Rencontre avec Anna Schopp, une « registered horticultural therapist »

Anna Schopp dans son jardin

La passion d’Anna Schopp pour le jardinage a pris plusieurs chemins en 20 ans avant qu’elle ne devienne une « registered horticulture therapist ». Aujourd’hui, elle combine son intérêt pour le jardinage et pour la thérapie en aidant des personnes âgées à rester actives et impliquées. « Ma récompense, c’est quand l’intérêt des participants s’éveille », résume-t-elle.

D’abord attirée par le paysagisme, Anna suit des cours à l’université de Berkeley. Mais elle recherche dans le jardinage un lien humain plus fort. Elle passe déjà beaucoup de temps au San Francisco Botanical Garden où, en tant que bénévole, elle acquiert de solides connaissances en horticulture. D’ailleurs, elle guide toujours des groupes d’enfants à la découverte des différents univers représentés dans ce magnifique jardin au cœur du Golden Gate Park. « Ils adorent toucher et sentir les choses. Nous leur apprenons à observer et à devenir des détectives de la nature. Un des thèmes est les plantes indigènes et leurs usages traditionnels chez les Amérindiens. »

Dans le San Francisco Botanical Garden

En 2002, fatiguée de son travail dans le quartier des affaires à San Francisco, elle s’engage dans un programme au Garden for the Environment qui la forme au recyclage, au compostage et au jardinage biologique. San Francisco lançait alors son système à trois poubelles (ordures, recyclage, compostage) et il fallait former des éducateurs pour informer et encourager les habitants. En échange de cette formation, elle fait des heures de bénévolat et travaille entre autres avec des patients hospitalisés pour une variété de conditions médicales handicapantes. Ensemble, ils créent un jardin commun dans lequel ils installent une solution de lombricompostage (compostage grâce à des vers) à raison d’une séance par semaine pendant un an.

Anna a trouvé sa voie. Grâce à une formation initiale en orthophonie (bachelor’s équivalent d’une licence) et ses connaissances en horticulture, elle est une candidate naturelle pour une formation en thérapie horticole. Elle s’inscrit aux cours dispensés au Legacy Health System à Portland dans l’Oregon, un hôpital pionnier dans l’utilisation de la thérapie horticole et des jardins thérapeutiques. Aux termes de ces cours, elle obtient un certificat en thérapie horticole en 2006. Elle a également complété des cours complémentaires en thérapie horticole, en horticulture et en services à la personne. Elle s’engage alors dans un stage de 480 heures supervisé par  une « registered horticulture therapist ».  Au terme d’un stage, elle est aujourd’hui une « registered horticultural therapist » sanctionnée par l’American Horticultural Therapy Association (AHTA). Elle est qualifiée pour développer des programmes de thérapie horticole dans tous les milieux.

Depuis, Anna propose ses services dans des centres qui accueillent des personnes âgées. Elle a travaillé pendant deux ans, d’abord en interne, puis en tant qu’intervenante extérieure, dans une maison de retraite et en particulier dans son unité spécialisée dans la maladie d’Alzheimer. Son dernier projet en date est la création d’un jardin à papillons dans une maison de retraite. « J’ai impliqué les résidents dès le départ dans la conception du jardin. J’ai commencé par un cours sur les espèces de papillons fréquents à San Francisco et sur les plantes qui les attirent. Ensuite, ils ont dessiné le jardin, choisi les plantes », raconte Anna. « Nous sommes allés acheter les plantes que nous avons plantées ensemble. »

« Ce projet leur a donné un moyen d’être connectés et responsabilisés. Jardiner leur procure aussi un hobby. Avec les personnes qui souffrent de la maladie d’Alzheimer, je me suis rendue compte que le travail individuel était plus efficace. Je garde en mémoire un monsieur qui est devenu un arroseur expert. Ses aides n’en revenaient pas », explique-t-elle. Pour l’instant, elle est à la recherche de son prochain projet, une tâche pas évidente dans un climat économique qui contraint les établissements à la rigueur budgétaire. « Pourtant, travailler avec les plantes fait tellement de bien aux gens. Les approches qui utilisent l’art ou la musique sont bonnes, mais introduisez les plantes et vous remarquerez une relation au vivant et une nouvelle énergie. » Elle poursuit une piste pour un nouveau programme dont elle espère beaucoup…on lui souhaite bonne chance.

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