et moi avons participé à l’atelier. Le petit groupe, après avoir mis ses bottes à l’abri sous la serre, s’est dirigé vers le carré où il y avait fort à faire : arracher de l’herbe, semer des salades, planter des courges, courgettes et concombres, arroser, cueillir des salades et des radis pour les ramener au centre. Pour tout vous dire, en quelques semaines, j’ai oublié ce que nous avions planté exactement. Mais je garde un vif souvenir d’un profond sentiment de bonheur, simple et puissant. Avec Claude et ce groupe de jeunes femmes, nous avons passé un moment joyeux à toucher la terre, à discuter, à nous extasier. Je suis reconnaissante à toutes et à tous pour cette belle rencontre.

Un atelier de jardinage dans une ferme à disposition du public

Le jour de notre visite était aussi le jour de la tonte des moutons.

Le jour de notre visite était aussi le jour de la tonte des moutons.

« La ferme du parc des Chanteraines propose depuis 2009 des ateliers de jardinage pour accompagner des adultes en situation de handicap mental léger. Ces ateliers proposés deux fois par mois permettent aux personnes accueillies d’établir une passerelle d’apprentissage ou de développer des acquis professionnels qui les aideront à retrouver une autonomie. Les ateliers sont encadrés par un jardinier professionnel recruté par le conseil départemental et les éducateurs spécialisés qui accompagnent les groupes de deux centres d’initiation au travail et aux loisirs de Colombes et Gennevilliers », explique Florence Pougheon Pultier de la Direction des parcs et jardins- Service territorial nord. Quant à la Ferme des Chanteraines, elle remplit plusieurs objectifs : s’inscrire dans le schéma départemental de soutien à l’autonomie des personnes âgées et des personnes handicapées conduit par la direction de l’Autonomie pour développer cette action sur d’autres sites en collaboration avec le PSOL, former les agents volontaires à l’accueil des personnes en situation de handicap et développer l’accueil de groupes sur la médiation animale (la ferme est l’occasion de découvrir poules et lapins, moutons et ânes, cochons et chèvres).

Un jardin, de multiples objectifs

IMG_8412Pour le CITL Le Castel, l’activité jardinage se déroule de septembre à juin (une fois par mois durant l’automne/hiver et deux fois par mois au printemps) à raison de deux heures en petits groupes de 5 ou 6 personnes en situation de handicap mental. Comme le fait remarquer l’éducatrice qui accompagne les participants, la mise en pratique dans le potager et la serre est mise en regard avec des activités théorique comme la visite des serres du Jardin des Plantes ou d’apprentissage du noms des plantes et outils. Dans cet atelier, les jardiniers poursuivent plusieurs objectifs pédagogiques : civiques et sociaux d’abord (s’approprier et pérenniser des actes écologiques dans leur vie quotidienne, favoriser le travail en équipe et le respect des règles, développer la communication, la socialisation et l’entraide,…), mais aussi cognitifs (concentration, observation, écoute, mémorisation, prise d’initiatives, structuration du temps et aménagement d’un espace, assimilation des consignes,…), moteurs (psychomotricité fine, fatigabilité, goût de l’effort,…). Les bénéfices pour les participants sont donc multiples.

Pour le CITL Les Voies du Bois, l’atelier est une façon d’aider les personnes accompagnées à dépasser leurs angoisses au sujet du monde extérieur. Comme le note une responsable, cet atelier est devenu pour certains participants la seule activité où ils parviennent à s’inscrire activement dans la dynamique du groupe et à être investi. « Ce que nous avons observé durant ce temps de jardinage c’est que le côté apaisant de cette activité apporte de la sérénité aux personnes les plus agitées. Au fil des séances une complicité s ‘installe entre les personnes et le jardinier. Ce qui n’est pas négligeable quand on parle de personnes autistes pour qui le rapport à l’autre est synonyme d’angoisse. » Dans le lien avec l’ESAT qui travaille justement sur les espaces verts, l’atelier est une initiation et une découverte d’un potentiel métier. Les jardiniers et les responsables du CITL Les Voies du Bois aimeraient bien venir plus souvent et avoir une plus grande parcelle…

* CITL (Centre d’Initiation au Travail et aux Loisirs)

** ESAT (Etablissement et Service d’Aide par le Travail)

Romane Glotain : un projet de jardin thérapeutique ouvert

Aujourd’hui, Romane Glotain, 1ere ex-aequo dans la catégorie Excellence du Concours d’Avenir 2016 de la Fondation Truffaut, nous raconte son parcours et son projet. Pour le coup, elle ne fait pas partie des candidats qui ont découvert les jardins thérapeutiques à travers ce concours. Au contraire, elle a déjà une expérience et une réflexion très avancées sur le sujet. Et un projet auquel on souhaite beaucoup de réussite. Quant à l’autre lauréat de cette catégorie, Yves-Aubert Alonzeau et son super projet à Montreuil, j’espère que nous aurons l’occasion d’en reparler bientôt. Je passe la parole à Romane.

