CooperRiis, une approche holistique de la maladie mentale

Lisa Schactman

Lisa Schactman

« Un jour, ma belle-mère m’a envoyé un article sur la thérapie horticole en pensant que ça pouvait m’intéresser : j’ai un background en psychologie et j’aime le plein air », explique Lisa Schactman qui, à l’époque, avait déjà travaillé avec des adultes victimes de traumatismes crâniens ainsi qu’avec des enfants handicapés dans le cadre d’un projet de recherche universitaire. Elle s’inscrit au programme de master en thérapie horticole de l’université de Kansas State dont elle sort en 1997. « Le programme était merveilleux avec beaucoup d’opportunités pour pratiquer. Richard Mattson qui dirige le programme est incroyable », se souvient Lisa. Le programme remonte à 1971 et a été établi en collaboration avec la Menninger Clinic qui a incorporé les plantes, le jardinage et la nature dans les activités de ses patients psychiatriques dès le début du 20e siècle. En 1941, le docteur Menninger écrivait que « Les fleurs en bonne santé m’ont aidé à garder mon équilibre émotionnel et intellectuel. L’espoir ne meurt jamais dans le cœur d’un vrai jardinier. »

Lisbeth and Don Cooper ont fondé CooperRiis

Lisbeth et Don Cooper ont fondé CooperRiis il y a 10 ans.

Depuis, Lisa Schactman (HTM) travaille dans ce domaine, d’abord au Texas avec des enfants ainsi qu’avec des jeunes en situation difficile via le programme AmeriCorps, puis en Géorgie dans la santé mentale. Ces expériences la mèneront à son poste actuel à CooperRiis à Mill Spring, Caroline du Nord. Le centre se décrit comme une « Healing Farm Community ». Fondé en 2003 par les parents d’une jeune fille souffrant d’une maladie mentale, CooperRiis a adopté une approche différente. Au lieu d’essayer de « réparer » la maladie avec une approche médicamenteuse, la psychologue et directrice Sharon Young et le personnel mettent en place un plan de guérison incorporant plusieurs domaines du bien-être : connexion sociale, spiritualité, productivité et épanouissement, « empowerment » et indépendance, santé émotionnelle et psychologique et enfin apprentissage et créativité. « On encourage les gens à se concentrer sur leur rêve et on les soutient pour qu’il l’atteigne. On ne se focalise pas sur les symptômes », explique Lisa. Une approche holistique encore très rare aux Etats-Unis.

Une résidente de CooperRiis (photo de Beth Beasley, Times-News Correspondent)

Une résidente de CooperRiis (photo de Beth Beasley, Times-News Correspondent)

« Les gens ont le choix entre cinq équipes dont le jardinage, mais aussi la cuisine ou les animaux. Nous cultivons notre nourriture et nous montrons cette interconnexion depuis le fumier des animaux jusqu’au composte et à la nourriture », explique Lisa qui supervise le programme de thérapie horticole. « Nous avons des fruits, des légumes, des herbes, mais aussi des fleurs avec lesquelles nous faisons des bouquets. Pour certains qui n’avaient jamais vu d’où viennent leurs légumes, c’est passionnant. Ils sont très motivés de voir que ce qu’ils font pousser se retrouve sur le bar à salade. » Selon Lisa, le centre ne pratique pas la thérapie horticole traditionnelle avec des objectifs et une documentation des progrès. Comme l’explique, cette vidéo qui donne la parole à des résidents, des familles et des membres du personnel, les plantes ou les animaux peuvent devenir un lien, un point de connexion pour certains patients. Seul ombre à ce tableau idyllique, le coût très élevé des séjours. Pour autant, les Cooper aimeraient voir d’autres centres copier leur modèle partout aux Etats-Unis.

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