Les étudiants de la filière horticole planchent sur des jardins à but thérapeutique

 

Les lauréats avec Bruno Lanthier, PDG de Truffaut et Daniel Joseph et Jean-François Denize de la Fondation Truffaut. Ce sont les Poteries d'Albi qui ont créé les trophées.

Les lauréats avec Bruno Lanthier, PDG de Truffaut et Daniel Joseph et Jean-François Denize de la Fondation Truffaut. Ce sont les Poteries d’Albi qui ont créé les trophées.

En 2015, la Fondation Truffaut avait décidé de changer le format de ses prix décernés depuis deux ans à des jardins thérapeutiques, pédagogiques ou d’insertion. Cette année, Daniel Joseph s’est tourné vers les jeunes étudiants de la filière horticole (des Bac Pro aux licences) en leur lançant le défi de créer sur papier des jardins à but thérapeutique. Un projet de sensibilisation à un sujet qui n’est pas encore enseigné en classe, mais qui pourrait se révéler une perspective intéressante dans leurs futures carrières. Avec le soutien de leurs professeurs, les étudiants ont dû apprendre très vite les bases d’une « discipline » nouvelle pour eux en y apportant leur sensibilité.

Malgré le manque de temps pour se plonger en profondeur dans le sujet et malgré la grande hétérogénéité des candidats en fonction de l’âge et du niveau d’étude, cinq lauréats régionaux ont émergé parmi une cinquantaine de candidats au départ. A la mi-mai, ils et elles sont venus défendre leur projet devant un jury au siège de Truffaut à Lisse en région parisienne (jury qui était placé sous la présidence de Benoit Ganem, Président de VAL’HOR et dont je faisais, pour rappel, partie).

Il n’est pas étonnant de constater que les projets les plus aboutis sont ceux qui s’appuient sur des rencontres sur le terrain et la conception d’un projet pour un lieu et des usagers particuliers. Remarquons aussi que les gagnantes s’étaient affranchies d’une règle du concours – présenter son projet en 6 000 signes – pour proposer des dossiers très complets avec argumentaires et listes de plantes. Comme quoi, il faut parfois savoir être rebelle. Enfin, de l’avis général des membres du jury, les budgets présentés étaient grandement sous-estimés. Mais qu’à cela ne tienne. Le concours Projet d’avenir aura peut-être le mérite de faire éclore des vocations…

1er prix : Coppelia Pereira et le jardin « Au regard des sens »

Coppelia PereiraEtudiante en 2e année en BTS Production horticole au lycée agricole de Saint-Germain-en-Laye dans les Yvelines, Coppelia est depuis longtemps sensible aux effets du paysage sur l’être humain. Elle a eu la chance de pouvoir ancrer son projet au centre hospitalier Théophile Roussel de Montesson en se focalisant sur les enfants accueillis dans cet établissement psychiatrique. Bien qu’elle en parle au conditionnel dans son dossier de présentation, le jardin a dorénavant toutes les chances de voir le jour avec l’appui financier de Truffaut et de plusieurs partenaires. Coppelia l’envisage comme deux espaces paysagers distincts : un potager où les enfants pourront cultiver à hauteur ou à genoux et un jardin récréatif avec en particulier un tapis de jeux sensoriel composé de plantes et de mulch. Pour la jeune créatrice, le premier espace est associé à des valeurs de découverte, de curiosité, d’apprentissage et de rigueur tandis que le second développe l’imagination, le partage et l’éveil des sens.

2e prix : Julie Girard et « Le Jardin du temps retrouvé »

Julie GirardLorsque cette étudiante en licence professionnelle en Gestion Environnementale du Paysage Végétal Urbain à l’Ecole du Breuil (Paris) parle de sa rencontre avec les résidents de l’EHPAD Hector Malot de Fontenay-sous-Bois dans le Val-de-Marne, on sent que le contact est passé. Julie n’oublie pas non plus de mentionner qu’elle a travaillé en binôme avec Stéphanie Lafayette sur ce projet qui les a amenées à arpenter le terrain, à rencontrer Anne Ribes et le docteur Jonveaux, « grandes figures de ce mouvement », et à beaucoup lire. Prenant en compte l’imbrication de l’établissement dans son environnement urbain, les deux étudiantes proposent 5 espaces qui déambulent entre les différentes parcelles. Elles ont eu à cœur de suivre le brief de faire un jardin pour les 5 sens (même si Anne Ribes a rappelé aux candidats que nous possédions bien plus que 5 sens) avec des plantes à l’intérêt gustatif (l’Armeria maritima au goût d’huitre ou la Mentha arvensis « Banana » au goût de banane), des bancs pour méditer, une palette végétale donnant des repères dans l’espace et dans le temps. Elles envisagent fortement un poulailler. Elles n’ont pas oublié de mentionner des animations et ateliers indispensables pour faire vivre le jardin.

3e prix : Pauline Grenet et son jardin pour les enfants autistes

Pauline GrenetSuite à une reconversion, Pauline Grenet est en 1ère année de Bac Pro dans le CFPPA de Valabre (Marseille, 13). Elle a conçu son jardin pour les enfants autistes pour remédier à leur manque d’autonomie et à la distorsion des informations sensorielles. Elle y a mis un espace de repos sous une pergola, un mur d’expression, une pataugeoire, un bac à compost, un poulailler, des sculptures musicales, une balançoire, des jardinières. Elle non plus n’a pas oublié des ateliers qu’elle confierait à un animateur socio-éducatif bénévole avec l’aide de l’équipe médicale.

 

4e prix : Julien Sagan et son projet de jardin des 5 sens

Julien SaganJulien est en terminale Aménagement paysager du lycée horticole de Ribécourt (60). Il a envisagé un jardin qui ne s’adresse pas à un public particulier, mais dont le but est l’apaisement des patients et le maintien de leur perception du monde. Envisageant lui aussi les 5 sens, il a pensé à des potagers surélevés et un potager vertical pour cultiver des légumes à manger (goût), des orangers du Mexique et des Mahonia (odorat), une fontaine et des nichoirs pour les oiseaux (ouïe) un opus incertum ainsi que de l’herbe (toucher) et un érable comme point d’entrée dans le jardin (vue).

5e prix : Alexis Conan et son jardin pour maisons de retraite

Alexis ConanAlexis Conan est en 2e année de Bac Pro dans le CFA La Mouillère (Orléans, 45). Ce jardin « imaginé » s’articule autour de deux espaces : l’un pour l’activité autour des fruits et légumes et l’autre pour une zone de repos avec des panneaux de bois pour offrir une solution d’ombrage.

 

 

 

Prix Meilleur Espoir : Marie Chéron

Marie ChéronAprès avoir constaté la disparité entre les candidats, la Fondation Truffaut a choisi de récompenser un candidat de moins de 18 ans et a choisi Marie Chéron qui est en 1ère STAV (Sciences et Technologies de l’Agronomie et du Vivant) du lycée horticole Saint-Nicolas d’Igny (91). Son projet a été conçu pour l’EHPAD de Verrières-le-Buisson (78).

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