 

Romane et une jardinière au Jardin pour Tous

Romane et une jardinière au Jardin pour Tous

Hortithérapeute ? Tu veux soigner avec les plantes médicinales ? Soigner avec l’ortie ? C’est vrai que ça a beaucoup de vertus …Ces questions! J’ai pu les entendre des dizaines de fois lorsqu’on m’a demandé ce que je voulais faire comme métier. Je tiens tout d’abord à me présenter. Romane Glotain, 19 ans, étudiante en BTSA Production Horticole au lycée du Fresne d’Angers. Je souhaite vous faire part de mon projet professionnel qui est de devenir hortithérapeute (soigner par la pratique du jardinage) ainsi que mon parcours qui m’a fait connaître le concept.

Tout a commencé à mon arrivée en seconde au lycée Jules Rieffel de Saint-Herblain (44). Une association nommée les « écoresponsables » était dirigée par un animateur en développement durable, Florent Dionizy: un monsieur F-O-R-M-I-D-A-B-L-E !!! Cette association représentée par les élèves comprenait de nombreux projets en faveur du développement durable (gestion de ruches, projet Cameroun pour une filière de cacao équitable, projet jardin pour tous, etc…).
6 juin 2012 (24)Le projet « jardin pour tous » a été une évidence. J’adore le jardin, j’adore les p’tits vieux! En effet, le lycée était relié à la maison de retraite du Tillay de Saint-Herblain (qui est malheureusement fermée aujourd’hui) dont la plupart des résidents étaient atteints de la maladie d’Alzheimer. Le but était de leur proposer des activités jardinage deux mercredis par mois pour une durée d’environ 1h30 dans un but de thérapie. Pendant la période hivernale, le petit groupe d’élèves volontaires se rendait à la résidence avec le matériel nécessaire pour l’animation (bouquets séchés, décoration de Noël végétale, etc..). Certaines mamies avaient déjà retroussé leurs manches avant même que nous arrivions! « Vous comprenez, ça me fait du bien de mettre les mains dans la terre », m’avait dit Mme B., une fidèle des ateliers.

Et puis à la belle saison, nous accueillions les résidents et leurs animatrices dans le jardin de soins qui se trouvait dans l’enceinte du lycée et qui était aménagé pour leur pathologie. Quatre bacs pour jardiner à hauteur (pour les fauteuils roulants), jardin clos (sécurité, pour que les personnes restent dans le cadre), éveil des 5 sens (qui diminuent avec la maladie)… et le jardin s’est développé avec un coin potager, plantations de fruitiers. L’objectif était vraiment que les personnes soient détendues, qu’il y ait un bien-être qui s’installe, qu’on provoque des réactions parfois inattendues. Je me souviens d’une résidente qui ne montrait aucune émotion, aucune parole, rien! En se baladant dans le jardin avec une des animatrices, elle s’est arrêtée net devant une plante et l’a fixée pendant quelques minutes commençant à l’effleurer; ça ne paraît rien mais c’était juste magique! Pour elle, pour nous, pour les animatrices. Le lien social était créé ou recréé aussi et en plus intergénérationnel!

2013-09-25 15.06.54C’était vraiment un travail d’organisation entre les animatrices, Florent et les élèves comme pour le choix des activités (bien sûr en fonction des saisons pour que les personnes aient un repère spatio-temporel), rédiger un compte rendu après chaque séance, faire remonter les points positifs observés. Notre devise était: « prendre soin du végétal pour prendre soin de soi et donc se faire du bien ! » Et puis à chaque fin d’année, on se retrouvait autour d’un pique-nique comme en 2012 à Quimiac, au bord de la mer (44) où une résidente m’a confié: « vous vous rendez compte, ça fait plus de 20 ans que je n’ai pas vu la mer. » C’est dans ces moments là qu’on se sent utile…J’en profite pour remercier de tout cœur Florent qui m’a amené, aidé à conduire le projet mais aussi aux animatrices (Babeth, Gaby, Odette …) pour leurs motivations et leurs croyances dans les bienfaits du jardinage. Merci aussi aux p’tits vieux qui m’ont tant apporté!

