Talégalle plante des jardins en maisons de retraite et dans les écoles

Concevoir, créer et animer des jardins à but thérapeutique dans des établissements de soins et des jardins à but pédagogique dans les écoles, telles sont les missions de Talégalle, une association à but non lucratif qui a vu le jour en août 2011. Plus poétiquement, elle se donne pour objectifs d’éveiller les sens, de s’émerveiller du vivant, de faire germer des sourires. Une explication sur le nom de l’association, issue tout droit de son site, « Les Talégalles sont de curieux oiseaux qui ramassent feuilles mortes et débris organiques, pour former un tumulus dans lequel ils déposent leurs œufs, et dont la matière en décomposition fournira la chaleur nécessaire à leur incubation. Cet oiseau, qui prend soin du vivant en prenant soin de la terre, est le symbole de notre association. »

Derrière la jeune association, une équipe transversale. Au départ, un architecte paysagiste en fin d’études à l’ENSP de Marseille, Vincent Prévost, et un éco-éducateur qui a travaillé dans des jardins partagés et d’insertion, Mathieu Yon. Mais aussi Caroline Berlemont, une éducatrice spécialisée qui préside l’association, Tania Gadenga, professeur des écoles en disposition très branchée Land Art, et quelques autres bénévoles. Ce sont ces compétences variées qui font la force de Talégalle pour aborder ses projets avec une vision collective.

Mathieu Yon de l'association Talégalle pendant un atelier de jardinage

Mathieu Yon de l’association Talégalle pendant un atelier de jardinage

Mathieu est la colonne vertébrale de l’association. Philosophe de formation et après un master Ethique et Développement Durable à Lyon, il fait un passage par l’association Les Colibris de Pierre Rabhi, puis travaille à Paris dans le Jardin sur le Toit, un jardin de 1000 m2 sur le toit d’un gymnase du 20e arrondissement ou encore dans les Jardins du Béton à Montreuil avec des demandeurs d’asile afghans. C’est là qu’il récolte le titre d’éco-éducateur. C’est là aussi que germe l’idée de mêler jardin et social, avec l’envie de s’adresser surtout aux maisons de retraite et aux écoles.

« Dans les institutions, il est plus facile de faire un parcours de santé. Ce n’est pas de la mauvaise volonté, c’est juste que cela leur semble plus simple. Mais nous défendons l’idée de participer et de jardiner », explique Mathieu. « Il faut des animations pour que le lieu vive, pour qu’il y ait une relation au jardin. Notre but est de faire entrer du vivant, ce ne sont pas des projets d’aménagement. » Un financement du Fonds Social Européen a permis à Talégalle de mettre le pied à l’étrier et de travailler pendant 8 mois sur un projet dans un PASA (Pole d’activités et de soins adaptés) à Valence où les personnes âgées ont nommé leur jardin Le Jardin de l’espoir. Ailleurs, dans une structure d’accueil de Jour à l’hôpital de Bagnols-sur-Cèze, l’association anime une activité de Land Art. L’activité artistique à base de matériaux naturels peut se pratiquer à l’intérieur avant d’installer les réalisations dehors où elles sont exposées aux éléments.

Talégalle, qui intervient dans un rayon autour de son siège à Crest dans la Drôme, s’apprête à voler de ses propres ailes lorsque le financement du FSE prendra fin au printemps 2013. Elle a développé un projet pour des adultes polyhandicapés au sein d’un hôpital psychiatrique. « A l’hôpital, ils sont contents de faire rentrer un bol d’oxygène. Nous avons un retour très positif des psychiatres même si on préfère éviter le mot thérapeutique et parler plutôt de jardins de soin », explique Mathieu. Pour ce projet, Talégalle attend que les services techniques de l’hôpital réalisent les travaux.

Dans le Jardin de l'espoir au PASA de Valence, on met les mains dans la terre.

Dans le Jardin de l’espoir au PASA de Valence, on met les mains dans la terre.

« Avec le plan Alzheimer et les PASA, les jardins de soin pour les personnes âgées sont en plein développement. Les écoles montrent du potentiel, mais n’ont pas de budget. Dans les hôpitaux, il n’y a pas encore le même mouvement que dans les maisons de retraite. On aimerait aussi intervenir dans le milieu carcéral ou dans le domaine de la délinquance », résume Mathieu. Pour devenir pérenne et dépendre le moins possible de subventions, la jeune association doit développer sa « grille tarifaire » : 30 euros de l’heure pour les écoles et 40 euros de l’heure en maisons de retraite pour une intervention de trois heures. Il lui faut aussi commencer à facturer ses services dès la phase de conception.

« Talégalle, des jardins aux petits soins » comme l’annonce le slogan de l’association…Une association qui a envie de créer des jardins qui stimulent le geste, la mémoire, l’imaginaire en impliquant résidents et personnels.

Dans les écoles aussi, on met les mains dans la terre.

Dans les écoles aussi, on met les mains dans la terre.

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