 

Sortie au bord de la mer à Quimiac (Loire-Atlantique)

Sortie au bord de la mer à Quimiac (Loire-Atlantique)

Trois ans après, j’ai quitté le lycée avec mon BAC STAV (Sciences et Technologies de l’Agronomie et du Vivant) en poche pour préparer un BTSA en Production Horticole au lycée du Fresne sur Angers. Je le termine justement cette année au mois de juin. J’avais toujours en tête le projet de devenir hortithérapeute; je me suis construit un classeur avec tous les documents, articles, contacts en lien avec le sujet et j’allais directement visiter des structures se rapprochant de mon projet, comme la ferme de Nat’ en Maine et Loire qui pratique de la médiation animale avec des enfants handicapés, l’ESAT de Vertou qui travaille l’horticulture avec des handicapés et d’autres.

Puis un évènement m’a relancée! Le concours « Projet d’Avenir » que la Fondation Georges Truffaut propose pour les élèves en filière horticole ou paysagère. Le but étant de créer un jardin thérapeutique pour un public ciblé. J’étais obligée d’y participer! C’était le meilleur moyen de valoriser l’hortithérapie qui est peu connue et encore moins reconnue! Et aussi d’y expliquer mon projet professionnel. Il a fallu réaliser des plans, des dessins, un budget détaillé, un dossier de présentation…un gros travail en plus des cours. Mais comme on dit: le travail paye! En effet, un mois après l’envoi de mon dossier, le travail a payé! On m’annonce que j’ai fini première de la région Centre-Ouest et que je suis invitée au siège de Truffaut pour présenter à l’oral mon projet de jardin thérapeutique pour les personnes âgées atteintes d’Alzheimer. Le 4 mai dernier, me voilà à Lisses (91) où j’ai pu rencontrer des candidats avec des présentations très différentes (jardin pour obèses, burn-out ..) et aussi écouter des professionnels, des formateurs dans le domaine.

Au final, j’ai été 1ère nationale ex-aequo avec un autre étudiant et la jolie somme de 1350 euros qui est une aide pour financer le projet. Je remarque aujourd’hui, que le concours a été une formidable expérience afin de mettre en valeur mon projet; quelques articles ont été écrits, un formateur (Mr Bertrix) m’invite même à une de ses formations (jardins de soins et de santé) en octobre prochain à Chaumont-sur-Loire et beaucoup de personnes me soutiennent; C’est vraiment super! Je suis presque plus contente que lorque j’ai su que j’avais mon BAC !!!

En parlant de mon projet professionnel, je voudrais vous l’expliquer. Je souhaite réaliser un jardin thérapeutique pouvant accueillir cette fois différents publics (enfants, handicapés, personnes âgées, personnes stressées …) afin de proposer des demi-journées de jardinage et amener un bien-être aux patients. Le but étant que les séances soient régulières pour en sentir les bienfaits. Le jardin sera réalisé à Campbon, dans ma commune native entre Nantes et St-Nazaire (44). Mon père ancien agriculteur a gardé quelques terrains… J’espère le commencer l’année prochaine en même temps que ma licence professionnelle que je souhaite réaliser dans le social afin de me spécialiser et d’acquérir des compétences dans ce domaine. Je pense sûrement créer le jardin du concours en y ajoutant d’autres éléments pour l’adapter à tous. Je réfléchis encore pour le financer, pour m’installer, m’organiser dans les activités que je pourrais proposer, repérer les structures.

J’espère pouvoir redonner goût à la vie par le jardinage pour ceux que j’accueillerai. On démontre seulement aujourd’hui que c’est une science véritable. Elle existe pourtant depuis des années! Pourquoi tant de personnes possèdent-elles un jardin qu’il soit potager ou fleuri? Ou ne serait-ce qu’une plante sur son balcon, dans sa cuisine? N’importe qui retrouve des effets bénéfiques, une sérénité, le bonheur tout simplement.

En attendant, je suis ouverte à toutes vos questions et aides. Mon projet aboutira forcément un jour. En tout cas, je l’espère vraiment, c’est devenu une vraie passion! Renouer le lien entre l’Homme et la nature… une évidence!

Vous pouvez me contacter : romane.glotain@gmail.com ou 06 49 93 18 80.

Association Jardins et Santé : bourses et Fête au jardin

Les lauréats des bourses Jardins et Santé

Les lauréats des bourses Jardins et Santé depuis 2009.

Tous les ans depuis 2009, l’association Jardins et Santé décerne des bourses « Jardins à but thérapeutique » à des établissements de santé. Sur la page du site de Jardins et Santé dédiée à cette action, on découvre en détail tous les établissements qui ont reçu une de ces bourses depuis 2009.

Pour le dernier appel à projets, 148 projets s’étaient manifestés. Voici les lauréats:

  • Le Centre de Gérontologie Départemental de Marseille 12ème arrdt (13)
  • Le Centre de Psychothérapie de Nancy à Laxou (54)
  • L’EHPAD Grange à Tanninges (74)
  • L’hôpital Bel Air de Corcoué sur Logne (44)
  • Le Pôle de psychiatrie du CHU de Saint-Etienne à Saint Priest en Jarez (42)
  • Le Centre hospitalier de Brive (19)

Pour rappel, et parce que les définitions sont importantes dans cette discipline encore mal reconnue, redonnons ici intégralement celle des jardins à but thérapeutique retenue par l’association.

“Le Jardin à But Thérapeutique est un espace extérieur, intégré à un établissement hospitalier ou para hospitalier (Centres hospitaliers, psychiatriques, éducatifs, pour cérébraux lésés, pour personnes atteintes d’autisme, âgées, vulnérables, fragilisées, dépendantes, handicapées, unités pour alcooliques …).

  • Il permet de préserver une perméabilité nécessaire  pour que l’établissement soit un univers à la fois clos et sécurisant mais aussi ouvert au monde et vivifiant.
  • Il s’intéresse aux gens et crée des situations de bien être et de confort où les choses sont liées entre elles par des pactes extrêmement nombreux.
  • Il s’agit non seulement d’offrir la possibilité de vivre dans un jardin, mais aussi de participer à sa création, à son évolution, d’en prendre soin.”

Fête au jardin, le dimanche 26 juin

Fete au jardin 26 juinPar ailleurs, l’association organise la Fête au jardin qui ouvre les portes d’établissement d’hébergement pour personnes âgées dotés de jardins. “Dans un établissement d’hébergement pour personnes âgées, le jardin peut être aussi un lieu de prévention et de maintien des fonctions physiques et cognitives ainsi qu’un espace de créativité pour les résidents. Pour faire découvrir ces jardins différents et partager un temps festif en famille ou entre amis, les établissements pour personnes âgées se mobilisent près de chez vous”, explique Jardins et Santé. “Le dimanche 26 juin, pendant une journée, partout en France, ils ouvriront leurs portes au public et proposeront des visites guidées, des goûters festifs, des animations ludiques, réalisées par les personnels soignants et les residents.” Pour s’inscrire, on peut se rendre sur la page Facebook, sur le site de l’association ou sur helloasso.

L’événement fédère cette année des partenaires historiques (Agevillage.com, la Fédération des Etablissements Hospitaliers et d’Aide à la Personne (FEHAP), la Fédération nationale des associations de directeurs d’établissements et de services pour personnes âgées (FNADEPA)), mais aussi plusieurs nouveaux venus comme les réseaux d’établissements publics (UNCCAS), le Groupement national des Animateurs en Gérontologie (GAG) et la Croix Rouge.

Symposium Jardins et Santé reporté

Sur une note plus triste, le symposium de Jardins et Santé n’aura pas lieu en 2016 comme prévu. Ce moment de rencontres devenu incontournable depuis 2008 permet tous les deux des partages d’expériences, y compris avec des participants étrangers. Il n’a pas d’équivalent en France. Après avoir participé aux éditions 2012 et 2014, je me faisais une joie de retrouver tout un tas de passionnés “dans la vraie vie” au mois de novembre prochain. Mais un événement d’une telle ampleur est très lourd à organiser pour une association composée de bénévoles. A ce propos, Jardins et Santé a besoin de bénévoles qui croient aux vertus thérapeutiques du jardin…Avis aux bonnes volontés qui ont un peu de temps libre.

Des jardins japonais qui guérissent les blessures

Frédérique Dumas

Frédérique Dumas

Voilà pourquoi j’adore écrire ce blog qui me réserve tant de belles rencontres, comme celle de Frédérique Dumas. Amoureuse depuis l’enfance de la nature, elle propose des stages et conçoit des jardins thérapeutiques inspirés des jardins japonais qu’elle a beaucoup étudiés. Son site, qui regorge de beaux textes et de belles photos, raconte cette passion pour les jardins japonais et l’art de la taille qu’elle a décidé de partager (Niwathérapie©).

Le plus vieux souvenir de Frédérique est d’être émerveillée devant la nature. « J’avais 4 ans. J’habitais dans une grande ville. Le jeudi après-midi, ma mère et ma grand-mère m’emmenaient dans un jardin public avec des sources souterraines qui ressortaient. Il y avait des mousses et des fougères et un petit filet d’eau entre des pierres plates. Je passais des heures à les observer. C’était un ravissement, j’avais le cœur qui sortait de la poitrine. » Les weekends de Frédérique se passent dans la nature et dans les bois dans la vallée du Rhône, entre le Vercors et l’Ardèche. C’est en Ardèche, à Talencieux, qu’elle est aujourd’hui installée.

A l’âge de 12 ans, elle se fascine pour les bonsaïs avec son père et possède toute une collection après avoir appris « en me trompant ». Après un bac agronomie, elle travaille dans la vente. Son jardin devient son poumon, le paysagisme japonais avec ses vallonnements et ses rochers une source de paix. Il y a une quinzaine d’années, la mort soudaine de son compagnon d’une crise cardiaque bouleverse sa vie. « Il n’était plus question de faire un travail alimentaire, j’avais envie d’aller en profondeur et de faire ce que j’aimais », explique-t-elle. Elle se forme à l’énergétique chinoise et l’EMDR (Eye movement desensitization and reprocessing). L’idée lui vient naturellement de marier les deux approches et elle commence à proposer des stages.

Stage d'hortithérapie en création de jardins japonais

Stage d’hortithérapie en création de jardins japonais

Au départ, des amateurs venus par le biais du jardin japonais s’intéressent à l’hortithérapie. « Pour moi, le but est de parvenir à une guérison émotionnelle et spirituelle. Couche par couche, nous faisons l’expérience de notre être profond et de notre propre intégrité, loin des diktats sociaux. Travailler avec ses mains est une source de création et de guérison. » Parmi les stagiaires, des personnes atteintes de maladies graves qui veulent libérer leur anxiété et apprendre à faire face ou des victimes de traumatismes tels que le viol. D’autres ressentent un vide et cherchent leur voie. En parallèle, elle a lancé une activité de création de jardins thérapeutiques pour des particuliers ou des établissements ainsi qu’une formation longue d’hortithérapeute-consultant Niwathérapie©. « Concernant cette formation longue, elle s’étale sur 18 mois, alternant cours et travail personnel. Elle s’adresse à des étudiants en poursuite d’études, à des professionnels de la santé souhaitant diversifier leur activité, à des salariés en reconversion professionnelle, mais tout autant à des personnes du grand public sensibles au maintien et à l’amélioration de leur santé ainsi que de leur qualité de vie », explique Frédérique.  « Je ressens une certaine plénitude. Oui, j’ai l’impression d’avoir trouvé ma voie. »

En harmonie avec la nature

Pourquoi les jardins japonais ? « C’est le jardin qui se veut le plus pur reflet de la nature. C’est toujours une production humaine. Mais on cherche à copier et à restituer ce que la nature réalise dans son grand jardin universel. Je trouve d’autres jardins beaux, mais ils ne génèrent pas la même émotion que suscite un jardin japonais pour moi. En résumé, je dirais que c’est le désir de vivre en harmonie avec la nature », explique Frédérique. «  Dans un jardin japonais, on tient compte de chaque ouverture de la maison pour donner un point de vue sur le jardin et se sentir comme si on était dans le jardin. Il y a des baies vitrées et le jardin arrive jusqu’au bord de la maison. Une terrasse vitrée et couverte tout autour de la maison permet de profiter du jardin. Mais on est coupé du monde par des palissades, des murs ou des haies très hauts, pour se dégager des turpitudes du monde. »

Un tsuboniwa éphémère réalisé avec un stagiaire

Un tsuboniwa éphémère réalisé avec un stagiaire

Elle décrit la philosophie du jardin de thé dans ce même esprit. « Avant de rentrer dans cette hutte très rustique et naturelle, le jardin est construit pour restituer un sentier humide de rosée qui déambule dans un sous-bois avec les odeurs d’humus, les mousses, une feuille qui vole. On se met dans une disposition d’esprit pour participer à la cérémonie. » Parmi les différents styles de jardins japonais, celui qu’elle affectionne particulièrement est le Tsubo-niwa, un petit jardin adapté aux villes. Sa véritable passion est le Niwaki, l’art de la taille des arbres. Des séjours réguliers au Japon auprès de plusieurs maitres dans cet art ancien lui permettent d’approfondir ses connaissances techniques et son appréciation. D’ailleurs, elle annonce la sortie à l’automne 2016 d’un livre sur la Niwathérapie© aux éditions Eyrolles.